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 Quand un coeur de pierre rencontre un de glace [PV Ethan Felton]

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MessageSujet: Quand un coeur de pierre rencontre un de glace [PV Ethan Felton]   Sam 22 Mai - 22:48

Le soleil était au zénith, une légère brise soufflait sur l’île de Port-Royal. C’est un air marin, un parfum salé, une odeur de liberté … Les commerçants criaient, les clients se bousculaient, des personnes de tous rangs se mélangeaient dans les rues bondées : certains cours après le temps, d’autres rêvent et se laissent porter par leurs pieds, certains tentent de se dissimuler, alors que d’autres de essayent de se faire remarquer ! Ainsi allait la vie dans les Caraïbes. A première vue, tout semblait banale, les gens comme la ville, mais à y regarder de plus près on découvrait des secrets, et de l’insolite. J’étais une Lady, petite-fille de Duchesse et fille d’un Lord, tous deux hélas décédés, à mon grand désespoir. J’étais une fille de bonne famille, mais je savais aussi que je pouvais tout perdre. J’avais beau être née dans le luxe, je savais que tout n’a pas toujours été si simple dans ma famille, je savais rester humble par rapport à mon statut, mais je savais aussi que je ne voulais pas que l’on me marche sur les pieds. Etant une jeune fille riche et vivant seule, je soupçonnais chaque personne comme susceptible de vouloir me nuire. Je ne montrais donc qu’un visage hautain au monde, ainsi qu’un cœur de pierre. Les sabots de mon destrier claquaient sur les pavés de la ville. Je n’adressais aucun regard à qui que ce soit, du moins je ne le laissais pas paraître: car en réalité du coin de l’œil, j’observais tout dans les moindres recoins. Je savais que l’on parlait de moi, je sentais le regard des gens, j’entendais leurs murmures. Ma tenue gênait, le fait que je ne portasse point une robe, mais quel outrage ! J'étais habillé d’un corsage sour une chemise blanche cintrée, avec un pantalon, et des bottes. Parmi le tumulte de la rue, j’avançais fière, la tête haute, à califourchon sur ma monture. Nouvel outrage ! Toutes jeunes filles de la haute société monteraient en amazone, et pire elle ne monteraient à cheval que dans de grandes occasions et en petit comité ! Mais moi je me baladais surmon étalon noir nommé Arod, en pleine ville sous le regard d'inconnu. Arod était le cadeau de ma grand-mère avant son décès, et le seul être en qui j’offrais toute ma confiance. J'étais même capable d'avancer les yeux fermés sur son dos. Je continuais ma route malgré les jasements de la ville, au moins l’on parlait de moi; et je savais que cela aurait tôt ou tard des répercutions sur les damoiseaux de Port-Royal, une Lady à l’âme rebelle ça a quelques attirances, n’est-il pas ?

J'avais laissé mes cheveux flottaient dans le vent, quelques mèches indisciplinées tombaient d'ailleurs sur mon visage. J’affichai un petit sourire noble, mes mains gantées de cuir noir resserrèrent les rênes et d’un cou de talon dans les flancs de mon étalon, je le fis s’élancer au galop, et je quittais la rue bondée pour m’éloigner de toute cette cacophonie. Je fendais l’air à toute allure, me laissant guider par ma monture.


- Vas où bon te semble Arod, je veux être libre d’être moi-même, quitter un instant les faux semblant,murmurais-je.

Je fermais les yeux, je savais que je ne tomberais pas. J’humais le parfum marin qui se frottait à mon visage. Enfin le silence et la tranquillité … Rien, personne, mon destrier accéléra son allure, et je le laissai faire Peu m’importe le lieu, que ce soit au Paradis ou en Enfer s’il le veut, je cherchais une évasion pendant un instant. Quoi de mieux que de pouvoir se laisser aller sans réfléchir, en toute confiance, se laisser mener au plaisir, et à cette sensation de liberté ? Je me sentais pousser des ailes, je me sentais flotter au rythme des battements de mon cœur. Là dans ma bulle je pouvais penser tranquille et me détendre. Mais évidemment bonheur de dure jamais longtemps. Un bruit me sortit de mes pensées vagabondes. Un bruit de lames, on se battait !

J’ouvris les yeux, reprit les commandes, et fit tourner ma monture dans une rue en direction de la bagarre. Le son du fer qui claquait s’intensifier à mesure que j’avançais. J’étais proche. Je pouvais maintenant distinguer des voix, mais pas encore des paroles. Des voix d’hommes ça en revanche rien de plus sûre. Une Lady normale serait partie, préférant ne point s’approcher du danger, mais moi j’étais attirée par lui, tel un aimant. Un nouveau coup de talon, et je filais plus vite. Mis à part deux hommes, il n'y avait personne. Tellement envoûtée par le périple que j’approchais, je ne rendis pas compte que j’arrivais enfin, et il me fallut arrêter Arod sec pour ne pas renversé un des hommes qui se tenait sur la petite place. Toutes les épées dégainées. Je compris très vite que je me tenais devant pirates. J’aurai certainement du passer mon chemin, mais non je restais. Les deux hors-la-loi me lancèrent un regard interrogateur et me firent faces. L’un fit un pas vers moi, et sentant le danger Arod se cabra, je me cramponnais pour ne pas tomber, il cherchait à me protéger, mais je ne voulais pas fuir, ça commençaient à peine à devenir intéressant...

Je calmais mon étalon,et je sautais au sol, mes deux ennemis affichèrent un sourire ravi, ils me pensaient désarmée, mais ils se trompaient. Dégainant à mon tour ma lame et affichant un sourire triomphant, je m’apprêtais fièrement à croiser le fer avec ses barbares. Je n’étais pas là pour jouer les grandes héroïnes, mais j'adorais manier l'épée contre les hommes, surtout s'ils sont pirates. Chaque victoire -et mon orgueil m'obligeait à penser que je triompherais encore- me rendait heureuse, vaincre des mécréants comme eux, m'était un jeu fort plaisant. Profitant de l’étonnement des deux hommes, je me jetai sur le premier. La lutte fut acharnait mais j’en vins à bout. Evidemment, je me laissais emporter par cette petite victoire et je n’avait prêté aucune intention à ce qui m’entourait. Mais je m'étais reposée sur mes lauriers trop vite: un hennissement, je me tournai et me retrouvai face à l’autre pirate, il fut plus rapide que moi, et je fus rapidement désarmé ! Dos un à mur je ne opuvais pas fuir, je jettai un oeil à mon étalon, le vaurien avait profité de mon combat pour l'attacher fermement -il a du avoir beaucoup de chance car Arod ne se laisse jamais approcher- ! J'étais cernée. Et maintenant que faire ?
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Ethan Felton
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MessageSujet: Re: Quand un coeur de pierre rencontre un de glace [PV Ethan Felton]   Mer 2 Juin - 17:31

« Ce petit chemin qui sent la noisette,me rappelle soudain ce beau jour de fête,où plusieurs gredins, me prenaient la tête,comme je suis bourrin,je leur pète la tête, je vole tout leurs biens,leur or et leur guêtres,ah c'est tellement bien,de piller ces bêtes... Je n'oublierai point cette chansonnette du petit chemin, qui sent la noisette... »

_ Unknown





Au fond,cette mangue n'avait jamais rien fait de répréhensible.Née à la branche d'un manguier des plus communs,cueillie par des mains d'esclaves ne possédant aucun destin particulièrement contraire à celui commun à leurs congénères,elle était passée par quelques propriétaires lors du marché s'étant tenu il y avait de cela un ou deux jours,avant de rouler,emportée par les pas des citadins pressés,dans cette ruelle,contre un tonneau.Pourtant,son devenir relevait du plus grand des héroïsmes.
Défiant les lois de la pesanteur,et malgré son aérodynamisme plutôt approximatif,elle fendit l'air avec une vélocité stupéfiante,circonvolutionnant quelque peu,avant de s'écraser avec un "splotch" peu engageant contre la nuque d'un vil bandit menaçant une pauvre demoiselle désarmée.Ainsi se clôt,en une giclée de suc visqueux engendré par la pourriture du fruit,l'existence au départ abominablement banale devenue haut fait de bravoure de cette chose n'ayant nullement été créée à cet effet.
Lorsque le coquin se retourna pour voir d'où venait le projectile,il vit un jeune homme,assis sur ledit tonneau dont je parlais tantôt,les chevilles croisées,les doigts croisés sur ses cuisses,souriant avec un air angélique,ses yeux de glace riant avec un certain mépris de l'infortune du pirate.
Ce jeune homme fort irrévérencieux,c'était moi.
Aussi accessoirement le talentueux lanceur de mangue.
Oui,je sais,comme entrée en matière,on peut faire plus élégant.Cyrano de Bergerac pouvant se compter parmi les livres ayant séjourné sur ma table de chevet,une tirade pleine d'emphase aurait été la bienvenue,voire même délicieusement à propos.Mais à vrai dire... Je n'avais pas envie de me prendre la tête,surtout pour un va-nu-pieds dans son genre.Attention,ne croyez pas pour cela que je désirais pas me donner en spectacle;si tel avait été le cas,je ne me serais même pas donné la peine d'intervenir.Non,en fait,au lieu de prendre ce futur duel -car duel il y aurait,ne soyez pas naïfs- comme quelque chose de sérieux,apte à me couvrir de lauriers,tout cela prenait des airs de jeu.Et je vous prie de me croire : on allait bien s'amuser.


-On ne t'a jamais dit que c'était mal élevé de gâcher la nourriture ?

Je me laissais tomber souplement par terre,conservant cette attitude immensément narquoise -et donc follement irritante,vu la tête de mon adversaire.En un sens,ma quetsion ne tournait pas rond,puisque dans l'histoire,je jouais le rôle de l'ancêtre du joueur de base-ball amateur venant de réaliser une performance des plus réussies.Cependant,si cet idiot n'avait pas eu la sotte idée de se mettre sur ma route,je n'aurais pas eu à faire mu-muse avec ce fruit.Conclusion : tous les torts reposaient sur sa sale tête,alors que mon immaculée personne se moquait ouvertement de lui,figure aux airs d'ange tout droit remontée des enfers pour lui pourrir sa journée.Comme quoi,ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas endurer toi-même.Et agissez comme je le décris,pas comme je l'entreprends.

-Allez,soyons magnanimes,repris-je en faisant un pas,me mouvant avec une aisance toute altière.Disparais à ma vue,et tu éviteras des ennuis que ta cervelle d'oiseau n'est pas prête à affronter.

L'autre serra les dents.À croire qu'il savait qui j'étais.Que des types comme lui,j'en envoyais à la mort par paquets de cent.Sans doute la Compagnie que j'incarnais,le Lord que j'adulais,avaient bâti des deux mains après que le noeud coulant ait ôté la vie à ses amis,à ses frères,à ses fils.Je me fichais des raisons,bonnes ou mauvaises,pouvant pousser cet homme à me haïr,à désirer ardemment ma mort.Car au fond de mon âme entâchée de vice,je savais parfaitement que de nous deux,un seul s'en tirerait.Et ça ne serait pas lui.
Il se mit en position de combat,genoux fléchis,sens en alerte,bien décidé à me faire ravaler ma mine de jeune premier arrogant.Contre toute attente,cette posture offensive accentua mon sourire moqueur.


-On ne t'a sans doute pas non plus dit qu'il faut répondre aux gens quand ils te parlent.J'espère que ta mère n'est plus de ce monde pour éviter la vision d'une si piètre progéniture.Remarque,pour t'avoir enfanté,il a bien fallu qu'elle soit elle-même une traînée de la pire espèce...

Fut-ce le caractère trainant de la fin de ma phrase,signe de total dédain,ou bien la plus abominable injure qui puisse exister sortant de mes fines lèvres qui provoqua ce cri de hargne si bestial de la part du forban ? Quoi qu'il en soit,le malandrin se jeta sur moi,son imposante carrure lui conférant la puissance du lion.En aucun cas l'agilité du serpent.
Lestement,je feintai,me décalant le plus simplement du monde sur le côté.Mains dans le dos,je regardai ailleurs,à croire qu'une auréole allait apparaître au dessus de mes superbes cheveux blonds.Seulement dans le même temps,mon pied se tendit en travers de la route de cet imbécile de maraud.Il avait pris trop de vitesse.Et n'eut le temps que de baisser le regard vers ce mollet si savamment traître.La seconde d'après,le marin s'aplatissait au sol,goûtant la délicieuse poussière de Port Royal.Et deviner ses pensées ne se parait d'aucune difficulté : "f*utu gamin,plus rapide que moi,mais j'vais lui fair'la peau moi,j'vais lui apprendre à m'respecter,'va regretter d'êt' venu fourrer son nez de bourgeois dans mes affaires".À sa place,j'aurais pensé pareil.Sauf que moi,là,j'étais de dos,lui offrant la vue de mes omoplates -fort joli vue,d'ailleurs;profite donc un peu,gros lard-,le regardant par dessus mon épaule,mon insouciance se métamorphosant légèrement en malveillance.Comprit-il que c'en était fini pour lui ? Le pirate tenta de se relever,usant de ses biceps.Dérisoire.


-J'en ai assez.Tu m'ennuies.

De nul part -en fait,si,de quelque part,mais ce serait fastidieux de préciser où exactement-,je tirai un petit pistolet,semblable à celui restant constamment sur mon mentor,pour me retourner vers ma proie,splendide,orgueuilleux,ma volonté de fer faisant de moi un demi-Dieu,capable de trancher entre vie et mort.Mon bras,d'un angle droit,vint bientôt prendre la direction d'une droite parfaite,menant droit sur ma toute future victime.
Une arme de lâche.Utilisée comme un lâche.
Après tout,chaque médaille possède son revers.
La balle partit avec une détonation qui déchira l'air provoquant l'envol de quelques mouettes sur les toits environnants.Personne ne sortit des maisons environnantes,nul volet ne s'ouvrit.Aux Caraïbes,on avait très bien appris à ne point se mêler de ce qui ne vous regardait pas.
En prenant mon temps,je glissai mon arme à ma ceinture,grandement satisfait de cette partie.Rondemenet menée,comme je les aimais.Puis je m'approchais du morribon : en effet,la petite parcelle de pomb que je venais de généreusement lui offrir s'était logée dans son épaule gauche,manquant de peu son coeur,mais emplissant déjà sa cage toracique de sang.Il conservait juste assez de conscience pour saisir le sens des quelques paroles que je lui murmurais,me penchant sur lui sans prendre la peine de m'agenouiller :


-Je t'avais prévenu,l'ami.

Je m'essuyai alors la main sur sa veste,là où la crasse ne risquait de remplacer le jus de mon tout premier projectile.Une fois redressé,je lançai à la cantonnade,comme m'adressant au vide autour de moi :

-Major Hellwood ! Occupez-vous de ce rebut,je vous prie.Vous serez bien aimable.

Une escouade apparut à ces mots,débouchant sur la placette par la rue que j'avais sans doute empruntée pour rejoindre cette fille dont l'existence venait d'être grandement améliorée grâce à mes soins.Les soldats s'occupèrent des deux pirates -le cadavre et le blessé-,sous la bonne garde de leur supérieur,tandis que je ramassais la lame de l'homme dont les râles de douleur signalaient qu'il comptait bien s'accrocher et résister au transfert jusqu'à la forteresse.

-Jolie lâme,fis-je au major,et ce dernier me souria d'un air entendu,partageant la même sournoiserie que moi -un chic type,vraiment.

Ladite épée s'installa à mon côté,trophée justement mérité.Seuelemnta lors je posai les yeux pour la première fois sur la jeune femme que j'avais tirée d'un bien mauvais pas.Brune.Yeux bleus.Pour dire vrai,nous aurions pu être de parfaits jumeaux,mis à part quelques détails : même tenue -pantalon noir,chemise-,même attitude conquérante,même regard où la froideur guettait,éternelle.Je souris à nouveau,un petit sourire poli,un brin irrévérencieux.

-Franchement,quelle effronterie,de s'attaquer...

Je me remis en marche.Et rejoignit... Arod,pour mieux saisir ses reines et apposer ma main appaisante contre son front.Aussi impétueux que fusse cette bête,elle sembla accepter le contact,sans même renacler ou tâcher de se dégager.

-... À une si superbe bête.

En gros,si je m'étais interposé,risqué ma vie,failli tuer quelqu'un,c'était uniquement dans le but de sauver ce cheval de prix.Vous l'aurez compris,il ne s'agissait pas véritablement de cela : j'adorais mater des crétins assez inconscients pour me sous-estimer.Cela dit,jouer les preux chevalier ne me plaisait pas tant que cela.Ma dernière expérience sur la plage ne m'avait laissé qu'un arrière-goût de temps perdu.Serait-ce différent avec cette aristocrate ?


Dernière édition par Ethan Felton le Sam 25 Sep - 13:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand un coeur de pierre rencontre un de glace [PV Ethan Felton]   Lun 5 Juil - 1:15

Tes petits tours de passe-passe
Sont pas très efficaces.
Tu n'es qu'un orgueilleux
Qui se prend pour un Dieu
Ta folie des grandeurs
N'est pas à la hauteur,
Tu n'es qu'un amateur.


C’était d’une simplicité aberrante ! Nul besoin de faire le fier, loin de là ! Si cet homme pensait m’impressionner, il se trompait royalement. Il faut l’avouer, peut-être que sans lui e serais dans une mauvaise passe, mais je n’ai jamais demandé l’aide de quiconque ! Ce damoiseau pouvait faire le beau avec sa lame, mais je doute qu’il aurait eu autant d’assurance s’il n’était pas certain que ses hommes de mains attendaient ses ordres en arrière plan. Un claquement de doigts et il les avait à ses pieds. Il pouvait faire le paon, je ne fus point affectée pour autant !

J’époussetai ma chemise et replaçai quelques mèches avant de fixer cet inconnu venu de nulle part avec plus d’attention : une chevelure blonde comme le soleil, une carrure d’athlète, un regard clair, profond et froid, un sourire hautain, et surtout une tenue impeccable. Alors, comment ne pas reconnaître cet homme ? J’étais prête à parier mon étalon qu’il s’agissait d’Ethan Felton ayant pour tuteur le remarquable Lord Cutler Beckett. Toutes les ladys vous diraient que c’était un Dieu, un ange blond de lumière tombé du ciel, mais pour il n’était qu’un démon noir, voire le Diable en personne ! Bien que je ne le connusse pas personnellement, je savais à qui j’avais à faire : un orgueilleux trop sûr de lui, n’estimant les autres que comme de piètres objets, des pions à utiliser pour son bon plaisir. Il avait assez d’argent pour que tout le monde s’accoutume à l’appeler Monsieur. Et son physique assez avantageux faisait de lui un homme très apprécié des jeunes femmes. Mais hormis sa sœur, les femmes ne le préoccupé point. Il était bon frère, mais non bon mari. Les hommes de son rangs sont tous ainsi au fond, et Lord Beckett ne prends pas n’importe qui sous son aile.

Je suivais lentement les courbes de sa silhouette, il fallait que je me rende à l’évidence : il avait beaucoup de charme. Un physique de feu, cachant un cœur de glace…

Je laissais mon regard continuer son chemin sur son bras musclé, puis sur sa main droite posée sur l’encolure de mon cher destrier. Un mouvement précis, ferme et en même temps assez tendre. C’est la première fois qu’Arod se laissait approcher aussi facilement et cela ne me plaisait guère. Je fus déstabilisée, ne comprenant ce qui se déroulait sous mes yeux. Cet homme avait beau m’être venu en aide –ou d’après ce que j’avais compris être venu pour mon étalon-, je ne lui offrais point ma confiance !

Arod dut sentir ma crainte, car il quitta les caresses pour s’approcher de moi. Avec élégance, il vint en avançant en piaffer, puis s’arrêta net à côté de moi, en secouant la tête, soufflant un air chaud et réconfortant sur ma joue.

*Pourquoi es-tu si confiant Arod ?*

Je l’effleurais du bout des doigts avec un petit sourire satisfait et lui fis face pour murmurer :


- Reste sur tes gardes …

Je me tournai et croisai le regard du blondinet. Avec un sourire hautain je remis ma lame au fourreau :

- Sachez Mr Felton que cette « bête » comme vous dites l’est moins que la plupart des hommes de Port-Royal !

Je marquai un temps, fixant l’homme en noir avec attention :

- Mais Arod vous remercie tout de même.

Comme pour acquiescer, le nommé poussa un hennissement accompagné d’un mouvement de tête. Pouvais-je avoir vraiment confiance en cet homme pour son acte de bravoure ? (Enfin son acte de bravoure, c’est exagéré, disons plutôt son acte d’orgueil démesuré assuré par des hommes de mains cachés dans la pénombre !) Pourtant, j’avançai vers lui sans le quitter du regard –je n’allai tout de même pas baisser ma garde-, je m’arrêtai près de lui, et fit un demi-tour pour regarder dans la même direction que l’homme. Je m’abaissai, pris un caillou, et le lançai en direction de l’arbre fruitier. Une mangue tomba entre les membres antérieurs de l’étalon qui se fit un grand plaisir de la friandise sucrée. Avec fierté je me tournai à nouveau, vers le noble :

- Un jeu d’enfant !

Un sourire hautain se dessina sur mon visage. Je fixai Mr Felton avec un air de défi. Puis je ne lui accordai plus aucune attention, je contemplai les alentours pour me rendre compte que ce Major Hellwood me dévisageait avec un air toujours aussi sournois. Je lui lançais un regard noir. J’étais tout de même fille de Lord, et on ne me regarde pas comme un simple objet voir même dans le cas présent un morceau de viande. Il ne fallait point me confondre avec ses femmes de Tortuga à la réputation tout à fait navrante.

- Mister Felton, dites à votre homme de main que s’il ne veut pas avoir de problème, qu’il arrête de me fixer comme si j’étais une de ces pirates qui rôdent dans le coin.

Je fis volte face vers le fils de Lord Beckett :

- Et veuillez, je vous pris, pardonner mon impolitesse.

Je lui tendais la main avec sourire charmeur :

- Miss Diana Dawson, fille de Lord et petite fille de Duchesse.

Non point que je lui fis confiance, mais autant faire bonne figure face au fils adoptif du Lord. S’il était là où il est aujourd’hui ce n’est sans doute sans raison. Je ne le tenais pour l’instant point pour « ami » : tout d’abord parce que je n’ai jamais accordé mn amitié à personne –je n’allais pas change mes habitudes-, puis parce que je le soupçonnai d’être quelqu’un de faux comme le sont la plupart des gens de notre monde. Mais enfin, cet homme m'intriguait au plus haut point, et pour je ne sais quelle raison je sentais que nos chemins allaient s'entremêler souvent ... Alors pourquoi ne pas apprendre à le connaître plus longtemps maintenant ? Il devait surement cacher son jeu, ce qui me titillait d'autant plus, ma curiosité étant piqué à vif, je voulais savoir quel passé cet homme dissimulait ...

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MessageSujet: Re: Quand un coeur de pierre rencontre un de glace [PV Ethan Felton]   Lun 16 Aoû - 13:47

Le problème avec les imbus d'eux-même,problème d'ailleurs toujours actuel,c'était justement leur vanité.En cas de victoire,ces êtres adorateurs de leur propre reflet dans le miroir se repaissaient allégrement du peu d'honorabilité obtenue de par leur bravoure,ou tout simplement grâce à leur malice naturelle,goûtant chaque regard d'admiration comme l'aurait fait une grasse duchesse portant à sa bouche un petit chou barbouillé de crème au beurre.Le seul hic résidait dans le cas où leur entreprise hardie cencée les couronner de lauriers en or massif tombait à l'eau.Je ne vous parle pas du petit grain de sable venant ternir une gloire superbe,non.J'évoque le gros plat,la catstrophe,le ratage pitoyable sur toute la ligne.Il était alors passablement drôle de voir ces fats fondre sous la honte,rouges comme des pivoines,tout prêts de défaillir au moindre coup d'oeil goguenard ou sourire en coin.Au final,pour chacun,le même constat : il s'agissait de personnes faibles,car soumises toute entière la manière dont la communauté alentour percevraient leurs actes.Grâce au ciel,je ne faisais pas partie de leurs rangs.

L'éducation que m'avait donnée Cutler Beckett avait été pour cela des plus ingénieuses : tout en m'inculquant règles et protocoles à respecter en toutes circonstances une fois lâché au sien de la bonne société anglaise,ses conseils ainsi que sa propre attitude pleine de dédain par rapport aux autres nobles m'avaient appris à m'émanciper de l'avis des autres.D'accord,pas d'accord ? Eblouis par mes prouesses,ou au contraire plus qu'irrités par ce jeune homme ayant obtenu la confiance du Lord alors qu'eux-mêmes peinaient à lui soutirer une seconde d'attention de sa part ? Du pareil au même.Je n'avais pas besoin d'eux.Mes échecs,je les analysais pour mieux les comprendre et ainsi rectifier le tir.Et mes victoires,je les savourais à l'intérieur,heureux d'être moi,satisfait de pouvoir plier mon environnement à ma volonté,et d'autant plus comblé que l'opinion d'autrui ne m'importait pas plus que le sifflement du vent dans les branches des palmiers.Donc si la demoiselle avait décidé de jouer aux grandes dames blazées ayant besoin d'être sauvées mais trop vaniteuses pour s'abaisser à dire merci,et bien pas de problème.Je ne nécessitais pas ses exclamations ravies ni les ovations habituelles des jeunes femmes à deux doigts de me tomber dans les bras,remplacées par le plaisir né d'une réalité inébranlable : j'avais fichu la pâtée du siècle à cette vermine,et le peu d'adrénaline diffusée dans mon sang laissait une impression délicieuse de maîtrise totale derrière elle.Le genre de chose qui n'a pas de prix,et valait sans doute plus que le joli regard bleuté de la miss,ne lui en déplaise.Cette dernière avait raison sur un point : je n'étais intervenu entre elle et ces pirates moitié pour lui venir en aide,mon âme de genteman m'y poussant irrésistiblement,et moitié pour moi,pour mon égo frillant de réussites faciles.J'aimais mon personnage monté de toute pièce,ce faux héros qui,s'il y avait trouvé du profit,aurait brûlé vives toutes les personnes qu'il avait bien pu sauver au cours de sa vie partagée entre ombre et lumière.Croyez-vous vraiment qu'une aristocrate pouvait se connaître une place dans ce duo du feu de Dieu ?


-L'animal n'est rien de plus qu'un homme en devenir,répondis-je posément à sa bravade,n'en prenant nul ombrage.Voyez-les comme du potentiel brut à façonner,et ils vous deviendront bientôt supportables.

Pourquoi donc me serais-je senti visé par ses propos teintés de fiel mesquin ? Mon humble personne venait de lui sauver la vie,ou peu s'en fallait.Quand bien même l'aurais-je mal pris,je n'aurais sans doute pas répliqué avec une force véhémente,ou encore une méchanceté acide.Oh,j'en aurais été absolument capable,vous savez.Les scrupules,ça ne m'étouffait pas plus que ça.Cependant,ç'aurait été pretter trop d'attention à une jeune personne qui,visiblement,n'en voulait pas de ma part.Je n'allais donc pas l'indisposer plus avant,et continuer à jouer les francs tireurs totalement indifférent à son fin minois.À elle de mal le prendre.Ou pas.Aucune importance.

C'est alors que la brunette fit quelque chose d'extraordinaire.Je ne veux pas dire par là que jeter une pierre et décrocher un fruit d'un arbre revêtait pour moi un quelconque caractère sensationnel -je n'avais plus quatre ans,les tours de passe-passe,très peu pour moi.Cette attitude était renversante non pas pour la prouesse physique allant de pair avec elle... Mais bien pour l'incongruité de ce geste.Jamais aucune noble,que ce soit en Angleterre,en France,en Espagne ou où que vous vouliez n'aurait fait ça.Pour la simple et excellente raison que cela ne se faisait pas.Pour nourrir les cheveaux,il y avait les domestiques,les palfreniers.Et jeter un caillou,grand Dieu ! Se rendait-elle compte qu'elle se conduisait... Comme une paysanne ? Si le but résidait en la possibilité de remettre la balance à zéro -moi des brigands défaits,elle... Une mangue-,et bien je crains que cela n'ait été réalisé qu'en pure perte.Certes,je ne m'imaginais pas assez important à ses yeux pour que la britannique tâche de m'impressionner.Comme je vous l'expliquais tantôt,je faisais peu de cas du monde extérieur à ma bulle proche.Mais là,quand même,c'était juste incroyable.Dans le mauvais sens du terme.
Je la regardai,légèrement médusé,et mes sourcils imperceptiblement relevés semblaient lui dire "Okaaaay..." comme s'il s'était agi d'une folle.Cette fille devait avoir loupé deux ou trois cours sur les bonnes manières.Ou s'en ficher.Etait-ce définitivement la mode,de faire voler en éclats toutes les leçons de savoir-vivre jamais écrites pour s'amuser à devenir de parfaites petites sauvageonnes en puissance...? Mais où allait le monde,je vous le demande...

Par chance,Hellwood constituait à présent le nouveau sujet de conversation,m'empêchant ainsi de témoigner à la demoiselle tout l'appitoiement sincèrement désolé -pour sa réputation comme pour ses pauvres parents- que m'évoquait sa conduite totalement inhabituelle.Au moins avait-elle eu le mérite de sortir du lot,enfin.Posément,je me tournai vers le major,et dut bien reconnaître que la manière avec laquelle il observait la miss pouvait porter à certaines hypothèses... Bon,je vous fais pas un dessin : la belle n'était point du tout mal faite de sa personne;il s'avérait donc normal qu'elle attirât les oeillades "border line" de certains messieurs ayant de la suite dans les idées.Mais puisqu'elle me traitait avec une hauteur fort peu appropriée,je n'allais certainement pas prendre son parti.Dîtes-vous que c'ets de bonne guerre...


-Le major Hellwood ? fis-je avec un innocent flegme,comme si je n'avais absolument rien remarqué.Il n'est point mon homme de main.Et bien que cet état de fait me désole,je me dois de vous prévenir,par ailleurs : vêtue comme vous l'êtes,il est plus que normal que l'on vous remarque.N'était-ce point là le but de votre mise en plis,si je ne m'abuse....?

Aaah,mon irrévérence chérie ! Il se révèle fort ardu de contenir les bonnes habitudes,surtout lorsque ces dernières vous murmurent d'agréables petites phrases grandement ironiques.Me démentirait-elle ? Qu'en avais-je à faire ! Mon officier prenait peu à peu l'air d'une arme,non pas extrèmement destructrice ou menaçante,mais juste diablement amusante à voir à l'oeuvre.Pour une fois que ce n'était pas moins qui indisposait ces dames...
Le soldat s'approchait d'ailleurs,à l'écoute des ordres que je ne manquerais pas de lui donner.


-Nous rentrons au fort,sir.Que devons-nous faire des prisonniers ?

Je croisais son regard,et l'éclat que j'y lus compléta pour le major sa question : avons-nous le droit de soumettre ces gredins à la Question ? Quoi que l'idée soit tentante,nous n'avions aucun intérêt à torturer ces hommes.Ils n'avaient aucune information à nous donner.Nous ne ferions que perdre de l'énergie à leur faire cracher d'inutiles secrets.

-Amenez-les dans la cour.Nous n'avons jamais trop de bottes en réserve.

Nul amusement dans ma voix.Il s'agissait de la fatalité : les hors-la-Loi finissaient au bout d'une corde.Si Beckett avait préféré les abattre d'une balle dans la tête ou les noyer,ç'aurait été du pareil au même pour moi.Un cycle de la vie bouclé par nos soins.

Ce fut alors que la jeune femme eut la brillante idée de tendre sa main fine et d'une pâleur de porcelaine chinoise,en attendant sans doute que j'y appose un baise-main.J'étais en train de m'accorder une seconde de réflexion quant à l'attitude à avoir face à cette invitation quasi forcée -obtempérer ne me disait trop rien,mais ne rien faire,quoi que magnifiquement impertinent,aurait été un manque à l'Etiquette dont la belle se moquait bien lorsqu'il lui prenait l'envie de jouer à la cueillette- lorsque Hellwood,pensant que ce geste s'adressait à lui,lui saisit les doigts très familièrement,avant de lui serrer la main vigoureusement.


-Enchanté madame.

Sur ce,il me salua en apposant deux doigts à son tricorne,puis s'en fut,bientôt suivi par ses fusilliers marins encadrant sévèrement nos captifs.Sur le coup,je demeurai le temps d'une demi-respiration saisi,avant de mettre toute mes forces en branle pour ne pas... Eclater de rire.Dieu bénisse les habitants des Midlands fraîchement tirés de leur campagne natale.

Sur mon visage,nul signe de l'hilarité que je retenais.Au moins,mon sang résolument britannique,quoi qu'issu d'une faible naissance,m'offrait le luxe de ne point pousser miss Dawson encore plus dans l'embarras.En même temps,nous revenions toujours à ce même lancer de gravat : en pulvérisant un record de précision,miss Diana s'était placée en une position délicate affirmant à qui voulait l'entendre que défier les règles inculquées par la bonne société à cette enfant de hauts dignitaires ne l'effrayait nullement -cf toujours également son pantalon,fort seyant,et fort masculin d'autre part.Comment en vouloir au militaire pour l'avoir traitée exactement comme elle le désirait,c'est-à-dire en parfait garçon manqué ?


Dernière édition par Ethan Felton le Mar 12 Avr - 16:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand un coeur de pierre rencontre un de glace [PV Ethan Felton]   Dim 6 Mar - 20:19

Je retirai ma main. Humiliée… Je ne laissai rien paraître mais j’étais gênée de cette situation. Le major Hellwood salua le fils de Beckett, avant de s’en allait. J’étais très embarrassée de cette situation mais ne laissais rien paraître. Nous n’étions plus que deux au milieu de la petite place. Je regardais mon « compagnon », et devinait en lui que la scène l’amusait. Certes il n’y avait sur son visage aucun signe d’amusement. Mais je soupçonnai une hilarité qu’il gardait en lui. Comment les femmes pouvaient-elles bien tomber sous son charme ? Certes il était bel, il ressemblait à un ange avec sa chevelure blonde, presque blanche… mais à côté de cela son caractère était celui d’un homme méprisant et orgueilleux. Certes son tuteur était Lord Beckett, mais cela ne faisait point de lui un grand homme pour autant. Pour qui se prenait-il ? Oui, cet homme était un ange, mais pas n’importe lequel : il était Lucifer, un ange de Lumière cachant en lui le pire des démons. Comme quoi je ne me trompais guère sur son compte. Je le détestais au plus haut point, et me sentais ridicule. Mais il fallait garder la tête haute, ne pas se laisser démonter. C’est ce que j’avais appris toute ma vie. Surtout du temps où mon père… Je fixai Mr. Felton. Cet air hautain, ce mépris … Il me rappelait mon père. Sauf que mon géniteur était un homme bon, du moins avec moi, il jouait un double jeu, sa vraie face n’appartenait qu’à moi. En était-il de même pour Mr Felton ? Jouait-il aussi un double jeu ? Non, impossible ! Il se sentait tout simplement supérieur parce que le destin à fait de Lord Beckett son tuteur, et d’après les rumeurs i viendrait de Londres. Personne ne sait vraiment comment il en est venu à être sous la protection du Lord. Mais pour moi il était clair que Monsieur pensait être supérieur à tous, sinon pourquoi le Lord l’aurait-il emmené chez lui ? Il devait être né d’une grande famille londonienne, car il serait singulier que le Lord prenne en charge un garçon dont il ne peut-être sûre. Surtout qu’il avait d’autre chats à fouetter les mers regorgent de pirates que Beckett pourchasse depuis toujours, il n’aurait pas emmené avec lui un fardeau. Oui, il était clair que Mr. Felton était d’une grande famille, et qu’il était né avec une cuillère en argent (ou même en or) dans la bouche. Cet orgueil qui émanait de lui était ça vrai nature. Dommage pour toutes ces demoiselles de port Royal qui se sont éprises de lui, il faudrait plus qu’un sourire pour le conquérir. Enfin ce sont leurs problèmes pas les miens. S’il croit qu’avec sa « gueule » d’ange et sa situation bien plus qu’aisée il peut avoir quelconque attirance il se met le doigt dans l’œil. Je n’aspire pas à l’amour. Ce sentiment n’est qu’un défaut, il fait souffrir, il rend faible… Enfin je lui répondai, pleine d’assurance, à sa remarque faite avant le malheureux incident qui m’avait jeté dans l’embarras un peu plus tôt :

- Je ne cherche pas à me faire remarquer. Si ma tenue vous dérange ce n’est pas mon problème. Il me semblait simplement plus aisé de monter à cheval dans ces vêtements plutôt qu’avec une robe.

*Si vous doutez de cela, portez donc une robe Mister Felton…*

Je gardai cette dernière pensée pour moi. L’humour ne semblait pas faire parti de la vie de ce cœur de glace. Mais je l’imaginai montez en amazone avec une robe. Quelle drôle d’idée au fond ! J’observai son visage, son regard sans émotion. Et maintenant ? Puis me vain une idée …


-Allez-vous au bal que donne le Duc Rochester ce soir ? Vous semblez pensez que je n’ai aucune manière. Je ne voudrai point vous quitter sur cette mauvaise image. Si vous veniez peut-être pourrais-je vous montrer que je ne suis pas celle que vous croyez…

Je lui lançai un sourire plein de défi, avant d’ajouter :

- A moins bien sûre que vous n’aimiez point les bals…

Je l’imaginai mal à un bal. Il était tellement froid que je ne le voyais pas une seule seconde dans un tel lieu. Il n’avait pas l’air d’aimer s’amuser. Enfin qu’il vienne ou pas cela ne changerai rien. Je le soupçonnai d’être prêt à décliner mon « invitation » ( ?) … Si l’on peut appeler ça une invitation bien sûre. Je ne pense vraiment pas qu’il ira à cette soirée. S’il est aussi froid qu’il n’y parait il doit sûrement détester danser… Alors pourquoi viendrait-il à un bal ? S’il ne danse pas pourquoi viendrait-il ?

[HJ: désolée pour le temps d'absence, et cette réponse courte :S, et c'est Miss Dawson et non Hawkins ;P]
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Ethan Felton
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MessageSujet: Re: Quand un coeur de pierre rencontre un de glace [PV Ethan Felton]   Mar 12 Avr - 17:45

    Hj : Content(e) de te revoir <3 Je corrige de suite ~






Il n’existe pas de plaisirs malsains, ou juste inacceptables, du moins en étais-je et en suis-je toujours intimement convaincu. Ainsi, si la Lady désirait me voir en jupons et crinoline, et si cela la ravissait, grand bien lui fasse : au moins pensait-elle à moi, première entorse au tout nouveau chapitre de son code d’honneur lui interdisant formellement de me reconnaître comme un être évoluant dans le même monde qu’elle. En retour, j’aurais très bien pu m’amuser à l’imaginer complètement nue, sa peau de nacre inutilement voilée par un drap de lin à peine plus léger que de la gaze, sa chevelure dévorant l’oreiller maintenant sa tête, la touffeur sensuelle oppressant la chambre déposant une fine sueur sur son visage gracieux, et le jeu d’ombres et de lumière créé par la fin d’après-midi sublimant ses formes délibérément abandonnées. Ça ne coûtait rien, et ça ne regardait que moi. Personne ne m’en blâmerait, et tout le charme de cette vision me reviendrait sans partage. Chacun sa manière de redéfinir l’autre sans que ce dernier le sache ; au fond, le silence et le mystère enfermant ces créations nébuleuses se révélait d’une utilité plus que certaine. Le XVIIIème siècle serait considéré par les livres d’histoire comme le siècle libertin : alors soyons libres ! Voire licencieux, terribles, vils, derrière des manières policées et altières.

Enfin… ça, c’était sans compter le faciès de pierre que dame Diana arborait. Par Dieu, on aurait cru que le protocole lui-même s’était transformé en un masque de granit, une substance digne du plus coriace mastic, et aurait été injecté directement sous son épiderme, et ce pour éviter à sa personne toute déconvenue. Pas une émotion, pas un battement de paupière. Le major l’avait plutôt bien amochée, et la voilà fermée comme une huître, rincée par cette glaciale douche. Cela s’avérait dommage : se capitonner une armure de flegme était efficace, mais on ne pouvait alors juger de sa répartie, de son humour, de sa capacité à dominer le bas peuple qui prenait d’honteuses libertés. Une réaction que trop prévisible et scolaire, voilà qui collait mal avec cette femme impétueuse et toute prête à imposer son tempo. J’aurais aimé la percer à jour, oh, juste une seconde. Déceler un éclat de haine, un début de blessure aussitôt cicatrisé. En collectionneur d’âme, le calme placide arboré par mes concitoyens en toute circonstance finissait vite par lasser. Alors on provoquait, on tombait dans l’outrance pour mieux faire tomber les manières toute faites. Le meilleur moyen que je cesse mon outrecuidance déguisée en hauteur ? Qu’elle ne me donne plus aucune raison de croire que je parlais à un produit manufacturé tout droit sorti de la bonne société londonienne. Que n’importe quelle fille à sa place m’aurait procuré la même expérience. Le coup du pantalon, l’embryon de duel à l’épée, tout cela avait eu un petit goût de peu ordinaire, retombé alors que la demoiselle jouait les poupées de cire immobile. Quand bien même ses yeux ne me quittassent point d’un pouce, signal en total interférence avec sa volonté de ne pas céder à mon « charme », cette aura étrange qu’elle n’appréciait pas appeler ainsi.


-Vos loisirs vous regardent, mademoiselle, répliquait-je, léger, aristocratiquement présomptueux. Ainsi que du qu’en-dira-t-on, et je ne ferai que vous paraphraser en vous assurant à mon tour que les racontars, les œillades et les piteuses manières de certains habitants de cette ville, conséquence à vos goûts vestimentaires, ne sont pas non plus mon souci.

Je ne faisais que la prévenir, délicat chevalier ayant le tact et de s’ »inquiéter » de sa réputation, et de la sauver des griffes de bien méchants malfrats. La noble pourrait condamner mon attitude tant qu’elle voulait, c’était un fait : cette fausse sincérité obligée aurait fait tomber une grande majorité des demoiselles bourgeoises et bien nées des environs dans mes bras. Quant à son cas, il ne se trouvait pas si extraordinaire que cela : elle, résister ? Et son offre, alors ? Son assurance nullement mimée ? Diana voulait me rabaisser. Donc se poser comme supérieure à moi, ce qui équivalait, dans une certaine mesure, à une tentative de séduction. Donc je lui plaisais, par un biais que ni elle ni moi ne mesurions vraiment les tenants et les aboutissant. L’exagération n’entrait pas en jeu : l’anglaise elle-même s’était fait la réflexion de la beauté possédée par ma personne, voilà pour l’amorce. Ensuite, il suffisait de raisonner sans détours ni artifices. Quoi qu’il en fut, et quel qu’ait été le point où j’étais alors enfoncé en cet enchaînement de conséquences, je répondis à son air pompeux par un autre sourire, diverti, alors que dans le bleu de mes pupilles se perdait un éclat pétillant.

-Il est vrai que monsieur le Duc m’a fait parvenir une invitation voilà quelques temps. Ce qui, quand j’y songe, serait une agréable occasion de revoir cette chère Wendy.

Une damoiselle de prime jeunesse au cœur plus pur que du cristal, et follement amoureuse de moi ; une proie facile que j’avais délaissé dès son cœur conquis et qui, malgré mon silence, me demeurait fidèlement attachée par une première tendresse. J’aurais ignoré aussi bien le paternel, que la fille et le billet si Diana n’avait eu tant l’air de me lancer un défi. Le jeu promettait d’être tout aussi –sinon plus- truculent que la défaite cuisante de quelques ivrognes.

-Soit, repris-je avec un auguste maniérisme, j’y réfléchirai.

Pas de oui franc, et pas de non non plus. Ne pas avoir d’attitude trop tranchée envers ma nouvelle « amie » me plaisait assez : ni elle ni moi ne savions comment cela allait se terminer, et laisser les choses aller comme bon leur semblait ouvrait grand la porte à l’aventure.

-Mais je croyais que l’opinion d’autrui à votre endroit vous était égal… ?

Un coup bas, encore. Il n’y avait pas qu’avec les repris de justice que je me permettais le loisir de frapper sous la ceinture. Quoi que, n’était-il pas bien innocent que de relever, sans méchanceté aucune les contre-sens s’échappant de sa bouche si finement dessinée ?
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