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 La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}

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Ethan Felton
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MessageSujet: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Mer 18 Aoû - 14:43


« Celui qui a de l'argent met dans sa poche
ceux qui n'en ont pas.
»
Léon Tolstoï





-Mettez donc cela ici,intimai-je d'un ton autoritaire à deux armoires à glace soutenant à elles deux une lourde commode en chêne.

Avec grande attention,je suivais les allées et venues de mes hommes,mémorisant chaque meuble déplacé,chaque biblot répertorié par les secrétaires.Tant de pièces,dans cette demeure ! Nous en aurions,avec de la chance,fini avant le coucher du soleil,heure à laquelle il vaudrait mieux rentrer au fort plutôt que d'allumer des chandelles et ainsi dépenser des shillings inutilement.Eclairer un si vaste endroit de façon suffisante pour que toute une petite armée de bureaucrates inventorient la valeur de ce manoir,quelle folie !
En effet,cette belle propriété quelque peu tombée en décrépitude depuis le funeste raid pirate sur Port Royal et ses environs allait bientôt retrouver son faste d'antan,du moins je l'espérais avec force.Et allais tout faire pour.Weatherby Swann ayant dramatiquement passé l'arme à gauche,et son unique enfant ayant fui la ville pour rejoindre son pirate de fiancé sur le Pearl afin de sillonner les sept mers pour le reste de leurs jours -autrement dit,pas longtemps avant que nos forces ne les conduisent gentiement à la potence-,l'habitation avait été tant bien que mal réorganisée après le départ précipitée de la nouvelle maîtresse de maison,mais l'argent était venu à manquer aux braves domestiques de la famille.Or,la Compagnie des Indes en regorgeait.Bien que mon illustre tuteur n'ait jamais été très porté sur l'achat foncier,je gardais l'intime conviction que la maison des Swann pouvait à juste titre nous être profitable.Je ne songeais point à la faire mienne : ma chambre non loin du bureau de Beckett me convenait parfaitement,m'évitant la perte de temps qu'aurait causé l'obligation de chaque jour gagner les bureaux de la Compagnie.Mais imaginez un peu cet élégante construction accueillant des hauts dignitaires étrangers... Plus de crainte à se faire pour leur sécurité -leurs gens voyant la lourde tâche d'éviter tout incident retomber sur leurs épaules théoriquement formées pour cela-,et des appartements autrement plus luxueux que les quelques chambres d'hôtes que comptait notre fort.Quel prestige pour notre réputation ! Comme nous allions en mettre plein aux yeux,à nos futurs hôtes de marque ! On m'avait remis assez de livres sterling pour remettre à neuf et redécorer les lieux,et c'était donc en ce début de matinée que je lançai officiellement le début des opérations.
Bien évidemment,les domestiques n’en menaient pas bien large.Alignés en rang d’oignon dans le grand hall,enfermés en un silence buté,ils suivaient,résignés,la rédaction du point final apposé à la notoriété d’une famille qu’ils avaient servie,pour certains,durant des années.Je sentais presque leurs regards noirs sur moi,lorsque j’avais le dos tourné.Qu’importait,cependant ! Mieux valait qu’ils fassent profil bas s’ils désiraient conserver un emploi.Ceux refusant mon autorité n’auraient plus qu’à aller mendier dans les rues.Et comme chacun sait,les va-nu-pieds ici à Port Royal terminaient en prison… De plus,sur un plan juridique,cette opération se trouvait imparable : ces terres appartenaient au Gouverneur de notre cité,c’est-à-dire à présent Lord Beckett.Racheter ce terrain à son enfant s’avouait impossible,vu qu’elle avait mis les voiles des mois plus tôt.Quand bien même Elizabeth reviendrait-elle réclamer son dû,elle se retrouverait pendue au bout d’une corde pour faits de piraterie.La Loi confortablement intallée dans ma poche,je ne doutais pas un seul instant de la réussite de mon projet.
Près de moi,un notaire visiblement dans ses petits souliers –sans doute s’était-il attaché à s’attirer les bonnes grâces de Mr. Swann pour s’enrichir- suivait également les opérations,coordonnant les différents gratte-papiers disséminés dans les chambres,salon,cuisines et autres.Tant de meubles avaient été abimés ou tout simplement détruits durant l’envahissement temporaire de la ville par Barbossa et ses hommes.Ce fut avec un certain recueillement que le personnel de maison suivit des yeux les restes du lustre tombé en plein milieu de l’entrée au cours de la bagarre,comme s’il s’était agi des cadavres du vieux Weatherby et de sa fille.Dramatique moment,déchirant abandon.Même certains de mes employés ne purent s’empêcher de s’arrêter un instant,sans doute perdus en de profondes réflexions sur la vie,le destin,la rapidité dont est parfois dotée la déchéance.


-Au travail,messieurs ! les rappelai-je sans faire montre d’une grande patience,l’ouvrage demeurant tout de même encore important malgré les deux ou trois heures déjà passées sur le site.

Tous semblèrent avoir été tirés d’un rêve éveillé,avant de se pencher à nouveau sur les tâches leur ayant été astreintes.Pour ma part,je ne concevais pas aisément un tel sentimentalisme à la vue de débris ayant autrefois symbolisé la richesse de nantis à présent reniés de tous.La roue tournait si vite : pourquoi donc s’en étonner ? Un jour peut-être -le Ciel nous ne préserve-,Beckett et moi connaîtrions égal revers de fortune.Avec nos deux talents conjugués,c'était fort peu probable,mais mon expérience m'avait enseigné à ne jamais douté de rien,dans le bon comme dans le mauvais sens.
Par contre,ce qui risquait de ne pas avoir été prévu dans mes plans,c’était bien la présence de civils par ici.Nul n’avait osé approcher,des soldats de la EITC rodant dans les parages du manoir,ce qui m’arrangeait plutôt,vu que l’on travaillait généralement mieux sans être dérangés sans cesse par des curieux ou des fouineurs à l’affût de la moindre babiole à barboter.Si je m’étais retourné,j’aurais une demoiselle s’avancer dans l’entrée.Mais tous plongeaient le nez et l’esprit dans leur travail,et à mon grand désarroi,je dois avouer que penser à jeter de temps à autres des coups d’œil derrière mon dos ne m’était pas venu à l’esprit.J'aurais trop mal reçu l'importun pour imaginer qu'un villageois puisse venir me troubler !
Quand les grands projets nés de l'esprit des Dieux se mettent branlent,et que les grains de sable provenant de l'âme des profanes dans la superbe machinerie se glissent…








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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Sam 18 Sep - 16:35

    Hj; désolé du retard et de la médiocrité de mon post. ; )

    Laure était revenu a Port Royal depuis plusieurs jours, elle fessait souvent des escales ici, c’était ici ou elle avait grandit jusqu’à ce qu’elle devienne pirate. La jeune femme essayait de passer le plus inaperçue que possible, ce qui n’était pas toujours évident. Un officier de la compagnie des Indes l’avait interpelé quelques jours plus tôt, elle avait réussit à s’enfuir mais il lui avait enlevé tous ses effets personnels. Laure savait que tous ce qui appartenait au pirates parter directement à la maison du gouverneur ou Lord Beckett pouvait y trouver tout ce qu’il souhaitait.

    Laure savait pertinemment que c’était très dangereux pour elle de se rendre la bas, si quelqu’un l’apercevez, si un des hommes de la compagnie des Indes parvenait à l’arrêter, elle savait qu’elle finirait au bout d’une corde comme tous les autres pirates qui ont été capturés avant elle. Mais quand elle avait une idée en tête, personne ne pouvait la lui enlevée.

    La jeune femme se rendit à pieds jusqu’à la maison du gouverneur, celle-ci en fit le tour en essayant de ne pas se faire repérer et put apercevoir qu’il y avait une porte qui menait à l’intérieur ou il n’y avait aucun garde.
    Une fois à l’intérieur, Laure essaya d’être plus discrète que possible, si elle se faisait repéré elle n’aurait même pas de quoi se défendre car elle n’avait plus d’armes, ni d’épée, elle était complètement démuni mais ce n’est pas sa qui allait l’arrêter, même enfant, elle n’avait jamais eu peur de rien.

    Laure n’avait aucune idée de l’endroit ou les effets personnels des pirates étaient rassemblés, elle fit donc les pièces une par une, en priant pour que personne ne la remarque. Certainement plusieurs heures se déroulèrent avant qu’elles ne trouvent enfin son arme, son épée et tout ce qui faisait d’elle une bonne pirate. Laure remit ses effets personnels en place, et repartie vers l’entrée d’où elle était arrivée. Seulement il y avait désormais un homme qui faisait installés ou déplacés des meubles, elle n’en avait aucune idée. Ce devait certainement être un des hommes qui vénéré tous les faits et gestes de Beckett et elle eut pour lui un profond dégout.

    Laure essaya de passer tant bien que mal sans qu’il ne puisse la voir, mais en raclant le mur, elle fit tomber un vase sur le sol, ce qui détourna l’attention de l’homme sur elle.
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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Dim 26 Sep - 20:01

Hj: No souci,c'est super ^^




Je l’admets sans mal : j’avais songé aux fouineurs avides de savoir ce que le soi-disant tyran de la ville comptait fomenter sur les terres des Swann,mais nullement aux petits gêneurs assez simples d’esprit pour se laisser piéger à l’intérieur.C’était vrai,quoi : tous les objets de valeurs avaient dus être d’ores et déjà volés malgré la vigilance des domestiques,soit par des employés peu scrupuleux et en ayant assez d’attendre une paie qui ne viendrait pas,soit par des maraudeurs voyant en la demeure une proie aussi facile que mal défendue.Ou bien des mélancoliques,des nostalgiques de ce temps plein de faiblesse où un pirate pouvait impunément fouler le sol d’une des plus belles colonies de l’Empire britannique… À quoi bon ressasser le passé ? Et à quoi bon tenter le Diable ;il savait très bien vous tomber dessus sans crier gare sans votre concours.

Un fauteuil à raccommoder,deux tableaux à restaurer,un parquet à complètement refaire suite à… Un début d’incendie ? Par Dieu,les vandales ne respectaient décidément plus rien ! Heureusement que Norrington,commodore à cette époque,était parvenu à redresser la situation.Un élément de choix,revenu parmi nous… Mais bref,ce n’était pas le sujet.Je fus tiré de la lecture d’une liste plus ou moins conséquente concernant les biens récupérables où à envoyer aux différents artisans de qualité installés à Port Royal et dans les environs par un bruit de verre brisé qui me fit relever le nez.Oh non alors ! Ces imbéciles n’avaient tout de même pas eu la détestable sottise de se montrer maladroits et de faire tomber un des derniers objets de valeurs pouvant sauver cette maison de la perdition la plus totale ! Sans doute le majordome eut-il la même pensée que moi,car il blêmit,comme si on venait de lui annoncer la mort de son enfant.Vous pensez bien,à astiquer la même porcelaine depuis des années,on finit par s’attacher.

Cependant,un remue-ménage suivit ce qui n’aurait pu être qu’un incident sans importance.Soit un de mes hommes vénérait tant les vases de prix qu’il avait pris l’initiative de punir l’empoté,ce qui aurait une véritable preuve d’intelligence,pour une fois.Soit il retournait de plus que de simples bris sur le sol.Refermant avec un claquement professionnel la serviette de cuir contenant les premières estimations comptables de mon huissier,je me rendis d’un pas leste jusqu’à la pièce adjacente d’où venait l’agitation ayant troublé ma lecture.Et pour découvrir quoi ? Une jeune femme d’environ mon âge,habillée comme un homme,et entourée de mes employés.Autrement dit,en bien piètre posture,pour une inconnue sûrement censée entrer et sortir d’ici incognito.


-Tient tient,mais qu’avons-nous-là… ? demandai-je par pure forme.

En effet,personne ici n’aurait sans doute pu me renseigner de manière satisfaisante sur l’identité de cette personne,encore moins que sur les motivations l’ayant poussée à se trouver là.Vol,le plus évident ? Elle ne semblait rien emporter avec elle qui ne lui appartienne pas.Non,le plus probable,c’était qu’il s’agissait d’une pirate.Une proie de choix,et si facilement attrapée.Parce que vous en connaissez beaucoup,vous,des filles d’aristocrates se baladant avec une lame au côté ? Miss Swann mis à part,bien sûr.


-Ôtez-lui donc son attirail,poursuivai-je à l’attention d’un des gardes proches de la brunette.Mademoiselle n’en aura point besoin pour le moment.

Napoléon Bonaparte dirait un jour que le véritable caractère perçait dans les grandes occasions.Et bien pour le coup,ce français avait raison : dans ma manière de gérer cette arrivée inopinée,de prendre en main la situation comme si aucun grain de sable pernicieux n’avait infiltré la machine parfaitement orchestrée de ma vie,j’avais toutes les postures,les expressions et les méthodes d’un des plus grands hommes politiques ayant jamais existé,j’ai nommé Lord Cutler Beckett.Qui n’avait pas commis d’erreur en me choisissant parmi tous les enfants de l’orphelinat.

-Mais je suis certain que vous en conviendrez sans mal.

Cette fois,je m’étais directement adressé à l’anonyme,avec ce ton à la fois méprisant,ironique et tout-puissant signifiant tellement clairement que je gagnais et qu’elle perdait… Franchement,j’étais né pour ce bouleau.Pour pourrir la vie des gens.Changer d’activité n’aurait eu aucun sens.

Les mains dans le dos,et le menton bien haut,je fis deux pas vers elle,à présent désarmée et toujours maintenue par mes armoires à glace.Ces derniers se raidirent : certes,ils la tenaient bien,mais on ne savait jamais… S’il m’arrivait quoi que ce soit,ils en seraient désignés responsables.Donc à eux de donner le meilleur d’eux-mêmes pour que ça n’advienne pas.


-Alors,à quelle excuse abracadabrante aurons-nous droit aujourd’hui ? Vous êtes la fille cachée de feu Weatherby Swann,et vous venez récupérer quelques affaires avant de rejoindre Tortuga ?

Des ricannements,dans mon dos.Mon public se montrait très réceptif à mon humour.À moins que ce soit l’idée de pouvoir éventuellement recevoir en cadeau de leurs bons et loyaux services le droit de goûter un peu aux charmes de la flibustière dès que j’en aurais fini avec elle.Il faudrait leur poser la question,tient.
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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Sam 16 Oct - 22:00

    Rentrer dans la demeure du gouverneur était très risqué et Laure avait vraiment eu une idée folle de s’y rendre. Elle aurait très bien pu trouver une autre épée et d’autres armes ailleurs et pour le coup elle avait été très inconsciente. Laure agissait toujours sur des coups de tête, elle était impulsive et vivait au jour le jour, jamais elle ne s’était soucié du lendemain trop occupé à vivre dans le présent. Elle en payer le prix aujourd’hui. Laure se serait donné des coups si elle l’aurait pu, tout simplement car elle se sentait idiote d’avoir été aussi maladroite et de ne pas avoir assez fait attention. Pourtant elle savait très bien ce qu’elle risquait, une pirate, son sort était déjà tracée. La compagnie des Indes Orientales infligeait le même sort à tous les pirates qu’ils pouvaient capturés; la potence. Cela indignait la jeune femme, elle avait toujours eu du dégout pour ces hommes là, comment pouvaient t-ils être tous en admiration devant le « grand » Cutler Beckett!

    Elle était dorénavant coincée, deux des gardes venait de l’encercler et s’étaient positionner de chaque côté d’elle, la tenant par le bras. Un homme, qui ne devait certainement pas être beaucoup plus âgé qu’elle venait de s’approcher.

    « Tient tient,mais qu’avons-nous-là…? » Son ton était méprisant et plein d’ironie ce qui n’étonna pas le moins du monde Laure, bien que celle-ci lui aurait bien sauter au coup! Il demanda ou plutôt ordonna au deux gardes qui la tenait de lui ôter tout ce qu’elle avait. Laure essaya de protester, de se défendre mais avec des gens comme sa ce n’était pas la peine.

    « Alors, à quelle excuse abracadabrante aurons-nous droit aujourd’hui ? Vous êtes la fille cachée de feu Weatherby Swann, et vous venez récupérer quelques affaires avant de rejoindre Tortuga ? »

    Laure pensa qu’il était mieux pour elle de garder son calme et de garder le silence bien qu’elle n’avait qu’une seule envie, c’était de répliquer, mais c’était une mauvaise idée, une chose qui aggraverait son cas.
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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Mar 19 Oct - 19:58

Difficile de dire ce que l’on éprouve lorsque l’on tient ainsi une femme entre la vie et la mort.Du moins pour moi.Certains en auraient tiré un plaisir vicieux plutôt inquiétant laissant à penser que de nombreux sévisses séparait leur proie d’une mort qu’elle espérerait bientôt à corps et à cris.D’autres se seraient vus gonflés d’estime d’eux-mêmes,extrèmement fiers d’avoir réussi à capturer une « dangereuse » opposante à la Couronne ainsi qu’à leur immodeste suprématie.J’étais peut-être une graine de futur dictateur,mais pas encore assez imbu de ma personne pour m’aveugler sciemment : cette femme qui se taisait ne me servait à rien,sinon à nous faire prendre,à moi et à mes subordonnés,un retard inacceptable.Il fallait qu’elle ouvre la bouche.Car je savais bien qu’elle cachait quelque chose ! Sa simple identité pouvait valoir de l’or.Imaginez un peu qu’elle sache où se trouve Sparrow… Ou puisse nous indiquer le chemin menant à la Baie des Naufragés… Certes,elle ne voudrait point nous livrer de pareilles informations.Nous avions cependant les moyens de la pousser à desserrer les mâchoires ;une nouvelle perte de temps.En tant que chef,je devais prendre une décision.Risquer de laisser passer une possibilité d’en apprendre plus sur nos grands ennemis.Ou passer par un imbécile,à questionner une servante un peu trop téméraire,une bourgeoise écervelée ou encore une sous-fifre ne connaissant de Tortuga que tous les détails sordides que les bavards colportaient à son endroit.Deux chemins,et moi à l’embranchement.

-Mademoiselle serait-elle muette,par-dessus le marché ?

Silence.Tous savaient à présent ce qui allait advenir à présent.J’allais quitter la pièce,faire comme si je ne savais pas ce qui allait se passer,peut-être aller marcher un peu sur le perron,histoire de prendre l’air.Tandis qu’ils s’amuseraient avec notre captive,les uns après les autres,se relayant pour la maintenir et étouffer ses hurlements.Dans une demi-heure,voire un peu plus,je reviendrait dans le hall,et ils me rejoindraient,avec leur jouet humain brisé et sanglotant traîné à leur suite.On ferait comme si rien n’était advenu.Cette fille serait jetée dans le caniveau,et n’aurait plus qu’à aller brûler un cierge à l’église de la ville pour ne pas tomber enceinte d’un de ses agresseurs,et surtout pour que ces derniers ne la retrouvent jamais.On a beau s’habiller comme un homme et savoir manier une épée,désarmée et livrée aux appétits de costauds en surnombre,elle n’avait aucune chance.J’en était parfaitement conscience,alors que tous attendait cet instant fatidique où je me retirerais.Je possédais l’avenir de cette inconnue au bout des lèvres.La miss s’en rendait-elle compte ? Sans doute pas,sinon,elle aurait parlé.Soit elle ne comprenait pas les enjeux.Soit sa cause,à ses yeux,valaient tous les sacrifices,même les plus infamants.

-L’emmenons-nous au fort,Milord ?

Milord… Certains soldats du fort commençaient à me nommer ainsi,bien que le Roi ne m’ait point encore accordé de lettres de noblesse.À croire que mon lien de parenté m’offrait bien plus de privilèges que je ne me le figurais.Qui disait titre disait responsabilités.Et je n’allais pas,malgré la difficulté de la situation,me défiler lâchement.Je braquai mon regard dans celui de mon interlocuteur,sentant déjà l’autorité inhérente à ma position affluer dans mes veines telle une divine adrénaline.

-Nous ne rentrons pas,caporal.

Et avant même qu’ils commencent à triompher à l’idée d’avoir obtenu le fruit de leurs salasses désirs,je récupérai des mains de mon vis-à-vis le pistolet confisqué tantôt.Avec habilité,je l’examinai,rompu à l’utilisation de pareilles armes : parfait,il s’avérait chargé et prêt à l’emploi.

-Je me charge d’interroger la prisonnière.Reprenez le cours des opérations,je vous sommerai en cas de besoin.

Ça,ça s’appelait le talent.Au lieu de me tarauder les méninges face à un dilemme où chaque solution ne paraissait pas meilleure qu’une autre,j’avais choisi de me dessiner ma propre voie.De m’ouvrir un chemin en plein milieu de l’intersection,fidèle à moi-même,dénué d’hésitation et de crainte.Que j’aimais cette façon de vivre.
L’autre,à l’inverse,ne fut point trop sûr de bien tout comprendre.


-Vous… Vous voulez qu’on vous laisse seul avec cette suspecte ?

Devinant où il voulait en venir -que je voulais « en profiter » avant eux-,ma voix se fit cassante.

-Je suis parfaitement apte à mener pareille entreprise.Au moindre incident,vous avez ordre de pénétrer dans cette pièce et d’endiguer tout débordement.À moins que vous ne vous sentiez parfaitement incapable de vous montrer à la hauteur… ?


La provocation,comme prévu,fit mouche : le caporal reprit une expression fermée,bien droit dans ses bottes,à nouveau conscient que sa carrière tenait au moindre de mes caprices,y compris celui de prendre des risques inconsidérés en renonçant à ma garde personnelle en présence d’une potentielle pirate.La crainte pour ma vie ne les étouffant pas plus que de raison,ils sortirent tous,laissant tout de même la porte entrouverte afin de pouvoir entendre un quelconque indice laissant à penser que j’avais besoin d’eux : cri,ton montant,bruit de lutte,coup de feu,etc…
J’en revins alors à la brunette,mes traits moins austères,mais toujours aussi impénétrables.

-Asseyez-vous,lui intimai-je sans cérémonie.

Nous nous trouvions dans un petit salon annexe ;un fauteuil se voyait recouvert d’une nappe blanche couverte d’une fine couche de poussière,en attendant qu’un nouvel occupant y prenne place.Pour ma part,et sans la quitter des yeux,je me rapprochai lentement de la cheminée,contre le pilier droit de laquelle je m’adossai nonchalamment,l’index à deux centimètres à peine de la gachette,mon bras armé demeurant pourtant le long de mon flanc.Si ma posture ne se voulait pas résolument offensive,je n’avais pas pour intention de me montrer clément à son égard.Mon ton demeura donc extrêmement professionnel.

-Voilà donc comment les choses vont se dérouler : je vais reposer ma question.Vous pouvez choisir de garder le silence : je rappellerais alors mes hommes,et ils vous feront amèrement regretter de les avoir préférés à une conversation civilisée avec moi.Ou parler,et sauver votre vie.À vous de voir si votre confession vaut plus que votre santé.

Et que la demoiselle ne songe pas à tenter de s’évader ! Mon maître d’armes,une des personnes les moins hypocrites de mon entourage,m’assurait à chacun de nos entraînements que j’étais un très bon tireur.Et de toute manière,si je la ratais pour une raison ou pour une autre,les soldats la repéreraient et lui donneraient la chasse.
Les yeux dans les yeux,je repris dernière fois la parole,bien décidé à lever le voile sur son anonymat.


-Identité complète.Raison de votre présence ici.Tout ce qui pourrait me donner envie de ne pas mettre un terme à cet entretien.

Gracier une contrevenante à la Loi ne m’arrivait pas souvent,sans doute une première,qui savait… ?
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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Mar 2 Nov - 19:18

    Laure se jurait que si elle arrivait à sortir vivante de cette maison, elle serait bien plus prudente à l’avenir. Chose qu’elle n’avait jamais fait auparavant, Laure avait toujours pris des risques sans avoir peur de ce qui l’attendrait par la suite et elle venait d’en payer le prix aujourd’hui. Se tenant entre deux gardes de la compagnie des Indes, il n’y avait aucun moyen de s’échapper, elle connaissait ce genre d’hommes, ils craignent pour leur sécurité à la moindre petite chose et sont du genre à tirer sur les gens au moindre petit mouvement et Laure ne voulait pas finir avec une balle dans le dos.

    Un homme venait de s’avancer devant elle, lui lançant quelques petits pics en passant, mais Laure restait silencieuse. Elle ne voulait pas s’attirer d’avantage d’ennuis, bien qu’elle n’aurait souhaiter que répliquer. Un des deux gardes proposa à l’homme qui devait certainement être son supérieur de l’emmener au fort mais celui-ci refusa, disant qu’il allait l’interroger lui-même ce qui étonna quelque peu Laure. Tous ceux qui se trouvaient dans la pièce la quittèrent et ils ne restaient qu’eux deux. Il lui dit de s’assoir et Laure ne se fit pas prier, la fatigue commencer à s’emparer d’elle. L’homme poursuivit son monologue lui disant qu’ils allaient lui poser des questions et il rajouta certainement pour l’intimider que si elle restait silencieuse, il rappellerait ses hommes. Laure fronça légèrement les sourcils, soutenant son regard, il ne l’impressionnait pas le moins du monde, elle avait déjà eu affaire à des hommes dans ce genre la auparavant.

    Identité complète. Raison de votre présence ici. Tout ce qui pourrait me donner envie de ne pas mettre un terme à cet entretien.
    Laure réfléchit pendant quelques instants, lui donnait sa véritable identité était une mauvaise idée, quant à la raison de sa présence ici elle était toute simple et il allait certainement être déçu.

    « Laure Tu.. Taylor. Je m’appelle Laure Taylor et je suis ici pour récupérer mes effets personnels qu’un de vos homme m’a.. pris. Vous voyez rien de très attrayant, alors vous pouvez certainement me laisser.. Partir! »
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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Dim 14 Nov - 20:56

« Heralded as a king before I had a birthday
With double digits
Fit the crown to my head but I was only a kid
Yeah I was only a kid
Hey I’m just the man on the balcony singing:
" Nobody will ever remember me "
Rejoice, rejoice and fall to your knees
»

Fall Out Boys, From now on we are Enemies





Je devais être très impressionnant,pour ainsi la piéger dans ses petits souliers.La faire craquer en un temps record.À moins qu’au fond,elle en soit pas si courageuse que cela.Sa légère hésitation,aux interprétations multiples –crainte ? contrition ? ou bien mensonge pur et simple ?-,ne me permettait pas de trancher véritablement la question de son honnêteté,mais se voyait pourtant parée d’un caractère satisfaisant : il résumait le plus succinctement du monde à quel point je pouvais me montrer persuasif,et donc triompher de l’adversité,quel que soit le masque empruntée par cette vieille ennemie.Quant au nom de cette fille,cette fameuse Laure,il ne me disait rien.Soit il était faux.Soit je devais me résoudre à l’idée de ne pas pouvoir me souvenir de chaque patronyme jamais rencontré au cours de mon existence.Certes,pour cela,il existait des archives,mémoire de papier où je vérifierai ses aveux dès mon retour auprès de mon père adoptif.Instinctivement,le résultat de cette enquête dans les sous-sols de la forteresse m’apparaissait déjà comme futile,inutile.Car n’aboutissant à rien ? Oh,mais dans l’immédiat,je ne possédais pas encore de preuve de la mystification laquelle la brunette tâchait de me perdre.En fait… Je n’avais aucune envie de m’en aller.De partir,de me lancer dans autre chose.Cette fiche m’intéressait.Pas dans le sens salace habituel : fagotée comme cela,elle n’avait rien d’attreyant,petite rebelle semblant plus jeune,tellement plus jeune que moir,par son entêtement,son idéalisme,tout ce qui la ramenait obligatoirement à être une enfant,une petite fille accrochée à des rêves irréalisables.Grandis,bon sang.Fini par admettre que j’ai raison.Que toutes tes aspirations ne se résument qu’à des chimères.

De ce fait,fort de mon premier succès avec elle –Dieu,lorsque je parle ainsi,je ressemble à un de ces psychanalystes du Temps Modernes,si prompt à déchirer son âme pour mieux y trouver des réponses,une signification à ses actes-,j’optai pour ne point m’arrêter en si bon chemin comme la demoiselle me le demandait.


-Oui,en effet,je pourrais vous autoriser à nous quitter… fis-je en levant brièvement les yeux au ciel,l’air de réfléchir tout haut.Mais je n’en ai aucunement l’intention.

Désolé… aurais-je pu ajouter avec un fin sourire d’une hypocrisie presque dérangeante tant elle vous sautait au visage.Et bien oui,quoi,comprenez-moi : je n’allais pas la laisser décamper comme ça.On aurait pu croire que la miss m’avait emberlificoté.Illusionné.Mis dans sa poche.Que j’étais trop faible,encore trop peu âgé et expérimenté pour pouvoir mener dans les règles de l’art un interrogatoire face à une pirate.J’ignorais combien de temps passé entre ces quatre murs équivaudrait à ma pleine et entière reconnaissance en tant que chef.Mon charisme pourrait faire taire les plus prompts à la critique,voire à l’émission de doute quant à mon droit à diriger l’escouade.Mais rien ne valait une équipe soudée,des agents totalement dévoués à leur meneur.Même si ce dernier pouvait les envoyer à la mort comme de la vulgaire chair à canon… Tout l’amusant du concept,sans doute : rechercher le soutien de créatures dont je n’avais cure.Que seraient les Rois,cependant,sans laquais pour les servir ?

Mais ne nous perdons pas en réflexions politiques,mes amis.Pas tout de suite du moins : ma curiosité à l’endroit de la jeune femme n’avait point décidé de mettre fin à sa torture.Insistante,elle m’exhortait à enchaîner les questions,jusqu’à plus soif,même si ma proie devait s’épuiser à me répondre,en désespérer,me supplier de cesser ce petit jeu au fond un brin pervers.


-Chaque détail à son importance,mademoiselle,continuai-je d’un ton de personne rompu à ce genre de cas,et connaissant sur le bout des doigts son job.

Ce qui,il fallait bien l’avouer,était grandement mon cas.


-Vous admettez donc avoir possédé par le passé des armes.

Ma voix,loin de la froideur de celle d'un juge implaccable,aurait pu être celle de ce que l'on nomme un "bon flic".Qui cherche à vous mettre en confiance.À ne pas utiliser de méthodes trop barbares pour vous arracher de quoi vous inculper.

-Où vous les êtes-vous procurées ? Et pour quel usage ? La pratique du cambriolage vous est-elle familière ?

Peut-être le fait de la presser de la sorte ne l’aiderait pas à se sentir mieux,faire abstraction du traquenard dans lequel elle s’était fourrée.Et vous voulez que je vous dise ? Bien fait pour cette Laure.Une juste punition,éventuellement trop clémente.Eprouver de la pitié pour ce sfilles voulant jouer aux hommes ne rimaient à rien.Mais cette sorte de dégoût qui me serait venue sans mal à l’ordinaire… Ah,mon professionnalisme refoulait sans doute le mépris naturel que j’éprouvais envers les petits gens si prompts à cracher au visage de leur sauveur,de celui dont l’administration sauverait les Caraïbes de la menace pirate.Sinon,pourquoi ne me trouvais-je pas tenter de jouer les brutes froides pour mieux lui délier ses lèvres ?
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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Ven 31 Déc - 2:11

    Laure n’était en aucun cas impressionner par lui, elle avait subit de nombreuses autres interrogations et elle en subira certainement encore beaucoup d’autres… En tant que pirate, Laure était presque habituer à ce genre d’interrogatoire, elle avait subit des milliers et elle était habitué à cela depuis qu’elle était toute petite, étant donné que ses parents étaient tous deux des pirates.

    Il lui avait demander de lui dévoiler son identité, ainsi que la raison pour laquelle elle se trouver ici. Laure avait hésiter à lui répondre, elle aurait voulut garder le silence, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de parler, et puis ne rien répondre lui infligerai un interrogatoire certainement plus corsé avec les gardes qui se trouvaient dans le hall. Laure lui avait donné son prénom, mais le nom de famille qu’elle avait donnée n’était naturellement pas le bon, elle trouvait cela bien trop risqué de dire qu’elle s’appelait en réalité Turner. La jeune femme avait rajouter qu’il n’y avait rien de bien passionnant dans son histoire et qu’il pourrait facilement la relâcher. Il lui répondit qu’en effet il pourrait, mais qu’il n’en avait aucunement l’intention. Laure leva légèrement les sourcils, elle se dit qu’elle allait rester ici un bon moment et se demander bien ce qui l’attendait. C’était fou comme à cet instant elle pouvait haïr cette homme, si elle n’aurait eu ne serait-ce qu’une épée, elle aurait pu lui trancher la gorge sans le moindre état d’âme. Elle le trouvait prétentieux et hypocrite, et pourtant à première vu il paraissait un jeune homme très bien, mais il n’en était rien.

    « Vous admettez donc avoir possédé par le passé des armes. »

    Laure fronça les sourcils un instant, elle se demander bien à quel jeu il jouait. Ce n’était pas le fait qu’elle possédée des armes qui la dérangeait, qui n’en avait pas à cet époque? Ce qui pouvait le dérangé c’était simplement le fait qu’il se doutait qu’elle était une pirate et elle ne devait en aucun cas affirmer cela, sinon dès le lendemain se serait la potence qui l’attendrait.

    « Qui n’en a pas à cet époque sérieusement? »

    Il continua son interrogatoire qui commencer sérieusement à agacée Laure, elle qui avait bien d’autres choses à faires, elle aurait tout simplement voulut récupéré ses effets personnels et quitter cette maison infernale où les gens bien trop riches disaient « oui » à tous les faits et gestes de Beckett. « Où vous les êtes-vous procurées ? Et pour quel usage ? La pratique du cambriolage vous est-elle familière ? »

    « Je l’ai ai acheté, pour une raison de sécurité tout simplement. »
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Ethan Felton
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MessageSujet: Re: La Folie des Grandeurs {pv Laure J. Turner}   Sam 15 Jan - 15:24

Oui, peut-être m’étais-je trompé. Peut-être cette pauvre fille n’était qu’une excentrique parmi tant d’autres, un échantillon de cette noblesse s’ennuyant à périr et se trouvant de ce fait encline à tenter toutes les aventures afin de se divertir. Soyons pourtant lucides : si une femme de la haute société éprouvait le besoin de se voir protégée, son égo la poussant à s’imaginer que sa valeur se trouvait telle que tous les assassins, voleurs et autres vauriens des environs tenteraient de pénétrer sa demeure afin de lui subtiliser ses biens de valeur, voire pire, elle engageait des gardes du corps, point barre. De telles précieuses n’avaient ni motif ni besoin de porter une lame au côté. Une dague, à la rigueur, pour se donner un genre romanesque… Le pistolet, salissant de par la poudre que nécessitait son fonctionnement, demeurait irrémédiablement à bannir si l’on nourrissait un tant soit peu d’estime pour sa mise en plis, ce pour quoi la demoiselle assise en face de moi ne semblait guère se soucier. Ah, si seulement il avait existé une loi pour enfermer toutes ces pauvres filles se soupirant qu’après un avenir masculinisé ne leur revenant absolument pas de droit. Au moins, elles pourraient goûter à un humble échantillon de ce qu’elles revendiquaient, dans leur sottise : plusieurs nuits en compagnie des rats du fort, percluses d’humidité, grelottant de froid à la portée des mains salaces de quelques bandits de grand chemin incarcérés dans la cellule voisine. Ce triste tableau constituait également la vie « truculente » d’un aventurier, terme rimant souvent avec hors-la-loi. Tout de suite, ça semblait moins attrayant. Rien à faire cependant : le crâne de ses écervelées contaminées par d’irréalisables rêves avait tout l’air d’être imperméabilisés à toute forme de raison. La pendaison pure et simple se présentait alors comme ultime –et ô combien relaxante- solution afin de régler le problème. Même tactique avec les imbéciles, les faibles, les inutiles. Comme l’univers aurait été merveilleux sans eux… Comme je me serais senti bien…

Retour à la réalité. Bienvenue dans un monde m’imposant des êtres à la compagnie insoutenable, et face à qui je ne pouvais qu’opposer une attitude froide, méprisante.


-Les personnes s’en remettant sans réserve aux hommes de Loi, répliquai-je avec sévérité à sa question, à l’instar d’un homme qui aurait été beaucoup plus âgé, et sensiblement aigri par l’existence. Mais visiblement, les Edits de la Couronne et votre personne ne s’entendent guère.

Le plus irritant demeurait sans doute dans le fait que, bien que mes griefs contre miss Taylor soient immensément justifiés, je ne possédais pas de réel motif d’arrestation. Oh, bien sûr, j’aurais pu en inventer. Mais voyez-vous, j’avais quantité d’autres choses autrement plus urgentes à entreprendre, comme la réhabilitation de ce manoir, entravée par la présence de la gêneuse. Plus vite ce grain de sable disparaitrait, et plus vite nous avancerions. La revanche viendrait plus tard.

Avec un soupir résigné teinté d’une exaspération muée en un sombre renoncement, je délaissai l’appui de l’âtre pour aller ouvrir la porte, le bouton tournant entre mes doigts sèchement.

-Vous pouvez y aller. Vos effets seront conservés aux bureaux de la Compagnie, où vous pourrez venir les récupérer en compagnie de vos parents.

Qu’ils soient un peu mis au courant… Cela dit, ma sentence n’était rien de plus qu’un mirage : Laure n’aurait qu’à se pourvoir à nouveau d’une épée ainsi que d’un pistolet chez son armurier. Quant à ses géniteurs –mais cela, je l’ignorais encore-, ils se ficheraient pas mal de savoir que leur enfant s’était mal conduite, étant donné que l’offensé se trouvait être la Compagnie, et qu’eux-mêmes étaient des pirates…

Dans l’encadrure, nous pouvions voir mes subordonnés affairés nous regardant, venant à peine d’interrompre temporairement leur ouvrage, curieux de savoir ce qui découlait de cette discussion à guichet fermé. Cependant leur attention se détourna prestement vers un messager arrivant au petit trop, le visage cramoisi par l’effort, et ayant visiblement hâte de m’entretenir.


-Monsieur, pardonnez mon inconvenance ! Nous venons à peine de mener à bien une arrestation massive au marché et…

-Moins fort, imbécile ! le coupai-je, la bouche plissée en une moue de désapprobation.

Ce qu’il avait à m’apprendre ne regardait pas la Taylor, que le héraut remarqua enfin. Il se rapprocha alors de moi, afin que ses propos demeurent confidentiels. Son odeur de sueur agressa mes narines, mais je ne le laissai reprendre son exposé.


-Selon vos ordres, nous avons, suite à la découverte de voleurs à la tire parmi les citoyens se rendant à la grand place ce matin, mis au fer une cinquantaine de personnes.

En silence, j’acquiesçai : il s’agissait d’une autre de mes innovations, à savoir, si les chapardeurs nous échappaient, prélever un échantillon de civils qui pourraient toujours, à défaut de nous livrer les contrevenants, nous confesser deux ou trois petites choses intéressantes en échange de leur liberté. Une soirée en prison, et les langues se déliaient. Ainsi, les pirates séjournant à Port Royal voyaient leurs chances de s’en sortir de plus en plus réduites, car personne n’oubliait jamais vraiment personne.

-Parmi eux se trouvent Gregory et James Scott, monsieur. C’est pour cela que nous nous sommes permis de venir vous déranger.

Mon regard s’éclaira en entendant ce nom, celui d’Haley Scott, cette bourgeoise se faisant passer pour une Impératrice –une ineptie, vu que la ville portuaire constituait une propriété de la Couronne d’Angleterre-, et dont nous cherchions à empêcher de nuire depuis quelques temps déjà. Soupçonnée de piraterie, ses biens, ainsi que ses navires auraient été une contribution non négligeable à la grandeur de la EITC. Quant à son « titre », une affabulatrice de moins rendrait la vie plus supportable sous les tropiques. Si ses fils nous racontaient toute la vérité, de bon gré ou non… Si nous passions un marché avec Mrs Scott… Un échec et maths enfin à portée de main.

-Excellent. Retournez au fort, je vous y retrouverai sous peu.

Avec un rapide signe de tête, mon interlocuteur repartit, toujours à vive allure. Mais à présent, alors que j’avais tenu à perdre mon temps en une vaine enquête, je n’avais de cesse à présent que d’abandonner Laure pour enfin m’attaquer à un défi à ma hauteur. Ce fut donc avec une impatience contenue que je l’enjoignis à nouveau à quitter les lieux :

-Mademoiselle Taylor, vous connaissez sans nul doute le chemin menant à la sortie.

Sous-entendu : active-toi, je n’ai plus que ça à faire. Avait-elle capté le murmure du soldat ? De toute manière, ça n’avait aucune importance : si elle s’interposait encore, cette fois, j’aurais le droit de lui causer des ennuis. Mais qu’avait-elle à faire de deux garçonnets qu’elle ne connaissait sans doute pas ? Oh, je n’étais pas au fait de son lien de parenté avec la famille de William Turner…
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