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 La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}

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Ethan Felton
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MessageSujet: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Dim 16 Aoû - 14:49

Les Douze Coups de Minuit ne furent bientôt plus qu'un lointain souvenir.
Vitesse,toujours plus vite.
Ce soir-là,lassé par l'épais manuel d'économie que j'avais débuté au cours de l'après-midi,j'avais décidé de m'offrir une petite chevauchée à la belle étoile.Sans signaler ma sortie à personne -je n'était plus un enfant,que Diable-,j'avais sellé la meilleure jument de l'équipage privé de mon tuteur,avant de quitter le fort au grand galop,peu scrupuleux de ce qu'on penserait de moi,de cette sortie tardive,ou même du bruit provoqué par les sabots de ma monture heurtant le pavé.Oui,moi,Ethan,j'aimais ma nouvelle vie,faite de bals,de savoirs nouveaux et de jeux de pouvoir.Mais par moments,un peu de solitude devenait nécessaire,comme de l'air aux yeux d'un plongeur en apnée.Le Lord,dans sa générosité,m'octroyait de temps à autres un peu de liberté,qui ne m'apparaissait pas encore à l'image d'une drogue.
Filer,plus vite que le vent.
Plusieurs endroits m'apparurent propices à une folle cavalcade dont j'avais tant envie : la plaine de Port Royal,étendue herbeuse apparemment sans limites,et la plage de la ville.Pour atteindre la première,il aurait fallu serpenter à travers les rues,programme peut attreyant.Les citadins risquaient même de venir se plaindre,le lendemain,du tapage causé par un cavalier solitaire,à une heure où les "honnêtes" gens se reposent.Bah.Pauvres fats se croyant importants,et ne sachant plus s'amuser dignement.Je choisis donc ma seconde option.Vêtu de manière à la fois classique et pratique,je méprisais le froid,la nuit,le monde.J'étais libre.Peut-être pas de la manière la plus au pied de la lettre possible,mais en mon coeur,en mon âme,tel était le cas.Pas de jabot,pas de gilet ni de veste pour entraver mes mouvements.Ma monture répondait parfaitement à mes sollicitations,et bientôt,la langue de sable apparut devant moi,pâle sous les rayons lunaires.Moi ? Mes cheveux paraissaient encore plus platine qu'à l'ordinaire,et ma peau aussi pâle que le reflet de l'astre nocturne sur la mer d'encre.Poussant l'animal jusqu'au grand galop,je le laissais longer le bord de mer,avant de déserrer l'emprise de mes doigts gantés de noir sur les rênes : ainsi,les bras écartés,incliné en arrière,la tête renversée,je prenais des risques inconsidérés,et m'en fichais bien.
Tout devient flou.Je ferme les yeux.Emmène-moi où tu voudras,même en Enfer.
Oh,oui,certes,je pouvais tomber.J'aurais eu d'ailleurs l'air bien malin,assis dans le sable,la jument continuant seule sa route.Mais sa vélocité était mon ivresse,et je souriais tel un perdu,fou de ma folie,ivre de cette nuit qui semblait ne pouvoir finir.Qu'importait,que je passe encore pour un petit enfant aggripé aux jupes de Beckett.Qu'importait qu'on me compare à un Méphistophélès sous les traits d'un ange.Entre parenthèses,une comparaison totalement idiote : j'étais bien plus séduisant que cet être chimérique.Mon orgeuil passait pour ma force,mon mépris de l'humanité le plus puissant des charmes.
En arrivant près d'une anse,je regagnais quelque peu de ma lucidité,avant de reprendre ma jument en main.Notre vitesse commençait à peine à décroître lorsque dépassâmes l'avancée de terre,derrière laquelle il était impossible de discerner quoi que soit,un nuage venant voiler la Lune un instant... Et puis soudain,une forme,juste devant moi.Trop proche pour l'éviter ! Pour seulement espérer ralentir à tant ! Par un heureux réflexe,je tirait de toutes med forces sur la longe.Ma monture se cabra,menaçant de me jeter à bas,mais resserrant mes cuisses autour de son corps (et c'est là qu'on meurt d'envie d'être un cheval... *sort XD),je me maintenais non sans mal en selle.Qu'est-ce que cela pouvait être ?! Un promeneur,à cette heure ? Un animal ? Par Dieu ! Et ces nuées qui ne passaient pas leur chemin... Mon malheur ne devait pourtant pas connaître de fin : lorsque la créature reposa ses quatres pattes au sol,l'un de ses sabots rencontra un trou dans le sable.La cheville craqua avec un horrible bruit,pour ne plus laisser sa détentrice que boitante.
Sautant à bas,et sans me préoccuper une seule seconde de la chose que j'avais failli piétiner,je me penchais pour mieux observer la blessure.Foulure.Fracture,sans doute.Mieux valait pour l'importait qu'il se fasse oublier,car mon courrou risquait fort de lui tomber dessus sans crirer garre...
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Lun 17 Aoû - 11:29

Les tavernes... Il n'y avait certainement pas d'endroit aussi merveilleux que ces établissements où l'on trouvait de la joie de vivre et de la bonne humeur partout autour de soit.
Ce fut ce soir, où la lune brillait de mille éclats dans le ciel sombre, que la jeune miss Sarah Ledermann avait décidée de se rendre dans l'un d'elle. Pour boire un verre, sans doute. Bah, en même temps, si vous alliez dans une taverne, c'était essentiellement pour boire, non ? Elle était habillée de ses habits coutumiers, à savoir chemise blanche légèrement ouverte en un beau décolleté, pantalon et botte. Ses cheveux étaient détachés et certains ondulaient le long de ses épaules. Pour faire bref, elle avait des allures d'hommes, sans l'être.
Notre voleuse était attablée à une table du fond, baignée par l'ombre que les bougies n'arrivaient pas à atteindre. Ses pieds étaient sur la table, croisés l'un sur l'autre. Vraiment sans gêne ! Ses yeux, quant à eux, balayaient la salle dans ses moindres recoins et impossible de savoir exactement ce qu'elle cherchait en ces lieux... Ce fut ce genre de question que se posa l'un des messieurs présents dans l'assistance. La jeune femme était dos à lui mais... Bon sang ! Mais qu'elle était délicieuse et appétissante cette petite ! Un sourire pervers aux lèvres, il s'approcha d'elle et lui mit ses mains sur ses épaules. Il n'aurait jamais dû faire ce geste... Ne supportant pas qu'un homme la touche de trop près sans son autorisation, Sarah retira violemment ses mains, se leva et sortit son épée pour la pointer vers son "agresseur", devenu pâle. Wah... et ça, c'était un homme ?


-Ne t'avises plus de m'approcher, compris ?! Lui lança-t-elle, l'oeil peu sympathique.


Cependant, un détail lui échappa: des hommes comme lui, il y en avait toujours plus d'un dans ce genre d'endroit. D'ailleurs, ces derniers, après un instant de silence, se levèrent et menacèrent la miss. Cette dernière, bien décidée à ne pas se laissait faire, se tenant prête. La suite fut à prévoir: un combat d'une dizaine de minutes à peine s'engagea entre Sarah et les quatre hommes. Mais il ne fallait pas être Devin pour le savoir: une femme, même sachant se servir correctement d'une épée, ne pouvait pas battre à elle seule quatre hommes ! Se fut donc par le biais d'un tavernier en colère, de plus en étant désarmée (quoi qu'il lui restait toujours son pistolet) que miss Ledermann fut envoyée (et c'est le mot) hors de la taverne. Elle se retrouva allongée dans toute sa longueur sur les pavés, son coude gauche douloureux. Argh, il était éraflé et commençait à saigner... Il fallait qu'elle passe de l'eau dessus, et là où elle se trouvait, il était plus logique qu'elle aille à la plage pour prendre de l'eau de mer et la mettre sur sa blessure.
Se relevant donc, la jeune voleuse se rendit sur le banc de sable. La nuit étaient vraiment plus que présente autour d'elle, et sans la lune on y verrait vraiment rien. Lorsqu'elle arriva près de l'eau elle s'accroupit, prenant un peu de se liquide transparent, cette principale source de vie dans sa main afin de l'appliquer à l'endroit voulu. Ce geste se répéta au moins cinq fois avant que Sarah ne se décide enfin à retourner chez... "elle". Là au moins, elle pourra trouver un bandage et le mettre pour stopper l'écoulement du sang.
C'est alors que des bruits de sabot se firent entendre. Par chance, Ledermann tourna la tête au bon moment pour voir un cheval foncé droit sur elle. Par réflexe, elle s'écarta et tomba sur le côté, à moitié dans l'eau. Evidemment, ce fut sur le côté qu'il ne fallait pas. Elle grimaça, sentant une horrible douleur envahir son bras. Elle resta dans cette position quelques secondes, avant de se remettre sur ses deux jambes, sa tenue et sa peau ayant différentes couleurs: du rouge, venant du sang de sa blessure et du brun, venant des grains de sables s'étant collés un peu partout sur elle. Sans oublier que sa chemise, aillant prit par mal l'eau, était légèrement transparente (hum... xD). Sarah put enfin le voir. Un jeune homme, blond, d'à peu près son âge, était en train d'examiner l'une des pattes de son cheval.


-Vous auriez pu faire attention... ! Déclara-t-elle, après un moment de silence.


Sa voix était calme et non désagréable.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Sam 29 Aoû - 17:48

Hj: Haan,comment "Tired of Being Sorry" d'Enrique Iglesias irait trop bien avec ce sujet... *-* Hum,bref XD Tombons pas dans le cliché... "^^




Non,ça allait.Une blessure,certes.Mais l'os ne saillait pas hors de la peau,et aucun saignement n'apparaissait,ce qui était plutôt bon signe.Avec un peu de chance,et surtout un bon palefrenier,cette bête pourrait sans doute survivre.Oh,je n'étais pas sot au point de penser qu'une simple foulure pouvait être fatale ! Mais quel homme du monde monterait un cheval boiteux ? Une balle entre les deux yeux,et on en parle plus.Perte de temps,perte d'une balle,perte d'argent.Rien que pour ces raisons,en excluant celle insipide de "même une monture boitillant a le droit de vivre !",il faudrait continuer à pied,et lentement,pour que la créature puisse suivre.Pff... Ma frustration ne décroissait pas.Au départ,ça avait dû être une sortie grisante,pas une balade contraignante !
Et voilà que la péronnelle -oui,il s'agissait bien d'une femme,vu son timbre- se rappelait à mon souvenir ! Non,sérieusement,si les Dieux m'avaient prévu d'autres tours de ce genre,je puis vous assurer qu'Ils ne se connaissaient aucun humour.Je me retournai vers elle,une remarque acide se trouvant déjà aux bords de mes lèvres.Et puis je la vis.Ou plutôt la regardai.Quant au premier qui oserait prononcer l'expression "coup de foudre",il gagnerait sans mal une place dans la file des condamnés à la potence.Enfin,nous sommes entre gens raisonnables,pas dans un conte de fée à l'eau de rose.Donc oui,je détaillai cette inconnue durant quelques secondes de silence.On raconte que par un simple regard,on peut jauger une personne,sans la connaître,sans lui parler.Ce fut cette technique dont j'usai,et qu'au fond,j'affectionnais plus que toute autre : une jeune femme,un tout petit peu plus vieille que moi,trempée comme une soupe.Vêtements digne des classes basses de la société,mais pourtant propres,elle était donc pauvre,mais soignée.Ses iris,pairaissant noirs à la faveur de la nuit,révélaient une véritable force de caractère,aussi tonique et dévastatrice que la mienne,sans doute.Ce qui expliquait mon absence préalable de réaction à son offensante remarque.Car enfin,lorsqu'on se trouve face à quelqu'un ne se démontant pas devant un noble -vous en connaissez beaucoup,vous,des roturiers pouvant se payer une jument de cette classe ?-,s'énerver et tâcher de l'écraser sous votre froideur n'étaient pas de bons moyens d'en venir à bout.Si la force ne peut plus rien,optez pour la ruse.


-Si vous le dîtes... En attendant,elle vaut sans doute plus que vous,miss.

Oui,bon... Ne pas l'attaquer de front ne signifiait pas non plus s'écraser à ses pieds.Pfeuh,j'avais mon honneur,que diable ! Et m'excuser pour une va-nu-pied ne m'intéressait aucunement.Ma réplique n'avait nullement été purement méchante -je savais faire mieux,bien mieux !-,mais subtilement acide,ironiquement dévalorisante.Mon regard demeura neutralement méprisant,alors qu'une ombre de sourire flottait sur mes lèvres pincées.En fin de compte,cette ébauche de furie était plutôt pas mal.Pas mon genre,pourtant,les vagabondes.Je la trouvais jolie,comme j'aurais trouvé du charme à un paysage escarpé,à une falaise plongeant à pic dans l'Océan : quelque chose de sauvage,d'impétueux qui aurait pu donner l'irrésistible envie de la conquérir,mais en même temps une colère tournée contre l'humanité toute entière -sans doute suite à un drame imputé au monde- qui ternissait cet éclat,au point de la rendre tout simplement... Bagarreuse.
Et puis mes yeux couleur de glace se posèrent sur le rouge de sa chemise.Visiblement,vu la hargne avec laquelle elle avait salué ma prestation de cavalier,la plaie ne devait certainement pas être mortelle,ni même grave.


-Et apparemment,elle n'est pas la seule à s'être blessée cette nuit.

Ouh... Je la prenais presque pour une gamine,là... Etourdie,au point de se faire mal... Quasiment bêtement... Je ne savais rien d'elle.Pas même son nom.Mais j'étais sûr que notre relation n'allait pas aller en s'améliorant.Intuition masculine ? Ou certitude que le demi sourire mesquin qui s'afficha sans doute bien inconsciemment sur ma bouche se connaîtrait un effet dévastateur,et pas dans le bon sens ? Cela dit,j'étais vite retourné à l'examen de la patte meurtrie,si bien que l'ombre dut rapidement l'engloutir.
Avec quoi confectionner un semblant de garrot,le temps de rejoindre la forteresse ?
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Dim 6 Sep - 13:59

Alors là, c'était la meilleur, franchement ! Il avait faillit la piétinée avec sa maudite jument et... et il ne s'excusait même pas ! Certes Sarah appartenait à la classe de population la plus basse, mais quand même ! Sa première impression face à ce jeune homme ? Rien d'autre qu'un blondinet prétentieux... Gr. Décidément, les nobles étaient tous pareils: leur sentiment de supériorité devant les plus démunis avant le don de l'agacer la miss, qui ne supportait pas qu'on se sente meilleur qu'elle. Selon elle, ce n'est pas parce qu'on a plus d'argent que les autres qu'on est forcement mieux. En effet, il lui était déjà arrivé de croiser des jeunes femmes nobles qui n'avaient pas un brin de cervelle et ne faisaient que glousser en voyant un homme séduisant, avec l'espoir que ce dernier leur donne un semblant d'interêt. Si c'était comme cela qu'on était "bien". Non merci, mais c'était pas pour elle. Beurk. Et la façon dont il avait de la regarder... la voleuse ne le supportait pas. C'est vrai quoi, il y avait regardé et... regarder. Là, en l'occurrence, ça ne lui plaisait pas. D'ailleurs, son regard ce fit plus dur, plus... provocateur, tandis que la colère qui s'était élevé dans cette fameuse taverne remontait dangereusement à la surface. Mais pas trop, quand même. En fait, elle s'apaisa plus vite qu'elle ne l'aurait cru. Une grande inspiration et la voilà qui souriait, amusée. Quoi ? Vous pensiez que Sarah allait tout de suite sortir armes et poings et provoquer une bagarre ? Mon Dieu, une seule dans une soirée suffisait amplement ! De plus qu'il ne lui restait plus que son pistolet, ça aurait été moins amusant... Maudits tavernier, il allait entendre parler d'elle, fois de pirate ! >_<"
Ses yeux passèrent doucement du blond jusqu'à sa blessure. Oui, elle était aussi blessée mais quelle importance ! Certes le sang coulant encore et colorant de plus en plus sa chemise à l'origine blanche éclatante n'était pas forcément quelque chose d'appréciable, de plus que des grains de sables s'étaient peut-être incruster dans la plaie, mais ne pas montrer que cela la gênait... Que la douleur, aussi petite soit elle ne lui faisait ni chaud ni froid. Ne montrer aucune faiblesse, quoi ! Et pourquoi faire, à la fin ? Faire euh... bon genre ? Faire croire que des paroles blessantes ou non ne l'atteignaient pas ? Ce qui était aussi vrai que faux... Certaines paroles pouvaient l'énerver, d'autres ne lui permettant pas de trouver les mots et d'autres l'amuser. Là, c'était le premier cas. Un peu logique, comme dit plus haut, les nobles l'horripilait. Et celui-ci n'échappait pas à ce sentiment...
Quand la jeune femme eu l'intention d'adresser la parole à son interlocuteur, elle eut d'abord l'impression qu'il avait disparu, avant de le voir de nouveau au petit soin avec sa jument. Bah vui, c'est que la nuit était vraiment noire ce soir ! Sarah fit un pas dans le sable et se rendit compte que ses bottes couinaient... De l'eau avait pénétrée à l'intérieur, Dieu seul savait comment. Se disant que cela ne faisait pas trop... discret, elle plia ses jambes, s'assit par terre et les enleva. Celle de gauche, puis celle de droite. Elle avait vue juste. Un soupire et la voilà renversant ses chaussures à l'envers.


-Vous habitez loin ? Lança-t-elle au m'sieur, dos à lui.


Wah... ça, c'était de la question ou je ne m'y connais pas ! Non, sérieusement, cette question pouvait passer comme... inutile. Indiscrète et trop curieuse. Et surtout dans cette scène ! Comme si c'était un changement de sujet... enfin, pas vraiment. Si la demoiselle lui demandait ça, c'était pour son destrier.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Jeu 25 Fév - 20:28

Je gardai un moment le silence.On aurait pu croire,par cette absence de réaction immédiate de ma part,chose à laquelle,je le sais,je ne vous ai pas habitués,que la question de cette jeune demoiselle m'avait pris à contre pied.Grossière erreur ! Rien ou presque n'est capable de me mettre mal à l'aise.Enième leçon apprise aux côtés du Lord,soit dit en passant.En fait,ce que me demandait cette impertinante était... Drôle.Oui,je sais,comme bonne blague,on peut faire mieux.En fait,la situation m'apparaissiat cocasse car techniquement,ç'aurait été à moi de la quetsionner ainsi,comme le voulait le code d'or des gentlemen britanniques.Moi qui aurait dû me soucier de sa sécurité.Moi enfin qui,par cette phrase interrogative,aurait dû avoir l'air,mine de rien,de lui faire un peu de rentre-dedans.Parce que vous,vous croyez pas que ça faisait un peu plan drague,ce genre de recherche de renseignements ? La réponse attendue par n'importe qui ayant fait l'aisé parallèle entre la scène présente et une série US actuelle d'un goût douteux aurait bien sûr été : "Oh,mais à deux pas,je vous assure.Tient,si vous voulez,je vous y emmène,histoire d'examiner votre vilaine plaie..." Et jouer au docteur,enfin bref,je vous fais pas un dessin.Rassurez-vous,je me connaissais un charme certain auprès des femmes,mais pas au point de me figurer que la montée d'adrénaline due à notre semi-accident avait pu provoquer chez la miss un coup de foudre immédiat pour ma personne.Sans doute ne s'était-elle même pas rendue compte du double-sens de ses paroles.
Tout ceci m'apparaissait si comique,que je ne pus m'empêcher de rebondir avec une ironie bien sentie sur cette planche tendue inconsciemment :


-Si je demeure loin...?

Un rire fin et léger s'échappa de mes lèvres.Terrrrrriblement snob.Donc immensément class',ça va de soi.

-Oh mais ne craignez rien ,repartis-je de plus belle,manoeuvrant d'une main de maître une hypocrisie bienveillante -bel oxymore,pas vrai ?-.Si je me hâte suffisamment,je parviendrais à mon logis avant que le grand méchant loup ait pu m'attraper,juste pour les Douze Coups de Minuit,heure à laquelle mon beau carosse se retransformera en citrouille.

Ouai,bon,d'accord,je l'avoue,ça n'était pas vraiment brillant.S'en prendre ainsi à une pauvre fille désorientée qui avait dû sans doute vivre de pénibles évènements avant d'atterrir sous les sabots de ma monture... J'aurais dû être encore plus cinglant.Sûrement mon côté preux chevalier qui tentait une percée,ouh le vilain.
Détournant les yeux de mon interlocutrice,je rattrapais les reines de ma jument,y enlaçant mes doigts au cas où ma belle de nuit voudrait encore faire des siennes.Le cuir ne risquait en rien d'abîmer ma peau,mes gants m'en protégeant efficacement,tout comme du froid.Tout en exécutant ce rapide petit exercice,je repensais au sort de la demoiselle.Je ne connaissais ni son nom,ni d’où elle venait,ni même commant elle avait pu se meurtrir ainsi.En un sens,elle m’intriguait.Qui ne se serait pas posé de questions,à ma place ! En même temps,en découvrir plus sur son cas me permettrait peut-être de lever le voile sur l’identité de rustres capables de faire du mal à une femme,catégorie de personnes ayant souvent tendance à enfreindre la loi,et que je me ferai donc en conclusion un vrai plaisir de pendre.À moins ce ne soit un véritable relent de bon fond qui me fit rompre à nouveau le silence du soir,cet avec beaucoup plus de sérieux,digne même d’un professionnalisme collant plus efficacement à la peau qu’un vieux chewing-gum :


-Je me rends du côté du fort.Quel que soit le quartier où vous devez vous rendre,vous pouvez m'emboîter le pas.Ou restez ici.

Et oui,comme j'allais vers les hauteurs de la ville,partant du bas,j'aurais à traverser chaque "couche" de Port Royal,en commençant par le pslus miséreuses -les docks- pour parvenir après la strate bourgeoise aux grandes maisons des familes le splus aisées.Un vrai petit voyage à travers l'échelle sociale sociale.Que j'entreprendrais seul,ou accompagné,les deux m'allaient.
Sans attendre de réponse,je commençai alors à marcher vers la première rue qui s'offrait à moi,laissant l'inconnue suivre le chemin qu'elle estimerait le meilleur pour elle.Sans doute inconsciemment,je guettai ses pas dans mon dos.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Ven 16 Avr - 12:13

Vous voulez que je vous dise a quoi aurez pu ressembler Sarah en cet instant ? Une cheminée. Cela l'aurait été encore plus si de la fumée commençait à sortir de ses oreilles... Bon sang, mais comment il lui parlait depuis tout à l'heure ! Dès le premier regard, la jeune femme s'était doutée qu'elle ne l'aurait pas à la bonne. Mais alors là, de plus en plus cette idée ne fesait que s'assurer. Un petit riche qui se la jouait... Pil le genre de personne qu'elle ne pouvait pas voir en peinture. Et Dieu savait à quel point il ne fallait pas attiser sa rogne, au risque de crée une vritable eruption volcanique ! Bon, d'accord, j'exagère un tout petit peu. Pas tellement, en faite. En même temps, la question qu'elle avait posée était quelque peu stupide sur les bords. Ce n'était pas vraiment le genre de chose que l'on demandait à la première minute d'une rencontre malencontreuse. Enfin bon, que voulez ? La curiosité est un vilain défaut, et elle l'assumait complétement ! Faute d'assumer autre chose...
Un long, loooong et profond soupire s'échappa de la miss, décidemment à la limite de sa patiente. La référence au conte de Cendrillon l'agaça. Et elle était plutôt mal choisit, le blondinet étant très loin d'être une séduisante princesse. On l'aurait peut-être plus comparé avec la méchante mégère qui s'amusait à rendre la vie dur à la jeune fille, cette dernière arrivant finallement à avoir le prince que ses deux demi-soeur voulait. Une belle fin n'est-ce pas ? Vengeance. Ce mot rimait avec Sarah depuis sa naissance. Vous voulez faire quelque chose contre elle ? Attention à ce qui peut suivre, elle peut être souvent très rancuinière et ne pas vous oubliez aussi facillement ! Mémoire sélective, dirons nous.
Elle remit ses bottes, ces dernières encore quelque peu mouillée, mais qu'importe, et se releva. Le demoiseau était déjà dos a elle et commençait a marcher. Sur le coup, Ledermann hésita. Le suivre, ou pas ? En même temps, savoir qui il était la titiller sérieusement. Et il lui avait proposer si... "gentillement". Pourquoi refuser ? Sans ommettre que si elle rencontrer les ivrognes de tantôt elle risquerait de s'emportait. Avec quelqu'un d'autre, son caractère désagréable pouvait quelque fois s'enfuir sous terre.
Alors oui, Sarah emboîta le pas du jeune homme et ce mit de l'autre côté de la monture, décidément en mauvais état, la pauvre. Jusqu'au moment ou il quittèrent la plage, elle ne parla pas. Seul le bruit des vagues s'écrasant sur le sable se faisait entendre, plus quelques rires provenant des tavernes de Port Royal. La nuit était toujours aussi noir, la Lune ne se décidant pas à montrer le bout de son nez.


-Pourrais-je savoir votre nom ? Risqua-t-elle de demander enfin.

Ne pas pouvoir mettre un nom sur un visage était quelque de chose de terriblement troublant. C'était quand même beaucoup mieux de savoir a qui on s'adressait, vous ne trouvez pas ?
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mar 15 Juin - 19:59

Hj: God bless les retards qui se comptent en mois... *part s'enterrer au fond du jardin*



Règle numéro 1 du parfait enquiquineur : toujours répondre à côté,faire mine de donner à l'autre ce qu'il attend avant de,avec une feinte des plus habiles,lui retirer métaphoriquement le pain de la bouche.Bon,bien sûr,il ne s'agissait pas de rétorquer n'importe quoi : on vous parlait de gagner en style et en élégance intellectuelle,pas d'en perdre -ce qui constitue,en soi,un but ultime de tout dandy potable.
Si bien que lorsque la miss commença à s'adonner au jeu potentiellement dangereux consistant à terminer ses phrases par un point d'interrogation,plusieurs options s'offrirent à moi,toute plus alléchantes les unes que les autres.
Tout d'abord,je pouvais tout bêtement refuser de répondre.Après tout,rien ne m'obligeait à le faire,sauf peut-être la politesse,mais à ce que je sache,elle n'avait pas dit "s'il vous plaît",la bienséance pouvait se voir oblitérée durant une petite demi-heure environ,et l'emploi du conditionnel me laissait tout le loisir,le délicieux loisir même,de lâcher un "non" juste imbuvable.Une possibilité vraiment attrayante,comme vous vous en doutez.
En seconde position arrivait la réplique insidieuse,le sous-entendu ou encore le jeu de mots.Cette façon de refuser d'entrer dans son jeu,mais l'incitant à insister,voire carrément à piquer une colère,histoire de voir si le mur de narcissisme doublé d'irrévérence me préservant du monde et accessoirement des personnes et choses capables de me faire dégonfler les chevilles pouvait résister à pareil ouragan de force cinq.Cela dit,pour cela,il aurait fallu trouver la formule adéquate,la tournure de phrase volant très haut,et sincèrement,si c'était pour par la suite engendrer le courroux de la miss -l'accroître plutôt,perspective engageante tout de même- et me faire envoyer balader,je préférais garder mon énergie à avancer,et mon génie à une autre tâche bien plus productive.Comme quoi,tout le monde dit que je ne sais passer mon temps qu'à embêter les autres,mais ce n'est pas -toujours- vrai...
Et enfin,dernière perspective,qui je le sens va vous décevoir : apporter satisfaction à sa demande,le plus bêtement du monde.Une récation simplette comme chou,vieille comme l'Univers,véritablement démodée,et ne cadrant pas vraiment bien avec l'image du bad boy ne cédant jamais qui m'allait si bien.
Tout ceci ne m'aidais pas à choisir.Alors comme je dis toujours : lorsque l'on se trouve face à une route se séparante n deux ou plus,et qu'aucune voie ne semble préférable,ne cherche pas plus loin,et trace ton propre chemin,droit devant.En suivant ce sage précepte personnel,et tout en marchant,je regardai bien en face la villageoise,et dans ma voix,le sarcasme devint plus dur.


-Pourquoi ? Cela vous intéresse ? Dîtes-moi,en avez-vous réellement quelque chose à faire,de la manière dont je me prénome ?

Oulà,quelle défensive ! La façade d'ironie avait laissé place en quelques instants à une rudesse froide,sans doute l'envers du miroir.Au fond,j'avais bien raison : nous ne nous recroiserions visiblement jamais plus,et nous nous oublierions,reléguant cette nuit à un incident banal,sans saveur,couleur ni sens.
Pensivement,j'en revins à l'examen de la route pavée qui adoptait désormais une pente douce.Tant de trajet encore ! Et ce cheval qui ne pouvait accélérer l'allure.Fichtre,j'allais devoir abattre mes cartes.


-Felton,fis-je en un souffle,grave.Ethan Felton.

Et là,comme toujours,ça allait dégénérer.Dingue,comme le fait d'avoir été adopté par Lord Cutler Beckett et de participer avec enthousiasme aux activités de la EITC pouvait provoquer la naissance dans le coeur d'autriui du dégoût,de la peur ou encore de l'incrédulité.Comme d'habitude,la britannique ne m'éviterai pas les yeux éberlués et les "non,c'est pas vrai,vous êtes LE Ethan Felton ?".Nan,je m'amusais à prendre un pseudo,comme ça,pour le fun de me payer la tête des gens.Admiration ou horreur,voilà où se localisait le dernier fief du doute.En ayant plutôt soupé de tout ces sceptiques capables de songer que je ne connaissais pas ma vraie identité -relire la question précédente si vous en doutez-,j'embrayais.

-Et vous ? Il serait tout de même dommage que je ne puisse faire correspondre un nom à la belle de nuit ayant failli être piétinée par mon destrier.

L'art et la manière d'allier l'agréable -"belle de nuit",quel joli compliment,non ?- et le déplaisant -l'image de son corps écrasé au sol,baignant dans son sang et encore agité des derniers soubresauts de la douloureuse agonie.Tout moi,ça.À tel point que la dérision avait teinté quelque peu mes ultimes propos.Et que dans le noirs,mes iris d'un bleu si intense brillèrent subrepticement.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Lun 28 Juin - 18:04

[HJ: Rhooo, mais c'est pas graaaave ^-^ *la déterre, na ><*


Si elle en avait quelque chose à faire de la manière dont il s'appelait ? Non. Pas plus que ça. C'était quelque chose dont elle se fichait royalement. C'était aussi important pour elle que de voir un oiseau voler dans le ciel ou voir les vagues s'échouer sur la côte sableuse. Une question comme ça, pour le fun. Quelque chose d'anodin que l'on faisait la plupart du temps. Cependant, il était toujours intéressant de savoir à qui l'on s'adressait précisément lors d'une nouvelle rencontre, aussi désagréable soit elle. Oh, Sarah ne voulait pas savoir ce genre de choses pour dire dans la rue: "ah ! Je le connais, moi ! Je lui ai déjà parlé, moi !". Non, elle le gardait pour elle, par simple intérêt personnel. Vous n'avez qu'à deviner, bandes de petits curieux que vous êtes ! Je ne vous dirais qu'une chose: la vie n'est pas facile. Encore moins lorsque l'on a quelqu'un qui pourrait vous mettre facilement des bâtons dans les roues. Comme ce jeune homme, de l'autre côté du cheval blessé.
Ethan Felton. Le garçon adopté par Lord Cutler Beckett. Que son nom était connu à Port Royal ! Aussi bien que son paternel adoptif. Avec la même crainte, en plus. Du moins du milieu dont venait la jeune femme. Cela pouvait paraître bizarre, mais ne l'ayant jamais vu (sans blague ! Si elle lui avait posé la question précédemment, ce n'était pas pour rien !), elle l'avait imaginé un peu plus grand. Je veux dire, plus âgé qu'elle, son caractère froid et méprisant ayant déjà fait le tour de la ville. Mais il est vrai qu'avec son âge à peu près similaire à celui de voleuse, il était pas mal dans son genre. Désagréable comme pas deux, elle se demandait d'ailleurs comment elle faisait pour se contenir. Mais à croire que l'annonce de son nom n'avait pour unique effet que d'apaiser son esprit. Un sourire même apparu, timide, sur le bas de son visage. Hum. Si elle avait su qu'elle le rencontrerait. Et dans ces circonstances, de plus ! Mais ce cher Felton ne savait rien d'elle. Rien, de chez rien ! Et il ne saura rien avant longtemps, à mon noble avis. Pas envie de la dire. De dire ça vie. ça ne le regardait en aucunes façons, non mais !
C'était fou comme un simple nom pouvait enlever une haine et laisser place à la rigolade d'un instant. Au fond, elle était joyeuse, sentant que les minutes suivantes n'allaient être que des plus amusantes à vivre et à observer... Mais physique, elle était indifférente, son sourire une fois effacé, elle reprit pratiquement la même attitude qu'avant. Morne.
Les yeux braqués vers le sol pavé de la rue qu'ils traversaient, miss Ledermann répondit le plus naturellement du monde, sans aucuns défaut ni complexes:


-Miss Julia Steven.

Ah ! ce fameux nom ! Elle l'utilisait très fréquemment ces derniers temps. En effet, sa dernière tendance était de s'incruster chez des nobles et toutes autres personnes possédant une bonne petite fortune chez eux, en se faisant passer pour la petit-fille d'un comte venu passer quelques semaines sur l'île histoire de parler affaires. Bien évidemment, personne n'en avait entendu parler, ledit compte n'ayant jamais existé où que cela soit ! Mais ce contexte pouvait-il être appliqué ici ? Les oripeaux que Sarah portait n'était pas franchement du goût des bonnes petites fifilles à papa. Beuha, on pouvait toujours trouver un prétexte quelconque. A chaques problèmes on peut trouver une solution. On peut, j'ai bien dit. Elle ne connaissait pas le caractère d'Ethan, ni ses dispositions à "capté" les mensonges. Mais dans sa félécité, elle ne se trouvait aucuns tic ne pouvait donner un indice sur sa supercherie.
Quoi ? Vous pensiez sincèrement qu'elle allait dire sa véritable identité ? Hé ! Il n'y a pas marqué "folle suicidaire" sur son front ! Elle s'était peut-être fait oublier grâce à cette nouvelle identité temporaire, mais les faits étaient toujours présents. Et puis, ça l'amusait, de voir jusqu'où elle pouvait aller dans ses mensonges jusqu'à se faire avoir. Qui sait, peut-être qu'avec Ethan, elle franchira cette limite, étant un homme intelligent. Ou peut-être pas.
Sa main vint se poser sur le coup de la jument, le caressant doucement. Dans ce geste, la voleuse voulait comme encourager l'animal. Lui redonnait confiance. Après, quant à savoir si elle captera ce message... Elle ne savait pas vraiment pourquoi ce cheval avait été dressé. Pour la guerre ? Ou bien pour de simples balades comme venait d'en faire son cher et tendre (*tousse*) maître ? Quelle idée de sa balader ici la nuit, aussi. Bien que l'endroit soit calme et paisible à cette de la nuit, le sable n'est pas forcément plat. Sans oublié qu'un cailloux ou autre objet malencontreux pouvait se trouver sur ce chemin sablé et successibles de blesser la belle bête. N'empêche... Quelle torture cela doit être pour lui de devoir revenir sur ses propres jambes jusqu'au fort ! Bien fait Cool Et surtout en compagnie de Sarah. Quoi que, sur ce point il n'avait pas tellement à se plaindre. N'était-ce point lui qui lui avait demandé si elle voulait l'accompagner dans sa marche ? Ah mais.Maintenant, ce n'était pas la peine d'être désagréable si cela lui gênait. Quoi que, si dès maintenant cette petite entrevue continuait sur le même ton froid, la jeune femme s'en fichait pas mal. Ayant trouvé un petit quelque chose pour l'occuper et se distraire quelques temps, jusuqu'à ce qu'ils se séparent. Ou même après... Car qui sait, peut-être seraient-ils amennés à se revoir plus tard ? Quoi ? Si elle souhaitait. Oui... Non... Enfin ! Elle n'en savait trop rien, pour ne pas vous cacher la vérité. C'est qu'il était séduisant, tout de même...


-Elle est vraiment belle, avoua-t-elle, le regard perdu sur la jument.

C'était une simple observation, ne cherchant pas une réponse de son interlocuteur. Une uniquement pensée à voix haute et intelligible. D'ailleurs, ses yeux était dans le vide.
était bien entretenue, de surcroit. Le pelage doux, propre. Oui, s'il l'on lui avait dit que ce n'était pas un cheval de noble, elle ne l'aurait pas cru un seul instant. C'était beaucoup trop flagrant. Trop frappant pour ne pas le remarquer. A moins d'être complètement bigleux ou aveugle.Ce qu'elle aimerait monter sur un cheval de cette qualité... Sans aucuns doutes qu'il devait avoir une bonne endurance. Les nobles pouvaient se permettre d'acheter ce genre d'étalon. Fondre dans le vent, le laisser frôler vos joues avec douceurs, vos cheveux volant derrières vous... han, le rêve ! Mais malheureusement, celui fait faisait partit des nombreux rêves dont elle devrait se passer pour le moment. Il y avait des choses nettement plus importantes à faire que de rêver, de toute façon. Et puis, c'était bien rare qu'un rêve se réalise vraiment, à moins d'un miracle. Ou d'un peu d'argent. Comme quoi, l'argent était essentiel dans cette société. Sans argent, on ne pouvait rien avoir. Pas de nourriture, pas de foyer... Pas de loisirs... Pas de vie, enfin ! L'argent ne fait pas le bonheur... Ah ! La bonne blague ! Regardez tous ces gens dans la rue, sans rien pour vivre convenablement. Vous croyez qu'ils ont l'air heureux avec cette mine renfrognée et cette envie qu'ils vous donnent de les aider mais malheuresement vous ne pouvez pas ? Pff. Je ne vous donne pas une semaine à pouvoir vivre comme eux ils le font ! Comme Sarah le fait, également. Comme quoi c'était un crime d'essayer de vivre. Si vous saviez le nombre de personnes que l'on envoyait à la potence uniquement pour être assit dans la rue et soit disant "gêner" les passants. C'était surtout les nobles qui se plaignaient, quoi ! On revenait toujours à la même idée, celle tronant dans son esprit: au lieu de traîter les plus pauvres comme des moins que rien, comme des ordures, ils feraient mieux d'essayer de les aider, ou du moins de ne pas faire en sorte que leurs conditions de vie deviennent encore plus atroces qu'elles ne le sont déjà.
C'était aussi pour cette raisons qu'elle les subtilisait leurs biens. Outre pour son propre conforts, la miss voulait leur montrer que un, ce n'est pas parce qu'on est une femme qu'on est forcément plus faible qu'un homme, et deux, vous voulez pas nous aider ? Et bien tant pis, vous m'aiderais mais indirectement. Un sorte de petit réglement de compte, en somme. A sa manière. A son propres amusement. Certes utiliser des actes de pirateries n'est pas ce que l'on peut appeler la "bonne méthode", mais on fait avec ce que l'on a, hein !
Hum, bref. Et si nous en revenions à l'instant présent ?
Toujours ne train de caresser le cheval, décidemment bien calme malgré sa blessure à la patte, les yeux de la miss passait du chemin devant eux au jeune homme qui guidait cette fameuse marche d'une nuit. On voyait nettement, lorsque ses iris brillait sous les éclats d'une lengterne, qu'elle attendait avec une certaine hâte et une certaine impatience la suite des évennements. Est-ce que son rôle de jeune femme venant d'une bonne famille allait être convainquant avec lui ?
Rhololo, que des suspence, je vous le dis, moi ! Malheureusement pour vous, il va falloir que vous attendiez quelques postes avant dans avoir la réponse. Da,s beaucoup, pas beaucopu de postes ? Qu'en sais-je ! De totue façon, vous n'avez qu'une seule chose à faire à partir de maintenant: attendre ! Dommage pour vous, n'est-ce pas ? :p
ça blessure avait cessée de baigner sa chemise de sang. Autant vous dire que cela n'était pas trop ! Si l'hémoragie avait continué, elle se serait sans doute vidée de son sang et tombé dans les vaps en moins de temp qu'il n'en faut pour le dire. Le liquide brillant rouge profond qui avait coulé le long de son bras allait sans doute séché. Tant pis, elle nettoyerais tout ça. D'ailleurs, on pouvait voir quelques goutelettes sur sa main, mais rien de vraiment affolant. Ce n'est pas comme si elle s'était fait couper ou transpercer le bras ! On en arrivait encore à cette extrémité là, encore heureux pour elle !





[HJ: *respiiiiire enfin XDD*]
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Dim 15 Aoû - 13:06

Julia Steven... Jamais entendu parler.Enfin,peut-être que si.Ma position sociale m'offrait le loisir,lorsque les tâches administratives allant de paire avec elle me le permettaient,de me lancer dans un jeu très amusant : celui des relations publiques.Vous connaissez sûrement quelqued clichés issus du genre : gentes damoiselles se promenant au bras de nobled damoiseaux toujours bien pensants,devisant de tout et de rien.Lui lui cite de la poésie,l'air de s'y connaître sans faire mine de se valoriser.La belle sourit timidement,rit parfois de manière charmante,et derrière eux,à cinq ou six pas de là,une gouvernnate,endossant pour l'occasion le rôle d'un austère châperon,suit d'un regard bienveillant le platonique couple.Et bien je vous jure que ces trois-là,autant qu'ils sont,font de la relation publique,et pas qu'un peu.Le jeune homme s'assure une place au soleil pleinement payée par la fortune paternelle dont il croquera un large morceau en épousant sa fille.Quant à la miss,et bien elle s'accroche au premier prétendant venu un peu bien de sa personne,beau parleur et agréable qui lui permettra de ne pas finir ses jours comme tante Gwladys,c'est-à-dire vieille fille.L'employée de maison,dans tout ça ? Il est vrai,je vous l'accorde,que les domestique ont un très petit rôle dans la sphère mondaine,relégués aux cuisines et aux mansardes.Il n'empêchait que cette brave dame doit bien avoir une petite idée de ce qui adviendra par la suite : l'enfant de ses employeurs mariée à un mari volage mais faisant toujours bonne figure en public.Elle,elle ne faisait que surveiller.Et applaudir des deux mains le jour de l'hymen.Puisque tout le monde sera -relativement- content ! Et elle aussi,qui aurait gardé son emploi.
Bienvenue dans l'envers du décor,mes amis ! Vous pensiez aux bals,aux réceptions merveilleuses où tous et toutes arboraient leurs plus beaux atours,auxquels s'ajoutaient d'agréables sourires ? Le palais du faux,de l'hypocrisie et de la vanité vous ouvrait ses portes.On n'entreprend jamais rien pour rien dans cette vie.Ainsi,ces dames dépensaient dez fortunes en robes et poudres dans l'espoir d'obtenir des faveurs d'un aristocrate plus annobli qu'elles.Ces bons messieurs,avec leurs poignées de mains,cachaient plus ou moins habilement l'appétit d'argent,la soif de pouvoir,et tant d'autres défauts encore.Pour dire vrai,et je l'avoue sans mal,cela me blesse joliment la gorge,les seuls honnêtes en ce bas monde résidaient dans la classe pauvre,voire pirate.Eux au moins,leurs tarres,ils les portaient haut et clair,sans se cacher derrière des masques et des courbettes.À un tel point qu'une jambe de bois,un cache-oeil justement mérité ou l'épave d'une gallion espagnol reposant au fond de l'océan suite à leur passage valait autant de médailles qu'un général ne pourrait jamais en acquérir sur un champ de bataille.Mais j'ai aloué assez de lignes à ces chiens galeux.Car si ces derniers pouvaient au moins se vanter de jouer la carte de la sincérité un peu moins souvent que nous autres bien nés -enfin... il s'agit d'une périphrase un peu inappropriée dans mon cas,je vous le concède-,d'autres se révélaient aptes à concourir pour le rôle de bien pensant.Je pense à tout ces nobliaux de province n'ayant jamais mis les pieds à la cour,et se tenant éloignés de toute politique,toute intrigue.Leur ambition demeurait bien souvent au rang d'embryon pour les plus candides d'entre eux,alors que la vie simple de la campagne,avec son calme et ses joies buccoliques.Alors vous imaginez,un beau jour lancés dans le grand bain des soirées où seuls les plus en vue entraient ! Généralement,de ces êtres aussi ignorants du monde que rapidement corrompus par l'appât du gain,on n'entendait pas souvent parler,sauf lorsque l'un d'entre eux réalisait une bonne alliance,ou chutait plus bas que terre.Conclusion : c'était plutôt un point positif que je ne connaisse pas cette Julia.Pour moi : au moins je ne traînais pas de mon plein gré avec des personnes peu recommandables hors mes heures d'astreinte à la EITC.Et pour elle : en connaissant son passé,je n'aurais sans doute pas résisté à l'envie malsaine de glisser un petit quelque chose à propos d'un évènement faisnat plus ou moins tâche dans sa famille.Et ne me dîtes pas qu'il arrivait,rarement mais tout de même,que quelqu'un n'ai strictement rien à se reprocher.Cela voudrait dire alors que vous ne m'avez pas lu avec assez d'attention,ou que vous êtes définitivement trop ingénus pour vivre dans le même monde que moi.


-Oui,nous avons fait une assez bonne affaire en l'obtenant,répliquai-je,assez évasif,l'argent n'ayant pour moi qu'une valeur bien peu reconnue par ceux désireux de s'octroyer une image de saint : celle d'un moyen comme un autre d'arriver à ses fins.Ce qui ne l'a pas empêchée de se fouler la cheville et de n'être plus bonne à grand chose.

Oui,il m’arrivait quelque fois d’employer la seconde personne du pluriel pour me désigner.Une manière sans doute de me rassurer,auraient diagnostiqué les psychologues de votre siècle.De me rappeler que j’avais une famille,ou ce qui y ressemblait assez pour me permettre d’user d’un tel pronom.Que j’appartenais à un tout,que quelqu’un m’attendait,là-bas,au bout de cette rue n’en finissant pas.Marcher,quoi qu’étant une activité que je pratiquais pour le moins la plupart du temps –et oui,il est difficile de se déplacer en carrosse dans les couloirs d’un fort,si vous ne l’aviez point supputé au premier abord-,me rappelait toujours un peu ma vie d’avant.D’avant Beckett,d’avant les fêtes,d’avant le pouvoir.Il n’y avait que les pauvres et les inaptes à s’élever socialement,pour marcher d’un point A à un point B.Je n’étais ni l’un ni l’autre,Dieu m’en garde.
Par contre,ma chère jument,elle,perdait au fil des minutes le peu d’attrait dont mon caprice de jeune homme fort bien pourvu en livres sterling l’avait couronnée.À chaque pas,cette dernière,d’un boitement des plus disgracieux,penchait maladroitement sur le côté,avant de compenser son poids sur sa patte valide.Un exercice sans doute douloureusement fastidieux pour elle ;plus qu’irritant pour moi,qui n'avait pas l'intention de m'atarder jusqu'à l'aube au dehors.Dire que sans cette demoiselle,je serais déjà chez moi,devant un bon feu,sans doute à baverder avec le Lord,un verre de Brandy quinze ans d’âge en main ! Ou bien encore sur cette plage,à tutoyer les vagues,narguant la Lune toute puissante en un tourbillon de sable soulevé par le rythme effréné de ma course.Grisant,comme le suposait mentalement la fausse Steven ! Avec raison,car l’équitation était vraiment un sport épatant.Enfin… Quand on possède un cheval en état de galoper.Sinon,c’est avec ses deux jambes que l’on déplace,sans grande vitesse,sans étendues sauvages défilant devant vos yeux.Et après,on nous reproche,nous autres riches,de ne plus supporter les plus démunis et leur affligeante indigence… Franchement,donnez-moi deux minutes,et je vous convaincs de ne plus jamais adresser la parole à un être nécessiteux ! Montre en main,mes bons amis.
Bref,si notre invitée surprise désirait s’asseoir sur ma monture,bah elle pouvait toujours courir.D’un,mon bien ne s’avérait pas en état de supporter son poids,aussi léger soit-il.De deux,je n’étais pas descendu des hauteurs de Port Royal pour faire faire du poney à une nobliotte sortie à une heure peu convenable,et de plus ne portant pas de robe adaptée à pareil sport.Ce n’était pas le début de conversation bon enfant qui ferait de nous des amis.Elle le savait.Je le savais.Tout ceci deviendrait un souvenir,sur lequel d’autres s’empileraient,et c’est tout.Je n’ai jamais été un sentimental,et sans doute était-ce la même chose du côté de l’anglaise.À bavarder ainsi,nous ne faisions que perdre du temps,activité me rendant assez morose.Ou alors devais-je incriminer la chute d’adrénaline résultant de la fin de ma galopade sur la plage ?


-Tout a un prix,murmurai-je comme pour moi-même.Mais peu de choses revêtent une véritable valeur.

La définition-même des relations publiques,auxquelles je m’adonnais en compagnie de la demoiselle,sans trop m'en rendre véritablement compte.Et mon cheval en ferait certainement les frais : alors que je l’avais obtenu après avoir déboursé plusieurs centaines de livres,il ne vaudrait bientôt plus que la balle qu’on lui logerait dans la tête afin d’abréger ses souffrances si sa blessure ne guérissait pas complètement.Gâcher ainsi du temps –le temps des palfreniers-,de l’argent et des efforts -toujours ceux des mêmes palfreniers- m’était particulièrement désagréable.Comme vous l’aurez sans doute remarqué,je n’étais pas très porté sur la bonne humeur,que ce soit à l’ordinaire, ou précisément en cette soirée.

-Quoi qu’il en soit,repris-je avec une neutralité teintée d’un lointain dédain,vous feriez mieux de soigner cette plaie.Accident de couture,j’imagine ?

Oui,j’avais remarqué le rouge sur ses vêtements.Même en venant d’une famille nantie,on peut tomber sur des personnes peu recommandables lorsque l’on sort tard la nuit.D’ailleurs,bien que la mode soit à imiter la pitoyable histoire d’Elizabeth Swann,fille de l’ex-gouverneur Weatherby Swann,une pareille entaille avait dû être gagnée lors d’une échauffourée plutôt violente.Même bercées de stupides rêves de liberté et de piraterie,les bourgeoises et autres filles trouvant leur vie trop corsetée devaient bien garder un semblant d’instinct de survie.Le genre de petite voix au fond de leur tête les mettant en garde contre les rulles trop sombres ou les bouges où elles avaient de fortes chance sde tomber sur des marins ivres aux mains baladeuses.À moins que ces dames ne soient totalement stupides,ce qui était plus souvent le cas que ce que l’on pouvait penser.
Dans quelle case ranger Julia Steven,voilà où résidait toute la question.Me traiteriez-vous de paranoïaque si je vous confessais que ma curiosité,seul amusement intemporel au sein de la caste noble,me portait aux lèvres moultes questions quant aux circonstances dans lesquelles une femme peut obtenir une semblable meurtrissure ? Beaucoup de demoiselles dans son cas se seraient simplement assises par terre,en pleurs,attendant que les domestiques de leurs parents finissent par l& retrouver et les conduisent dans leur manoir.Eelle,elle ne cillait même pas sous le coup de la douleur.Courageuse... Ou menteuse comme pas deux ? Cela dit,mettre en doute sa parole,ou du moins les apparences qu'elle offrait si vite aurait mis en évidence un manque de savoir-vivre dont je n'étais point victime.Je trouvais juste cela... Etrange.Beaucoup de choses tout à fait banales le sont.D'autres,au contraire,se révèlent suspectes,par la suite.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Sam 11 Sep - 17:37

Le premier mot d'une remarque acide faillit s'échapper d'entre ses lèvres, mais ne le fit pas, lui faisant simplement ouvrir la bouche d'un demi-centimètre. Comme si cela était de la faute de cette jument si cette dernière c'était foulé la cheville ! Cela avait été à lui de faire attention, non mais... D'un côté, il avait tout de même eu de la chance de ne pas avoir "écrabouillé", piétiné Sarah. L'animal aurait pu avoir quelque chose de pire qu'une simple foulure. Au fond, il n'y avait là rien de bien grave dans ce qu'il venait de se passer. Si un homme arrivait à être parfaitement en forme après avoir un bras ou une jambe de cassée, pourquoi n'en serait-il pas de même avec un cheval ? Je vous l'accorde, je n'y connais pas grand-chose en ce qui concerne ce bel et somptueux animal, mais cela paraissait quelque peu logique, bien qu'ils soient plus fragiles que nous, êtres humains. En fait, la rancoeur de la jeune femme venait des termes et de la façon dont Ethan avait tourné sa phrase. Comme s'il ne s'agissait là que d'un simple objet que l'on jetait une fois usé et ne servant plus à rien. Dans la classification des êtres vivants, ces destriers en faisant partie, il me semble. N'allez pas croire que Sarah était une fervente défenseur des bêtes qui nous entoure, mais disons simplement que son instinct de... petite fille ? Gamine ? Ressortait. Ou alors son côté doux et sensible caché bien au fond dans son âme et donc de sortir que très rarement. Mais il fallait comprendre aussi que là, c'était particulier.
Holà. Jamais l'idée de monter sur la jumelle n'aurait eu l'idée de traverser son esprit. Rien qu'en la voyant, cela ne pouvait se concevoir, pour sûr.

Ciel, les rues étaient bien calmes ce soir. Pas d'hommes complètement cuit ayant ingurgité plusieurs dixaines de bouteilles d'un tort-boyaux prosaïque des caraïbes aussi nommé Rhum. Pas de cris de rire, de chants pouvant provenir des tavernes environnantes. Rien. Les habitants des bas-quartiers feraient-ils plus intentions ces derniers temps ? Bouerf. Avec les restrictions de Lord Beckett pouvant mettre tout le monde en prison pour un rien, forcément on ne se manifestait pas trop dans les rues de Lord Beckett. Encore que, si on le voulait vraiment on pouvait sans grand tout chambouler. Mais il est vrai que l'on pouvait avoir plus de chance de se faire avoir lorsque les badauds se fessaient rare que quand il y avait une foule monumentale où le seul moyen pour pouvoir passer était de se faufiller et pousser quiconque se trouvait sur votre passage. Et la chapardeuse en savait quelque chose, croyez-moi !


-Un accident de couture ? Répéta-t-elle avec un certain rire moqueur. Et comment aurai-je pu me couper de la sorte et surtout à cette hauteur de mon bras en cousant un vêtement quelconque ? Ma foi, vous n'avez jamais regardé une femme qui pratiquait cette chose qu'est la couture, et encore moins vu une aiguille de votre vie pour dire de pareil absurdités.

Si ça, ça ne s'appelait pas être franc et direct... Bah, au moins, vous ne pouvez pas dire qu'elle mâchait ses mots. Jamais. Autant dire ce que l'on pense en face de la personne concernée et en rire sur l'instant que derrière son dos. Car enfin, là, il y avait de quoi ! Même si cette question pouvait être ironique au fond, l'envie de rire était plus palpable qu'autre chose. Une simple aiguille n'aurait jamais fait une telle tâche de sang sur sa chemise, ou alors rien qu'un petit point. Hey ! On n'utilisait pas de couteaux ou un autre accessoire de ce genre pouvant faire une pareil entaille. Si vous avez tout lu, vous savez d'où vient cette blessure, fidèles petits lecteurs ! Comprenez pourquoi je m'esbaudis ainsi..

-Mais puisque ce rouge semble vous perturber un tant soit peu, je vous dirais simplement qu'il s'agit là d'un accident de passage. Rien de grave là-dedans, je n'aurais plus qu'à la nettoyer une fois que j'aurais sous la main le matériel adéquat pour ce genre de choses.

De l'alcool, un tissu et le tour et joué mes amis ! Comme elle venait si bien de la dire, il n'y avait là rien de quoi s'alarmer.
Bon, sur le coup, j'avoue que miss Ledermann l'avait un peu cherché en rigolant ainsi de lui... Mais c'était si tentant ! La mépriserait-il encore plus qu'il ne le faisait déjà ou bien trouverait-il une façon de lui rendre la monnaie de sa pièce ? Quoi qu'il en soit, un gémissement l'extirpa de ses pensées.

En effet, la jument venait de pousser un cris un peu aigüe, signe de douleur. Erf. Le fort n'était pas non plus tout près, il n'allait pas continuer à marcher comme ça et la faire souffrir encore plus ? Mais nous ne somme pas au XXème siècle malheurseument, et les remorques à chevaux n'existe pas, le seul moyen de les ramener chez soit restant la marche à pied. Hum. La pauvre. Les yeux de Sarah se baladèrent un peu partout et se posèrent immédiatement sur un bout de boit qui traînait là.


-Attendez !

Une fois la petite troupe arrêtée, elle s'accroupit pour prendre le bout de boit en question dans sa main, pour ensuite sortir le bas de sa chemise de son pantalon et en arracher le contour. Ce n'était pas ce qu'il y avait de plus, mais bon, on fait avec ce que l'on a ! Ce qu'elle voulait faire avec ça ? Maintenir la patte de la jument en plus en évitant qu'elle bouge dans tous les sens. Elle se courba donc à nouveau, mit le bout de bois délicatement contre la peau de l'animal et y entoura le tissu blanc pour y faire un noeud au bout. Au moins, cela arrangerait un peu les choses... Elle noua ensuite le reste de sa chemise, laissant son ventre plat à l'air libre de la nuit. Vite fait, bien fait.

-Peut-être comme ça vous pourrez espérer marcher un peu plus vite, bien qu'elle soit encore faible.

Oh ! Comme c'était mignon ! Elle donnait la possibilité à ce cher monsieur Felton de rentrer chez lui un peu plus tôt, puisque cela semblait le gêner d'ainsi perdre du temps. N'était-elle pas serviable, cette petite ? Enfin, elle faisait plus ça pour sa monture que pour lui.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mer 29 Sep - 20:02

L’insolence de la belle me piqua au vif.Ce genre d’attitude,je ne le rencontrais que trop peu à mon égard,alors que tous tombaient littéralement ou presque à mes pieds,pour un regard,un mot,une faveur,la simple et désuète espérance d’obtenir autre chose de moi que de la condescendance méprisante.Et cette fille,cette inconnue à peine débarquée dans ma vie se permettait de jouer au plus futé avec moi,fils adoptif d’un homme aussi puissant qu’un Ministre,et tout aussi capable de l’envoyer à la potence que mon illustre mentor.Bon,certes,l’outrecuidance aurait fait un peu léger au paragraphe des chefs d’accusation.Une simple peccadille nullement punie par la Loi… Contrairement à d’autres griefs,comme par exemple l’usurpation d’identité.Et pourquoi se prétendait-on faux noble,je vous le demande ? Pour commettre quantité de délits et bon nombre de crimes,activités répréhensibles offrant de superbes prétextes pour recommander un passage auprès de nitre bourreau dans les plus brefs délais.Si je ne possédais encore aucune preuve véritablement tangible de la duperie dont la miss tâchait de me faire profiter pleinement,ma première impression me collait à la peau,alors que mon intuition me laissait entendre de plus en plus souvent que quelque chose clochait.Au moins pourrais-je laver l’affront que m’avait causé la prétendument dénommée Julia (aha,tient comme par hasard 8D *loin*).

-Vous admettez donc avoir entrepris des occupations n’allant nullement de pair avec votre rang,et encore moins avec la Raison,lui assénai-je d’une voix froide,sans doute un trop clair symbole de ma légère vexation.

Voilà.Je ne dévoilais pas de trop mon jeu –à savoir je ne l’accusais pas encore d’escroquerie et de mensonge éhonté-,mais je lui signifiais clairement que son joli conte,aussi adorablement bien ficelé qu’il fût,ne me convainquait pas comme tous les crédules à qui elle l’avait vendu.Une preuve de mon indépendance intellectuel,de ma fierté d’homme maître de son destin lui témoignant clairement que rien,ni sa finesse d’esprit,ni son phrasé vif,ni même toute la sincérité dont elle pourrait faire preuve ne me toucheraient.Je n’aimais pas qu’on me prenne pour un imbécile.Un,car toute personne se respectant un minimum possédait un orgueil pouvant se froisser au moindre titillement de la part d’autrui,et qu’encaisser les crasses sans piper mot aurait été preuve de faiblesse et non d’intelligence pacifique.Et deux,car bon sang de bonsoir,je n’étais pas un crétin,contrairement à ce que la brunette sous-entendait.


-Alors de deux choses l’une,continuai-je,toujours aussi dur,comme pour exorciser cette gifle mentale si détestable.Soit l’irrespect dont vous faîtes actuellement montre envers ma personne s’applique également à l’éducation que vos parents vous ont octroyé.Dans ce cas,je les plains,car avec une femme comme vous,et un soupçon d’obéissance,il n’y aurait strictement rien à redire.

Par Dieu,enfin une demoiselle ayant assez de cervelle pour éviter de passer pour un pot de fleurs ! Adieu le « soit belle et tais-toi » qui rendait les plus belles narcissiques,les plus laides midinettes,et les simples d’esprit plus qu’assommantes ! Mais non,il fallait que toutes veuillent se mettre à l’escrime,singent cette stupide Elizabeth,laissent ces messieurs bien élevés et portant la perruque dans le plus grand désarroi car privé de tout parti auquel demander sa main,et déshonorent enfin tout un patrimoine fait de traditions et de bienséance allant de pair avec la culture britannique.Corset ne voulait pas forcément dire prison,mais également gage de noblesse de cœur,d’amabilité,de pureté,d’élégance.Des choses tâchées par le sang de cette pseudo-aventurière assez inconséquente pour s’amuser avec une lame au lieu de s’adonner à des loisirs alloués à son sexe,et assez maladroite pour s’y blesser.Franchement,si nous,le beau sexe,leur interdisait ce que nous pratiquions chaque jour,il y avait bien une raison.Certes,nous ne les connaissions pas assez pour pouvoir trancher sans l’ombre d’un doute de ce qui leur convenait ou non.Mais nous connaissions le danger,et donc les moyens les plus adéquats pour protéger ces délicates créatures.Car oui,même si cela ne se voyait pas,nous les aimions,elles nos futures épouses,les prochianes mères de nos enfants,les bras doux et tendres qui s’ouvriraient pour nous au retour des batailles ou dans les moments durs,alors que les mythes courant à notre sujet –bravoure,des yeux dénués de toute larme- nous contraignait à ravaler la moindre forme d’émotion.

Alors,toujours aussi certaines qu’être un homme n’avait que des avantages ?


-… Soit vous maniez le mensonge mieux que nous ne vous débrouillez en tant que bretteuse.

Je ne m’attendais à rien de spécial.La Stevens pourrait démentir.Se récrier.Me rire au nez.Il n’empêchait que je me faisais plus confiance à moi qu’à elle.Jusqu’ici,mon conscient ne m’avait jamais trahi,et je ne voyais vraiment pas pourquoi il aurait commencer en cette nuit,aussi insolite puisse-t-elle être.

Comme pour me donner raison,la jeune femme se mit en tête de soulager la douleur de mon cheval.Non pas que dans ma vision des choses,une femme de la haute société ne puisse éprouver de compassion assez sincère pour venir en aide à une créature souffreteuse –si,aussi étrange que cela puisse paraître,certaine savait ôter leur masque d’hypocrisie pour éprouver de véritable émotion,loin des fards et de la fierté.Mais une grande dame,comment dire…

Pour commencer,Julia se baissa.Et ça,même sous la torture,les membres de sa caste évitaient : on ne savait jamais où les regards de ces messieurs allaient se poser… Par chance pour elle,je n’étais pas du genre à profiter de chaque mouvement de son jupon pour tâcher de me rincer l’œil.J’avais peut-être failli la tuer,ce n’était pas pour lui manquer de respect quelques dizaines de minutes plus tard,aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Puis elle ramassa du bois.Soit un objet ayant demeuré jusque là sur le sol.Un sol sale.Là où d’autres avaient marché.Peut-être craché.Eventuellement dormi.Et d’autres choses encore plus dégoûtantes dont nous vous éviterons la liste ignominieuse.Alors d’accord,la miss ne portait pas de gants blancs pouvant se tâcher,ce qui lui permettait de poser les doigts sans crainte sur les débris.Mais qu’en était-il donc de cette répugnance quasi instinctive que possède tout bien né à l’égard de ce que le petit peuple peut approcher de près ou de loin chaque jour ?

Bon oui,encore une fois,j’avais pu mettre la main,tel un explorateur sans peurs ni vertus,sur la seule aristocrate au monde à tenir plus de la servante que de la princesse.Encore une fois,la simple exception à la règle que représentait la fiancée de Will Turner nous forçait à imaginer le plus invraisemblable,au lieu de simplement nous moquer d’une pareille éventualité.Toujours ce doute,cette infime chance que les apparences soient ou non trompeuses selon le point de vue adopté.


-Et doublée d’une bonne Saint-Maritaine,de surcroît… concluai-je en levant les yeux au ciel.

Contrairement à tantôt cependant,je ne me moquais plus,ni ne me voulais incisif.En fait,elle était assez étonnante,comme fille.Tellement inhabituelle.Mieux valait demeurer neutre et la regarder faire.Profiter du spectacle,si vous préfériez.Et m’adapter en conséquence,plutôt que de fanfaronner avec de grands airs.C’était ça aussi,le talent.Être apte à faire face à toutes les situations possibles et imaginables.


-Dîtes-moi donc Julia,existe-t-il donc une chose dont vous ne soyez pas capable… ?

Sans doute se montrer déférente et gentille à mon égard ! Ah,mais je n’allais pas lui voler les mots de la bouche.Par dessus le dos de ma monture,je lui lançais un coup d’œil en biais,juste pour voir si elle allait enfin demeurer fidèle à son personnage,et me demander froidement de n’usiter que de son patronyme.Juste pour qu’elle se fasse mauvaise.Le pur reflet de ma propre âme.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mar 26 Oct - 18:18

Même le meilleur des acteurs au monde ne pouvait être parfait lorsqu'il revêtait le costume d'un autre personnage. On avait toujours des tics, des choses qui faisaient qu'on ne pouvait pas quitter entièrement l'être que l'on était réellement. Il y avait aussi un manque de connaissance sur un certain sujet, qui faisait qu'il nous manquait ce petit quelque chose. Là, en l'occurance, ce qu'il manquait à la jeune femme n'était autre que quelques formes de gestes, de principes que n'importe quel noble de bonne souche aurait remarqué à la minute qui suit. Ces choses-là, on vous l'enseignait déjà petit, afin qu'elles rentrent dès le plus jeune âge dans votre cervelle, aussi petite soit-elle. C'est bien l'une des seules, d'ailleurs... Car que savent réellement les dames de ce monde qui les entourait ? Ce qu'on voulait bien leur apprendre, point. Ce qu'il fallait pour devenir une grande dame et un bon chien-chien obéissant à son mari. Les jeunes filles de nobles avaient une éducation très précise, qui les rendait idiote. Idiote dans la société où elles vivaient. Ainsi, elles méprisaient les plus démunies, sans savoir pourquoi. Elles faisaient ce qu'on leur avait toujours dit d'êtres. Sarah avait pu les observer tout au long de sa vie. Connaître à peu prêt leur façon d'agir. A peu près, j'ai dit... Elle ne pouvait pas tout savoir de ce monde auquel elle n'appartenait pas, Dieu merci. L'éducation qu'elle avait reçu ne dépassait pas les limites de comment lire et écrire, compter. Mais ce qu'elle savait aujourd'hui, elle l'avait vu de ses propres yeux, l'avait vécu. La meilleure leçon n'est-elle pas la vie ?

Mais la brune le sentait. Ethan ne la croyait pas entièrement. Sur le coup, une légère perte de conscience en elle naquit. Si elle faisait le moindre pas de travers, ce qu'elle avait commencé se terminerait bien trop vite à son goût. Et l'amusement avec.


-Vous prenez décidément tout au quart de tour, mon cher. Répliqua-t-elle, sérieuse. On doit terriblement s'ennuyer avec vous...

ç'avait été trop tentant, vraiment. L'esprit de Sarah la poussa a rajouter quelque chose de fort désagréable l'encontre de son père adoptif, mais cela aurait été trop loin, la Raison de Julia la stoppant. S'évader et ne plus être soit-même, mais cette autre personne...
Elle continua sur le même ton:


-Le mensonge est un art où il nous faut gravir beaucoup de marches avant d'en atteindre le maniement parfait. Il faut de la préparation et du temps. Croyez-vous vraiment que j'aurai réussi à inventer tout ce que je viens de vous dire en vous regardant simplement ? Certaines personnes sont une source d'inspiration, je l'avoue, mais dire que vous l'êtes serait outrepasser le raisonnable.

Elle parlait presque comme une professionnelle en la matière, là. Moi qui vous disais précédemment que les femmes de sang noble ne savent rien d'autres que ce que l'on leur apprend... Bah, l'art de savoir parler pour en revenir à une celle réponse: affirmer qu'on ne mentait pas. Bien que ses paroles puissent mettre un certain doute là-dessus. Mais mettre le doute, c'est laisser planer un certain mystère, un suspence ! A lui de jouer, maintenant.

La miss posa une main blanche sur l'encolure de la bête, tandis qu'ils se remirent en marche. A la question du blond, elle ne répondit pas tout de suite, l'esprit absorbé par le noir de la rue peu éclairé. Pas un seul vagabond dehors ce soir. Pourtant, l'air été agréable. Mais l'heure fortement avancée. N'allons pas nous plaindre, ainsi, ils n'étaient pas dérangés. Dérangés ? Mais pourquoi seraient-ils dérangés !? Ils n'ont rien à cacher. Du moins l'un des deux.


-Je ne vois pas en quoi nous sommes assez proches pour que vous m'appeliez par mon prénom. Et je vous répondrais simplement par ceci: je n'ai que donné un "coup de pouce" à votre jumelle, rien de quoi signifier que je sais faire tout et n'importe quoi.


Elle était gentille, là. Beaucoup trop à son goût d'ailleurs ! A part une réflexion quelque peu "sèche", Sarah n'y été pas aller fort comme elle le faisait d'habitude. Julia a encore frappée ! Hey ! Je vous vois venir... Notre voleuse n'était pas en train de devenir schizophrène. En fait, elle entrait, du moins essayer, de plus en plus dans cette noble venue de nulle part et que personne ne connait.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Lun 27 Déc - 20:37

D’entre mes lèvres,comme dessinées par la plume d’un artiste pressé,à peine esquissées d’un rapide mais non moins précis trait de plume,s’échappa un petit rire ressemblant à s’y méprendre à un ricannement.Oh,il n’y avait rien de particulièrement drôle dans tout ça ;la Terre ne s’arrêterait pas de tourner,et le soleil se lèverait quand même péniblement au petit matin.Comme je l’ai déjà dit,notre petit n’aurait strrictement auucne répercussion sur nos deux vies,puisque visiblement,nous ne souhaitions pas que l’autre pénètre plus avant au sien de nos existences déjà toute tracées.Que je perde ou que je gagne ne se verrait jamais : seul mon égo saurait qui de nous deux serait sorti vainqueur –ou du moins le moins estourbi- de cette étrange rencontre.Je ne me lançais dans l’aventure que par vanité,voyez-vous.Tel un chat s’amusant un instant avec une souris aux pattes brisées,je me savais de toute manière gagnant.La loi de mon côté pouvait la faire enfermer dans une geôle miteuse aux côtés d’assassins et de brutes,pour une nuit ou pour la vie,même sans l’ombre d’une preuve.Après tout,mes intuitions valaient de l’or,mon rang me plaçait dans la lignée des personnes toute permises,et au nom de la sécurité de la noblesse,si durement éprouvée par la vie quotidienne comme vous pourrez le remarquer en jetant un coup d’œil à travers la fenêtre d’un de leurs manoirs,mille et unes choses devenaient possibles.Après tout,Beckett n’avait-il pas,dans sa grande sagesse,fait abolir l’Habeas Corpus pour mieux combattre la gangrène installée confortablement à Port Royal ? Une gêneuse de plus ou de moins… Restait sa classe sociale.Mais avec un joli petit mensonge,tout pouvait se broder de fil blanc.En fin de compte,tout ça n’avait aucun sens ; on ne sortirait point des sentiers battus,et je ne sentirais point mon pouvoir vasciller.Se fâcherait-elle encore plus si je lui avouais cela ? Les femmes,si enclines à penser qu’elles manipulaient avec talents les hommes,sans prendre gare à ne point se brûler les doigts avec leur flammèche…

Alors oui,je riais.Presque bêtement d’ailleurs,parce que la situation l’était tout autant.Et elle qui croyait qu’en mettant de la force dans ses mots,elle parviendrait à y changer quelque chose…


-Bien,bien,vous commencez enfin à voir où je veux en venir… ! fis-je,retournant les propos Julia contre elle.

Quoi,la miss ne venait-elle pas d’admettre qu’une telle machination se serait avérée chronophage,et donc trouverait sa naissance des semaines,voire des mois auparavant ? Un complot à petite échelle,une entourloupe peaufinée à l’extrême et nécessitant une préparation pointue ?


-Il s’agirait donc d’une diablerie bien rodée,suffisamment pour qu’au premier regard,aucune fausse note ne soit dérangeante.Un stratagème allant de pair avec une certaine discrétion,afin que personne ne soit tenté de soulever un coin du voile.Rapidité et efficacité.Les plus sots ne se rendront jamais compte de rien,et les plus futés ne réagiront que trop tard.Oui,un beau traquenard.Qui reste une hypothèse,mais j’apprécie cependant la passion avec laquelle vous défendez vos idées.

Une coupable n’aurait pas fait mieux ! J’aimais la titiller.Voir jusqu’où je pouvais aller avant que la demoiselle ne décide brusquement que nous avions largement parcouru assez de chemin ensemble.Ma jument estropiée m’avait privé d’une source d’amusement ; grâce au Ciel,j’étais un garçon débrouillard capable de faire feu de tout bois.

Je poussai alors un soupir mi ravi mi sarcastique,dédiant à la voûte étoilée un sourire franchement… Railleur.On aurait pu me croire fou.Possédé par un esprit maléfique.Le pouvoir absolu,ainsi que son ennivrant parfum,n’étaient-ils déjà pas un pas réalisé en direction de l’alliénation la plus chatoyante et la plus emplie de panache qu’on ait jamais connue… ?


-Ah,quel dommage cependant que certaines traces ne puissent s’effacer ! Comment vous êtes-vous tâchée,déjà ?

Le jeu du « je serai plus stupide que toi ».Après tout,les imbéciles avaient beau être… Imbéciles,ils possédaient cette qualité assez sidérante qu’ils partageaient avec les enfants innocents : ce don de revenir toujours aux bases,aux éléments sous nos yeux,et dont l’arrangement nous donnait la clef du mystère sans que nous ne l’ayons discernée tantôt,tant elle était simple.Les faibles d’esprit,ainsi que les faibles de chair n’avait droit à nulle place au sein de mon univers élitiste.Cependant,copier ouvertement le peu de qualités que ces médiocres créatures possédait apportait un certain nombre d’avantages non négligeables.

-Vous avez choisi de me suivre,quoi qu’il vous en coûte,quoi qu’il puisse advenir,repris-je tout bas,souriant avec une certaine espièglerie,et le Malin ayant attiré une âme pure en plein Tartare n’aurait pas eu un air différent du mien.Vous avez choisi de m’aider.Assumer ses actes est une preuve de maturité,dit-on.Votre ennui n’existe que parce que vous désirez qu’il soit.Moi,je ne suis point lassé.

Et la vieillesse quant à elle prêtait à ceux qui y touchaient la vertu d’avoir été bonifié par le temps.Il ne manquait plus que l’honnêteté,et le tableau serait parfait.Malheureusement,je crains fort que Julia comme moi ayons perdu cette particularité charmante il y avait de cela bien longtemps.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Lun 28 Fév - 20:45

Le ricanement du jeune homme résonna comme un écho dans la tête de miss Ledermann. C'était le genre de choses qui, généralement, avait le don de vous donner un mal de crâne comme pas possible. Un mal de crâne ne donne pas vraiment envie de réfléchir et trouble plus qu'autre chose. Comme une suite, logique, en quelque sorte. Vous l'avez donc compris je pense, Sarah ne supporta pas ce rire. Il la troublait, la faisait douter sur le chemin à prendre : celui de gauche, ou celui de droite ? Revenir sur ses pas, en troisième et ultime solution, alors... ? Il était trop tard pour reculer. Comme prise par son propre piège, elle savait qu'un moindre faux pas pouvait lui être fatal, la seule chose pouvant la tirer d'affaire étant son identité cachée. Vous me direz, si on en venait à la pendaison (ce qui est, pour le moment, loin d'être le cas) savoir son véritable prénom et nom n'avait aucune espèce d'importance dans le monde où elle se rendrait.

Mais qui avait-il donc de drôle dans cette scène ? Le fait de s'esclaffer n'avait en soit rien de bien méchant, mais ne pas en savoir la cause l'était tout autrement. Car quoi de plus frustrant que de ne pas pouvoir participer à cette hilarité populaire... Certaines personnes pourraient croire que l'on se rit d'elles, ce qui est assez dérangeant en soit. Heureusement, la jeune femme n'avait pas cet esprit complètement paranoïaque, bien qu'elle se doutât quelque peu que cela la touchait indirectement. Elle baissa la tête, ses cheveux lui cachant une partie de son visage, le rendant invisible aux yeux de ce cher Ethan. Ce qui à parier, c'était qu'elle n'osera plus le regarder dans le blanc des yeux jusqu'à ce qu'ils se séparent et qu'elle reprenne son chemin de petite mistinguette. Comme une menteuse ayant quelque chose à cacher aux yeux du monde qui l'entourait... Sa tête se releva alors brusquement, ne laissa apparaitre que le bout de son nez aquilin de profil.


-Cela reste une hypothèse, en effet. Répliqua-t-elle de façon presque anodine. Qui aurait pu penser que votre jument ait faillit me piétiner sur la plage en pleine nuit ? Personne. Et croyez le ou non, je n'aurais pas prit un tel risque pour une quelconque machinerie bien élaborée à l'avance. Si j'avais voulu vous approcher, d'autres moyens plus opportuns et pouvant atteindre moins facilement à ma vie m'étaient étalés tel un jeu de carte. Il me suffisait d'en piocher une et le tour était joué.

Elle prit un instant de silence pendant lequel elle se délectait de ce qu'elle venait de dire. Oui, ce genre de petit paragraphe, tourné à sa manière, ne lui sortait de la bouche qu'en de rares occasions. Ce jour était à marquer d'une pierre blanche, mes amis ! Et le blondinet hautain était aux premières loges.

-Quand on y réfléchit bien, votre hypothèse se doit d'être modifiée sous certains aspects. Continua-t-elle. Je serais donc vous je tournerais cinq fois ma langue dans ma bouche avant de sortir des conclusions un peu trop hâtives. Votre cher père adoptif ne vous a donc pas enseigné cela ?

Cette question rhétorique était presque posé avec dégoût, comme un reproche, le mot « adoptif » étant dit avec plus d'insistance. Peut-être qu'Ethan avait été élevé au rang le plus haut qui puisse exister, il possédait peut-être une grande fortune et une place de choix dans la société. Cette intelligence (car oui, Sarah le trouvait intelligent) un peu plus développée qu'il avait réussi à acquérir, c'était grâce à cet environnement et non grâce à un don inné. Il avait eu la chance d'être recueillit par Lord Beckett, c'est tout. Qui sait, peut-être qu'avec d'autres personnes il aurait été autrement ? Personne ne saurait vraiment le dire. Ce qu'elle pouvait en tirer, c'était que ce jeune homme était comme les autres et qu'il ne valait pas mieux qu'elle. La chance lui avait souri, c'est tout. Des gens comme lui, la miss en avait dupé plus d'un ! Alors, pourquoi ressentait-elle un tel malaise ascendant et descendant depuis le début de leur rencontre ? Sans doute qu'elle pensait que cela s'avérait plus difficile avec lui et qu'elle ne pourrait pas aller aussi loin qu'elle le voulait pour une raison X ou Y que personne à ce jour ne connaissait vraiment. Tant de mystère planait entre eux que cela en devenait presque insoutenable. Bah, un moment où l'autre, il faudra bien que lesdits mystères soient dévoilés.

-Quoi qu'il m'en coûte, vous dites ? N'ayant rien à me reprocher, je ne vois pas ce que je pourrais risquer en votre compagnie. Vous n'êtes pas, à ce que je sache, à de ces vagabonds de mauvais augure. De plus, vous n'avez rien qui puisse justifier une arrestation de ma personne, à part votre hypothèse fondée sur des faits inexistants.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Dim 17 Avr - 19:43

Quelle tête aurait fait l’impétueuse citadine en apprenant que cette partie à laquelle je me donnais presque corps et âme, malgré l’heure tardive et cette adrénaline quasi hystérique qui ne laissait même pas à la fatigue le loisir de me frôler ? Je me sentais à l’aise, plus que la belle, et me laissais porter par le venin qui s’échappait de mes lèvres. Je ne remarquerai peut-être pas de sitôt que la soit disant noble commençait à flancher ; nous voguions en pleine nuit noire, presque à l’aveuglette tant le couvre-feu, ironiquement, était bien respecté. Sans oublier qu’un obstacle de taille ravissait son visage à mon expert examen, à savoir l’animal blessé. Autant dire que nombre de petits détails allaient –et commençaient déjà- à m’échapper concernant la lente descente aux enfers de ma compagne nocturne. Mais j’avais bien le droit de penser que le bouquet final en vaudrait plus la peine que toutes ces maigres broutilles, non ?

Des cartes. Voilà que cela tournait au poker. Nous autres habitants du XVIIIème siècle ne connaissions point ce jeu, et devions nous borner aux mornes échecs pour jouer avec un semblant de mystère. La miss aurait mieux fait de ne pas évoquer ces rectangles de papier : ils ne rappelaient que trop à quel point nos existences, vides de toute possibilité de tromper l’autre sans risques ni conséquences dramatiques, nous poussaient parfois à commettre le pire en manipulant, mentant, maquillant, tout ça pour obtenir un reliquat d’émotion. Trouver des ersatz à l’espèce humaine afin de remplacer toutes nos bassesses, voilà qui sauverait de nombreuses vies, au propre comme un figuré, les viles intentions blessant aussi sûrement que des lames de rasoir. En attendons, je touche du bois, car sans cela, je ne sais vraiment pas ce que j’aurais bien pu faire de ma vie.


-Il y a comme en tout métier des amateurs et des professionnels, indistinctement mêlés. Vous semblez douée pour vous défaire des mailles d’une répartie, d’où une justifiée suspicion, à moins que vous ne m’affirmiez le contraire, ce qui serait alors un aveu de votre fait, et non du mien. Vous seriez étonnée de la variété des stratagèmes que certains seraient prêts à employer pour m’approcher.

Je songeais à la jolie demoiselle du bal dernier qui avait failli renverser son verre sur ma veste, ou encore cet espion français capturé il y avait deux mois de cela, qui avait monté un véritable stratagème pour tenter de gravir la façade sur laquelle donnait le balcon de mes appartements. La corde du pauvre bougre l’avait malheureusement trahi : on avait retrouvé son cadavre écrasé sur les pavés, plusieurs mètres plus bas. Comme quoi, il existait bien une justice en ce bas monde. Et des dizaines de créatures plus ou moins perfides assez savantes et adroites pour réinventer chaque jour, et pour leur unique usage, des tactiques novatrices afin de tromper notre vigilance.

-Quoi de mieux qu’un stratagème hors du commun pour faire croire à un coup du hasard et abaisser sa garde ? Mais il est vrai que vous êtes une femme bien comme il faut de la noblesse, vous ne pouvez rien entendre à ce genre de dialectique.

Lorsqu’être simplement partisan de la piraterie, sans forcément appartenir à cette repoussante caste, pouvait vous valoir la corde, ou au minimum une bonne séance de Question entre les mains de notre bureau, se figurer mentalement divers plans qualifiables de terroristes devait bien vous faire gagner une visite de plusieurs jours dans nos geôles. De même qu’un mot prononcé un peu trop haut que les autres envers mon idéal tuteur, ce que ne manqua pas d’entreprendre cette insoumise aux airs d’irresponsables irraisonnée.

-Oh, mon éducation vaut au moins autant que la vôtre, petite impertinente, contrattaquai-je avec audace. Et pour le moment, il semblerait que je m’en sortisse mieux que vous.

En comparant nos deux situations, aussi bien sociales qu’économiques ou même physiques –ce n’était pas moi dont le sang maculait mes vêtements-, ce constat se révélait plus que frappant. Quant à m’énerver, ah, ne voyez pas comme si manipulable : la belle cherchait à me détourner de ma petite « enquête » en égratignant un sujet pour moi sacré, celui de Beckett. Le mépris répliquait le mieux aux minables remarques ; je l’avais compris depuis longtemps, Cutler et moi ne faisions pas partie de ce monde que nous surplombions drapés dans notre superbe bon droit. Ces moins que rien ne méritaient même pas de se voir gratifiés de notre regard, d’entendre notre voix ou de subir notre justice. Nous étions ceux qui allaient les anéantir, rendre à nouveau cette terre supportable. Il était normal que ces vipères nous haïssent et vitupèrent : il s’agissait de la preuve que nos services fournissaient un excellent travail. Le ton sarcastique de la miss relevait donc infimement du compliment, bien qu’il ne vaille pas trop s’aventurer en de pareils sentiers : à l’instar de mon parent adoptif, je n’appréciais pas que l’on dévalorise ce que je considérais comme l’homme de la situation dont tout le Royaume d’Angleterre serait bientôt redevable.

L’évocation des imbéciles coupables de trouble à l’ordre public me donna soudain une idée, relativement brillante sans doute, mais qui éclaira la semi obscurité en mon esprit tel un phare déchirant les ténèbres, et me redonna dans le même temps une énergie décuplée.


-Mais je manque à tous mes devoirs, m’exclamai-je alors. Permettez donc que je vous raccompagne jusqu’à votre porte. Les habitants de Port Royal ne sont pas tous à mon image.

Et voilà. Trop sotte pour baisser les bras, trop vaniteuse pour prendre la fuite, car mon offre serait bien entendu imposée et non simplement proposée. Sur ce coup-là, Julia avait tout gagné.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Dim 29 Mai - 13:34


Il était évident qu'atteindre la santé d'une personne telle que la jeune Felton pouvait s'avérer être quelque chose de particulièrement intéressant. Sarah ne connaissait pas exactement le lien qui unissait le maître et l'élève, il lui était donc impossible d'affirmer si oui non sa probable mort aurait un impact plus ou moins important sur Lord Cutler Beckett, et vis versa. Cela ferait tout de même une menace en moins dans les Caraïbes, du moins pour la caste des pirates et des petites gens de la ville de Port Royal. Mais tous les problèmes ont une solution, peut importe les moyens pour la trouver, si bien que le gouvernement britannique n'aura aucun soucis pour trouver un remplaçant si l'on réussissait à atteindre le tyran de ces lieux. Qui sait, ladite personne sera peut-être plus douce et moins enclin à exterminer les habitants les plus démunis... Ou pire. Il ne faut jamais se réjouir de la mort de quelqu'un quand on ne sait pas ce qui nous attend derrière. Bien sûr, c'était plus facile à dire qu'à faire, la vengeance prenant trop souvent le dessus.
Il n'était pas étonnant que bon nombre de personnes veuillent s'en prendre à Ethan. Même la jeune femme avait pu ressentir une pulsion meurtrière dans ses muscles rien qu'aux quelques mots du début de leur rencontre. Son arrogance et sa froideur se faisait sentir à plusieurs centaines de mètres à la ronde. A croire que c'est bien là un défaut que peu de monde arrive à supporter, pour ainsi vouloir toucher à sa vie aussi fortement. Pour le moment, Sarah n'avait rien de particulier contre lui qui puisse justifier une possible agression sur sa modeste petite tête blonde. J'ai bien dit « pour le moment ». Seules ses « victimes » savent à quel point la miss pouvait être très rapidement irritée au point de tout casser sur son passage, pour ne pas faire d'euphémisme.

Petite impertinente... Bon sang que cet adjectif qualifier parfaitement la jeune femme ! Avec le temps, elle avait réussi à adopter un caractère franc et direct, mais surtout qui lui permettait de ne pas se laisser écraser par ces nobles se croyant toujours meilleurs que les personnes dans le besoin. Pourquoi cacher ce que l'on pense ? Aucun sujet n'est tabou. C'était si amusant de voir les expressions des visages lorsqu'elle parlait librement de ce genre de choses. Il y avait de tout : de l'indignation, de la surprise, de la colère... Tout, et absolument tout. Et partir comme si de rien n'était... Oui, vraiment très divertissant. Ethan avait beau être sous la tutelle de Beckett, cela n'empêcherait pas la voleuse d'exprimer son dégoût.
Quand on y réfléchissait bien, le point qui les différenciait le plus dans leur éducation était le fait que Sarah se soit éduquée seule d'après ce qu'elle avait vécu depuis la perte de ses parents, et le blond de ce que lui avait enseigné le Lord. Il avait été chanceux qu'un homme de cette importance et possédant une telle richesse le prenne sous son aile. Elle, elle n'avait pas eu cette chance. Dans un sens, cela se comprenait : les filles étaient plus un fardeau qu'autre chose, surtout quand on n'avait pas de dot assez importante pour pouvoir la marier. Mais grâce à elles, on pouvait créer des mariages arrangés afin de conserver les fortunes de telle ou telle famille. Ou bien les vendre comme du bétail dans des endroits mal famés... Le sexe dit faible n'avait rien de vraiment attrayant, comparer au sexe fort qui possédait beaucoup plus de privilèges.

Miss Ledermann aurait volontier sortit une phrase de son cru, si son compagnon de route ne l'avait pas déstabilisé. Il voulait la raccompagner... Devant sa... sa porte ? Mais Sarah ne possédait pas réellement de... porte ! Elle changeait tous les jours plus ou moins de toit, se faisant inviter part des habitants aimables avec qui elle partageait ses petites « récoltes » du jour avant de repartir le lendemain à la pèche aux bourses bien rebondit des quartiers riches de la ville. Il lui arrivait de temps à autre de dormir également dehors, mais s'était bien plus rare. Sur le coup, elle se voyait très mal débarquer chez quelqu'un aux moyens limités alors qu'elle était censée avoir une fortune des plus grandes derrière elle, qui se montrerait de façon ostentatoire sur son habitât. Il fallait improviser, comme toujours depuis qu'elle avait croisé la route du noble, et ne pas faire une erreur risquant de la mettre à nu. C'est fou comme elle avait le don d'être dans des situations inimaginables...


-Vous devriez faire un détour en me raccompagnant. Il ne faut pas fatiguer encore plus votre jument, sans compter qu'il se fait déjà bien tard.

Cette excuse ne collait pas vraiment, étant donné que si Sarah l'avait suivi, s'était bien qu'elle habitait dans les environs du fort, car telle était la destination du jeune homme. De plus, ils approchaient de plus en plus du quartier riche de la ville, il serait étrange qu'elle soit la seule noble à habiter de l'autre côté, vers les quartiers pauvres.

-Heum... J'habite un peu en retrait de la ville, continua-t-elle, mais mon oncle possède une demeure à quelques rues d'ici. Il me suffira de lui emprunter un cheval. Je m'en voudrais de vous retarder.

L'hypocrisie n'était pas une vertu dans le monde dans grandes gens de cette société ? Tous les moyens étaient bons pour qu'il abandonne son idée, bien que je dois vous avouer que la miss commençait à être en panne de plan improvisés.
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Ethan Felton
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mer 15 Juin - 13:18

J’aime toujours lorsqu’on prend soin de moi. C’est horriblement égocentrique, et pas toujours facile à mettre sur pied, mais non d’un chien, ce que c’est bon. Ça doit l’être d’autant plus lorsque, comme moi, on a grandi loin de tout amour, sans quelque forme que ce soit, et qu’une fois adulte, un tempérament parfois difficile ainsi qu’un mépris et des choix politiques n’aident pas. En le voulant sans doute avec ardeur, en parfait petit détracteur de cette humanité m’ayant délaissé avant même que je ne puisse saisir à quel point je me trouvais dès le départ abandonné à moi-même, j’avais bâti des murs, creusés des tranchées, disposés des explosifs, bref, me suis privé de ce que maintenant, une fois isolé, une fois enivré aux doux relents de la haine et de l’égoïsme, je goûtais à l’occasion telles des sucreries. Il me fallait non pas simplement attendre que ces dernières me soient offertes de bonne grâce, entre un mentor plus professionnel que paternel, et une petite communauté d’admiratrices juvéniles plus assommantes qu’autre chose. Ne rien donner signifiait également devoir traquer dans le regard des gens cette étincelle d’admiration et de respect si simple à allumer chez les militaires, disparues depuis longtemps dans le cas des banals civils. Ne croyez pas ceux qui affirment que l’on peut vivre en totale autarcie vis-à-vis des autres. Plus que tout autre, les tyrans sont dépendants d’autrui.

Sans stratagème –enfin si, un peu, mais n’ayant pas exactement ce but-, voilà notre petite rebelle soudain tout sucre et tout miel avec moi. Ô miracle ! Dieu n’existe peut-être pas, mais faisons une exception, et reconnaissons au moins que si une puissance supérieure nous manœuvrait, elle avait un sacré tournemain. C’en était presque agréable, de s’illusionner gaiment en se disant qu’elle s’inquiétait sincèrement pour mon cas, et ne se trouvait animée que par des motivations louables. Après tout, les philosophes agissaient ainsi, se lançant désespérément dans la quête de bonté innée chez leurs semblables. Comme le monde devait leur paraître simple, beau, d’une pureté inégalable et sans cesse réjouissante ! Comme leur cœur devait avoir chaud, même au regard des pires atrocités, tout simplement car ils se disaient que les lendemains seraient meilleurs… Cependant, je n’avais ni l’âge ni l’absence de responsabilités nécessaire pour me repaître de semblables chimères. Il me fallait m’arracher à cette tentation si aisée, si attirante, de croire aux mensonges des autres. Celui qui vit par le fer mourra par le fer, dit le proverbe. En tout cas, ce ne serait pas cette fille qui me chamboulerait l’être au point de tomber dans des pièges que j’aurais pu moi-même enfanter.

Avec une bonne humeur que je forçais un peu, maintenant que la satisfaction d’avoir trouvé une parade adéquate à l’attitude de la noble était retombée, je lui répondis avec un sourire, le genre de chose qu’une personne gentille à outrance aurait opposé à un refus, signe clair qu’elle ne lâcherait pas un pouce de terrain :


-Elle s’en sortira. Et si ce n’est pas le cas, une lieue supplémentaire n’y changera pas grand-chose.

Toujours cette même logique posant que tout peut être à tout moment remplaçable, et qui semblait capable d’irriter Julia ; une vision des choses que je n’hésitais donc pas à employer. Et comme pour enfoncer le clou, j’ajoutai, certain de mon coup :

-Comme ça, vous saurez que les impôts généreusement payés par vos parents servent à quelque chose !

Autrement dit, à me repayer un cheval, qui soit dit en passant n’aurait pas eu besoin de se connaître un remplaçant si sa route n’avait pas croisée celle houleuse de la promeneuse nocturne. Voilà de quoi irriter encore plus les nerfs déjà à fleur de peau de la belle, visiblement peu encline à conserver son calme. Qu’importent les piques qui tomberaient par la suite : il me restait toujours sa fausse complaisance, et puis après tout, ne valait-il pas mieux qu’elle conserve son calme et évite de me braquer si elle souhaitait me voir abonder dans son sens ?

-Votre oncle sera également le plus plausiblement du monde fort surpris de vous voir frapper à sa porte à une semblable heure. Mon intervention le rassurera, et évitera toute supposition aussi hasardeuse qu’effarée à l’endroit de votre mise en plis.

Le pauvre homme, il ne méritait sans doute pas d’avoir un coup au cœur en découvrant sa nièce échevelée et tâchée de sang… En ma qualité de « fils » de Lord Beckett, ma parole d’autorité apaiserait les inquiétudes de son parent éveillé, et aplanirait une situation aisément qualifiable d’inhabituelle. Sans compter que découvrir un personnage ayant des liens de sang avec cette étrange demoiselle enjoliverait une soirée gâchée par celle-ci. Un prêté pour un rendu… Qui pourrait coûter cher à la miss. Sans que même j’en sois pleinement conscient.

-Je n’avais pas prévu de rentrer de suite, de toute manière, conclus-je en réponse à ses trompeuses préoccupations. La plage est fréquentée d’étrange façon ces temps-ci, et l’aube arrivera bien assez tôt pour me guider sur le chemin de retour. Vraiment, j’insiste.

Et lourdement, encore ! J’aimais mettre en relief les divers points faisant de ma position une attitude normale, voire même honorable et digne d’être saluée par l’opinion publique, loin de tout plan machiavélique –bien qu’il n’y ait jamais dans mes actes de parfaite bonté, loin de là-, le tout hérissant le poil, si j’ose dire, à la citadine. J’agissais en fonction du bien, et ne récolterai que de la rancune en retour. Mes bons philosophes évoqués tantôt s’en seraient mordu les doigts, tant cela sonnait faux. Une discordance planétaire, mes amis, voilà à quoi nous avions à faire, et à quoi je souriais intérieurement, tout prêt à régler ma désharmonie sur le chaos à venir.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mer 6 Juil - 18:14

La jeune femme aurait dû s'en douter, d'ailleurs, cette idée lui avait effleuré l'esprit l'espace d'un instant : cette pauvre jument ne fessait office que de serviteur, si ce n'est que d'un simple objet, que l'on remplaçait une fois ce dernier en mauvais état ou encore cassé, un habit d'apparat pour les plus grands de ce monde. Il est vrai que pour une personne se trouvant en haut de la pyramide hiérarchique de cette société, remplacer ce genre d'animal était chose aisée, notamment grâce aux impôts, comme venait de le dire si adorablement le blondinet (est-ce cependant important de signaler qu'elle ne payait aucun impôt ?) ; pour une personne pauvre, la tâche devenait plus rude, voir quasi impossible. Les chevaux étaient des êtres vivants coûtant extrêmement cher et le coût pour en prendre soin en valait bien le double pour toute la durée de sa vie. Alors, même si Ethan pouvait s'en acheter un tout, tout neuf, est-ce une raison pour ne pas prendre soin de son destrier et le laissait souffrir comme si lui apporter la moindre importance n'était pas essentiel ? Comme dit un peu plus haut, il s'agissait d'un être vivant ! Mais à croire que la notion de pitié ou encore d'attachement était inconnu à cet homme dont la principale occupation était, logiquement, de faire en sorte que les habitants de Port Royal vivent en sécurité et vivent bien, si possible. Ce geste semblait aussi répugnant à son égard que de soigner sa jument.
On remarquait un nombre plus ou moins croissant de délinquants sur l'île. En sachant que la majorité de leurs économies revenait tout droit dans les caisses de l'État (voir même dans celles de la Compagnie des Indes), il était normal que les plus démunis tombent un jour de l'autre côté de la barrière ; du mauvais côté, bien entendu. Tout mal avait une source. Sarah en connaissait déjà une, elle venait de découvrir la seconde. Comment peut-on être aussi... Inhumain et ne penser qu'à son propre confort ? La vie n'était qu'une chance. Elle en avait moins eu que le petit protégé du Lord. Quand elle y réfléchissait bien, en fait, sans doute cela était mieux ainsi. Qui sait, peut-être aurait-elle été comme son interlocuteur, à la même place, les mêmes mots dans la bouche, le même air sur le visage, les mêmes idéologies... Cette pensée la répugna tellement qu'elle préféra passer à autre chose. Et ce sans grand mal...

Gardant tant bien que mal son calme, la demoiselle sera de la rangée de dents du haut ses lèvres inférieures, dans un élan de stress total. Le jeune homme ne semblait pas vouloir lâcher cette affaire et encore moins sa prise de la soirée. À son grand malheur, Sarah s'enfonçait de plus en plus dans son mensonge, qui deviendrait bientôt indémaillable. Résumons un peu : elle était tout d'abord passée de délinquante à noble. Par la suite, il lui avait proposé de la raccompagné jusqu'à sa demeure, chose qu'elle refusa en prétextant que cela lui ferait faire un détour et qu'elle avait un oncle habitant pas loin. Maintenant, il lui proposa de l'accompagner à la porte de son parent. Ma foi, tout rouler comme prévue, n'est-ce pas ? Non, non. Tout simplement parce que miss Ledermann n'avait pas de plan et encore moins d'objectif de départ. De plus, comment trouver une âme charitable pour jouer son propre jeu jusqu'au bout, hum ? Jouer avec la justice de Port Royal, peu seraient près à le faire, encore moins un homme de la haute société comme elle était censée en trouver un. Le problème avait le don de se compliquer davantage que les minutes avançaient. Et concrètement, là, elle faisait quoi pour se sortir de ces questions sans réponse à la problématique posée, à savoir « comment faire pour qu'Ethan la laisse en paix » ? Tout allait beaucoup trop vite.

On pouvait dire que le jeune Felton l'avait eu. Sur tous les points. Et l'hypothèse de la belle ne fessait que se confirmer : il le savait. Tout au moins, il se doutait que sa rencontre sur la plage ne disait pas la vérité sur son identité et que sous ce costume de femme noble se cachait une tout autre demoiselle. Cependant, rien ne pouvait le guider concernant son véritable noble, ou encore ses origines. Tant mieux, soit dit en passant, car alors Sarah aurait été dans de beaux draps. Que dis-je, des splendides et magnifiques draps, oui ! Si beaux qu'en sortir s'avérait plus facile à dire qu'à faire. C'est dans des moments pareils qu'envoyer un « Save Our Souls » était irrésistible. Mais ici, on ne trouvait aucun badaud de réellement potable qui viendrait secourir une charmante demoiselle... Hey ! Nous ne sommes pas non plus dans un comte de fée inventé par ces fameux frères Grimm ! Dommage. Une prochaine fois, sans doute ?

Le seul moyen de s'en sortir était de ne pas abandonner, mais de continuer dans sa lancé. Est-ce prouvé ? Je ne pense pas. Cependant, aucune autre idée de subsistait dans son esprit.


-Ce n'est pas la première fois que je me présente quelque peu dépravée chez mon oncle. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de....

La miss ne fini pas sa phrase. Il avait suffi qu'elle lève et tourne légèrement sa tête vers celle du jeune homme pour être déstabilisé et se dire que cela ne servirait à rien. Il ne lâchera pas l'affaire, c'est un fait, alors pourquoi continuer à tenter de se justifier pour éviter la casse ? C'était peine perdue. La bataille, oui. Mais pas la guerre.

-Mais si vous insistez. Termina-t-elle, baissant légèrement la tonalité de sa voix.

Se mettant dans la peau du guide d'une expédition sans retour dans la vaste forêt Amazonienne de l'Amérique du Sud, elle prit une grande inspiration et commença à se diriger vers le quartier riche de la ville, là où son oncle fictif avait le plus de chance de se trouver. Maintenant, nous allons voir si le hasard fait bien les choses...
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mar 26 Juil - 14:26

(c) unknown
You used to play those silly games, girl,
but know, it's time to lose.





-La famille reste la famille, en dépit de vos habitudes. Ce qui mérite bien une entrée un peu plus étudiée qu’une robe en lambeaux et une plaie due à des activités peu honorables.

La famille. Pour ce que j’en savais, moi, de la notion de lignée. Bien que je me sois exprimé avec la douceur docte née de l’expérience, j’étais sans doute une des personnes les plus mal placées de Port Royal pour me lancer dans pareil sujet. Sans doute me le ferait-elle remarquer, en aucun cas disposée à baisser les armes, à m’épargner une pique bien sentie. Un orphelin, qu’est-ce que ça y connaît, en matière de foyer, de chaleur humaine ! Mes parents n’étaient rien de plus que des pécheurs voués aux flammes de l’Enfer, doublés de lâches sans une once de morale, juste bons à abandonner le fruit de leur crime pour mieux oublier l’opprobre. Je ne les avais pas connus, mais au lieu de les idéaliser à outrance, les faisant tour à tour voyageurs, rois et reines, ou encore artistes de grande renommée, j’en avais noirci le portrait au point de les transformer en êtres imbuvables, dont la société en son entier aurait eu honte. Je m’étais sans doute alors éloigné de la réalité, tendant vers la dépréciation plutôt que vers la béatification, mais au fond, une part de vrai se nichait parmi tous ces défauts imputés à mes géniteurs. Impossible de nier les faits. Impossible donc de ne pas les haïr, même en ne les connaissant pas, même en n’ignorant pas qu’ils avaient dû, sur le moment, posséder certaines raisons expliquant leur geste. Déni ou dépit, je ne les considérais pas comme les miens, voilà tout.

Mais avec Lord Beckett, c’était bien tout le contraire. Le terme de « père » ne se révélait même pas approprié pour le qualifier selon moi, tant il surpassait ce titre si banal, juste bon pour le commun des mortels, pour des personnes désespérément insipides. Dieu, ça commençait à coller nettement mieux. Dieu gérant mon existence qui aurait été des plus misérables sans son concours inespéré, surhomme capable de tout afin d’asseoir la Grande-Bretagne sur le trône du monde, Saint Patron de toutes celles et ceux se battant sous nos drapeaux contre la piraterie. De cela, je pouvais parler sans douter, pendant des heures.

Vous comprendrez donc que j’aurais préféré me couper les deux bras plutôt que de déplaire à Cutler, seulement ne pas être à la hauteur de ses attentes. Il avait tant fait pour moi, jamais ma dette ne serait totalement payée, ce qui contribuait à me rendre heureux, moi le rebus devenu utile, ayant enfin trouvé une place où je me voyais le bienvenu ! Il s’agissait donc de ce que devait éprouver n’importe qui à propos des membres de son foyer, qu’ils soient proche sou un peu plus éloignés dans l’arbre généalogique. En fait, j’imputais à Julia le désir de ne pas attirer de gêne à son oncle, désir masqué par sa résistance balayée d’elle-même afin de ne pas me montrer de faiblesse. Voilà, rien de plus simple. Pourquoi seulement chercher à m’imaginer que cet aristocrate n’était qu’un stratagème de plus, lorsque je pouvais, au lieu de jouer les sceptiques, lui coller d’office des sentiments qu’elle n’éprouvait pas.


-Dîtes-vous que c’est un service que je vous rends, ou même une manière comme une autre de faire amende honorable suite à votre homicide manqué, si ça peut vous aider à arrêter de broyer du noir.

Ou tient, même que c’était une tentative de la séduire, de passer pour plus valeureux que je n’étais, ou ajouter un nom dans mon carnet d’adresse. Pas que sa grise mine m'attristât. Juste que ça faisait encore plus désordre, avec sa mise en plis digne d'un champ de bataille. La pilule risquait d’être encore dure à avaler, mais au moins j’aurais exploité le filon jusqu’à plus soif, jusqu’à la briser entre mes doigts, jusqu’à me lasser et enfin la laisser en paix. La miss n’avait qu’à ne pas être aussi spéciale, aussi. Escrimeuse, bagarreuse, débraillée, véhémente. Se fondre dans la masse insupportable des bien nées à l’affligeant babille lui aurait fourni une excellente cachette, m’encourageant fortement à passer mon chemin plutôt que de fouiner avec application dans cet univers de frivolité, de jupons et de légèreté idiote. Pas étonnant que la demoiselle tombe de Charybde en Scylla, vu le nombre d’erreurs qu’elle commettait, lièvre effrayé pris dans les phares d’une voiture, tandis que quelques petits détails suffisamment travaillés auraient pu lui éviter tant de tracas. Comme quoi, le talent, ça ne s’invente pas.

-Et au fait, quel est donc le titre sous lequel nous avons l’honneur de connaître votre protecteur ?

Quel amusant hasard, si je connaissais le pauvre homme sur les épaules duquel reposait la lourde charge de veiller sur cette petite rebelle. Reparler de cette nuit lors d’un gala ou d’un dîner ne manquerait certainement pas de le placer en une position délicate, comme seuls les petits secrets de famille peu reluisants et potentiellement dangereux pour les réputations bien établies savaient le faire. Comme ça, la jeune anglaise aurait eu une double utilité : celle de montrer assez de poigne pour me donner envie de la remettre à sa place sans forcément sortir de mes gonds, et la seconde, bien plus pernicieuse, de ruiner une partie de son petit monde en m’en prenant à son oncle. Ça valait bien un cheval, puisque de toute façon, la méchanceté ne se connaissait si temps mort ni pitié.

-Ce doit être un sacré phénomène pour tolérer de sa nièce pareille allure…

Une réflexion qui aurait pu être destinée à moi seul, murmuré à part de notre houleux échange, mais je n’avais pu me résoudre à baisser la voix, à lui faire une fleur. Après tout, son parent comme elle avaient gâché ma soirée. Au nom de quoi me serais-je montré clément, ou simplement silencieux, alors que ma compagne d’errance nocturne paraissait aux abois, presque vaincue, dans l’attente d’une sorte de miracle assez incroyable pour lui redonner espoir, pour déboucher cette voie sans issue dans laquelle elle n’avait déjà que trop pénétré ?

Allez, allégeons un peu l’atmosphère. Imaginons à quoi devait bien ressembler cet énigmatique personnage vers la demeure duquel nous nous dirigions, notre route se voyant marquée par les flambeaux assurant aux plus aisés un semblant de sécurité, la possibilité de se diriger sans mal en plus obscurité tout en pouvant voir venir le quidam s’avançant dans leur direction. Ils avaient besoin de cela, comprenez-vous, afin de discerner qui était l’ami de l’ennemi, trop naïfs encore pour saisir qu’il n’y avait jamais rien de tout ou tout noir. Entre nobliau bien mal tombée avec cette fille, ou farfelu tout aussi infréquentable, voilà qui ne m’empêcherait pas de placer mon cop de grâce.


Dernière édition par Ethan Felton le Jeu 27 Oct - 12:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Sam 27 Aoû - 17:09


I did not say my last word, darling


Comment pouvait-il savoir les vraies valeurs de la famille, lui, orphelin éduqué par Lord Cutler Beckett ? Il n'avait jamais connu ses parents les plus étroitement liés à sa personne et encore moins su qui ils étaient réellement. Il est vrai que d'un certain point de vue, on pouvait considérer le Lord comme sa nouvelle (voir sa seule) famille. Cependant, il y a quelque chose qu'il ne connaîtra jamais et dont tout enfant avait besoin dès son plus jeune âge : l'amour. Celui d'une mère, comme celui d'une mère. Cette dernière, il n'en aura jamais eu. Pour un jeune homme, être éduqué par une femme semblait inutile, les tâches dont elle s'occupant n'étant en rien équivalente à celles dont il devra s'occuper plus tard ; elle était pourtant essentielle, car accompagnant votre premier souffle. Non, Ethan pouvait se vanter d'être sous les ailes de ce grand oiseau noir, il ne sera jamais passé par les étapes nécessaires de la vie d'un enfant/adolescent. Dans un sens, cela n'était pas vraiment sa faute. Sarah pensait avoir au moins découvert la source d'une partie de son caractère : s'il était si froid et si hautain, sans doute était-ce pour se montrer plus fort face à son enfance différence de tout être humain sur cette terre.

Pourtant, la demoiselle ne pouvait pas vraiment décrire avec précision ce qu'était un lien de parents à fille, celles-ci n'ayant en elle que de vagues souvenirs de ses parents, du moins de son père qu'elle n'avait vu que de rares fois avant son arrestation. Quant à feu sa mère, elle est morte bien avant de lui enseigner tout ce qu'une future femme devait savoir de la vie qui l'attendait. Alors oui, Sarah avait une grande partie vécue seule, appris d'elle-même à vivre sans être plus féminine que masculine, prenant la vie comme un grand jeu. Son terrain était Port Royal, qu'elle connaissait comme sa poche. Vus l'aurez compris, sa devise était de profiter au lieu de tout prendre au sérieux. Quoi que, de temps à autre, cela devrait être le cas. Son esprit indépendant c'était développé au court de ces années de découverte du monde qui l'entourait. Par conséquent, miss Ledermann ne voyait pas le besoin d'être accompagné de ce blondinet afin de justifier ses actes et surtout son état à un oncle fictif. Ce geste « d'entraide », elle le prenait plus pour de la curiosité que pour autre chose. Après tout, comme il venait de le dire, quelle personne digne de ce nom accepterait de voir sa plus jeune parente dans un tel état, hum ?


-Cela ne vous arrive donc jamais de vous blesser ? Non, bien sûr, vous êtes bien trop... Doué, pour avoir ce genre de petit accident.

Non mais de quoi je me mêle ? Indignée à l'extérieur, elle n'en souriait pas moins à l'intérieur. Oh, s'il savait le nombre de situation dans lesquelles sa compagne d'un soir avait le don de se mettre. Que ce soit des blessures dues à une joute verbale un peu peu plus violente que prévue, des déguisements allant du plus riche au plus pauvre, en passant par une soirée un peu trop arrosée d'alcool... Il n'y avait pas de doute possible : Sarah était une femme pleine de surprise, dans le meilleur comme dans le mauvais sens du terme.

Si elle n'avait pas répondu tout de suite quant au titre de noblesse possible de son oncle, c'était tout bonnement parce qu'elle n'y avait pas encore songé. Ethan, depuis le début de leur rencontre, l'avait eu sur un certain nombre de point. Sur celui-là, il ne l'aurait pas. Il fallait observer la chose de plusieurs angles : ce rang ne devait pas être très haut, les vêtements (qui n'en étaient plus, d'ailleurs) de l'anglaise ne coûtant pas une fortune, pas la peine d'être un expert en broderie pour s'en rendre compte.


-Mon oncle est baron. Rien de bien prestigieux, mais cela reste tout de même satisfaisant.

Il est certain qu'à côté de Lord, ce rang ne représentait pas beaucoup. Cependant, c'était toutefois supérieur à de simples habitants et commerçants.

Plus ils avançaient, et plus les manoirs se succédaient. La fin de la rue approchait à grands pas, il fallait se décider. Encore une fois, elle ne devait pas porter son choix sur n'importe quelle demeure : ni trop riches, ni trop pauvres, de façon à ce que le rang énoncé plus haut soit plausible. Son regard se posa alors sur la bâtisse parfaite. Prise en sandwich entre deux maisons possédant un espace plus imposant, elle semblait tout indiquée. Aucune lumière ne provenait des fenêtres, signe que tout le monde dormait. Il y avait-il seulement quelqu'un ? Sûrement, à cette heure. Sarah ne connaissait pas le propriétaire et espérait sincèrement que lui non plus. Après s'être stoppée, elle poussa un soupire de contentement.


-Nous y sommes. Déclara-t-elle. Il doit certainement s'être couché, il serait préférable que je passe la première.

Sans attendre de réponse du jeune Felton, ni vérifier qu'il la suivait, la jeune femme poussa la grille menant à la petite cours du manoir et se dirigea vers la porte d'entrée. Tout en marchant, elle rangea discrètement une sorte de petite dague cachée dans sa botte, donnant ainsi l'impression à qui la regardait qu'elle se grattait la jambe, dans la manche de sa chemise. Son plan était encré dans sa tête. Il ne restait plus qu'à voir s'il fonctionnerait ou pas. Prenant une nouvelle inspiration, elle tapa quelques coups à la porte de bois. À la fenêtre à côté, une petite source de lumière apparut, les rideaux se levèrent légèrement. Quelques secondes plus tard, une vieille femme, certainement la servante de ces lieux, ouvrit la porte et n'eut pas le temps de prononcer un mot que Sarah sortit légèrement son arme.

-Marchez dans mon jeu et je ne vous ferais rien de mal ! Dit-elle dans un murmure, insistant, puis en élevant un peu plus la voix : j'espère ne pas vous avoir réveillé Catherine. Mon oncle est-il là ?

La domestique observait toujours d'un oeil méfiant la dague que son invitée surprise tenait dans les mains et fut incapable de dire le moindre mot. Elle tenta, bégayant, mais ces quelques mots furent indescriptibles. En entendant des pas derrière elle, Sarah cacha la source du mal-être de vieille femme (en plus de ses vêtements tâchés de sang, la faisant presque paraître pour un assassin) et se tourna vers le jeune homme.

-Comme je vous l'avais dit, mon oncle n'est pas disponible pour le monde. Il n'est pas nécessaire de le déranger pour si peu.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mer 26 Oct - 19:46

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'cause it's too late to surrender.




Il fallait avouer que le mot « insolente » seyait particulièrement bien à miss Julia, et pas uniquement à cause de ses mots si tranchants, aiguisés par une langue experte, qui transperçait le silence de la nuit tels des poignards à demi voilés. Non, sa chance l’était tout autant, et je crois que cela m’aurait plus meurtri encore d’en être pleinement conscient que de subir ses stratagèmes et autres remarques bien senties. Comment une créature telle qu’elle pouvait-elle profiter des largesses de la destinée ? Sacrebleu, elle n’avait pas plus de talent qu’une autre, certainement pas plus que moi, et pourtant, ses tours de passe-passe jusqu’à présent lui maintenait la tête hors de l’eau, la gardant d’une noyade que je tentais par maints moyens de provoquer.

Je n’avais jamais eu véritablement de chance, moi. Abandonné, rejeté, sans cesse détesté, même à présent que ma situation sociale s’était améliorée. Ma rencontre avec le Lord ? Tant de personnes attribuaient cela à un caprice de la part du directeur de l’EITC, un entichement ridicule et sans fondements qui prendrait bien un jour fin. Je ne pouvais croire ces mauvaises langues, non, car j’adulais trop Beckett pour lui imputer ne serait-ce que ce défaut-là. Mais j’entendais, certes sans écouter, mais chaque remarque me rendait plus dur, pour supporter, pour encore et toujours opposer à la mesquinerie de mes semblables ce masque d’airain que rien n’aurait su abîmer. Si j’avais réellement été chanceux, j’aurais découvert depuis longtemps le moyen imparable apte à éradiquer cette maudite flibuste, de même qu’à totalement rayer de ma vie ces deux ombres lointaines que je devais, par liens du sang hais, encore appeler « parents »… Encore des choses hors de mon pouvoir, de mon contrôle. Comme cela m’insupportait. Comme j’aurais aimé que tout me réussisse.

Alors que la demoiselle débutait un ennuyant –moins néanmoins court- laïus une fois sur le pas de la porte de sa soi-disant demeure, je levai les yeux au ciel, moins pour que mon regard flirte avec la voute étoilée décidément bien plus belle qu’à Londres que dans le dessein d’examiner d’un peu plus près cette bâtisse inconnue. Il était vrai qu’en pleine nuit, passer au crible chaque détail d’architecture s’avérait mal aisé… Mais j’avais l’habitude de savoir grosso modo où je mettais les pieds, autant pour me montrer à mon avantage en toute circonstance que pour éviter toute mauvaise surprise. Cela ne relevait aucunement d’une forme ou d’une autre de peur, ou d’appréhension à l’idée d’être jugé par des personnes m’étant étrangères. Comme toujours, je m’attendais à ce que mon statut social me confère automatiquement un respect humble de la part de toute personne vivant entre ces murs.

Et ainsi, je ratais la nouvelle indélicatesse tout bonnement affreuse de la soi-disant bien née, qui n’aurait manqué ni de m’inspirer une remarque bien sentie à la hauteur de mon étonnement marqué de mépris quant à de telles manières de rustre, ni d’apporter de l’eau au venimeux moulin de mes soupçons. Chanceuse petite voleuse… Aurais-tu par hasard soudoyé le divin Hermès afin de s’attirer ses faveurs ? Mon regard tourné vers les cieux suffirait-il à rappeler à la raison ce bon Loxias, et à ainsi rééquilibrer la balance, parce qu’enfin, il fallait tout de même songer à arrêter de partir en vrille ?

Retour au monde des hommes. Désabusé, je découvrais le visage impassible d’une otage dont j’ignorais le calvaire, les angoisses, les espoirs fous. Sincèrement, il n’était pas du tout dit que j’aurais eu pitié d’elle si j’avais été au fait de sa situation périlleuse. Je crois même que ça ne m’aurait fait ni chaud ni froid : mieux valait que ce soit contre elle que soit dirigée la lame de la demoiselle que contre moi ! Cette servante occupait un rôle tellement insignifiant en ce monde que sa disparition n’émouvrait personne. On la remplacerait, en déposant éventuellement un petit bouquet de fleurs sauvages sur sa modeste tombe, si on ne la jetait tout simplement pas à la fosse commune, par manque de moyens à gaspiller.

Les vaines tentatives d’élocution de la camériste, qui durent certainement provoquer chez vous un aiguillon de pitié sensible, m’agacèrent même un peu. Car en plus d’être tombé sur une souillon plutôt suspecte, j’allais avoir à composer avec l’employée de maison simple d’esprit ? Ma bonne résolution consistant à refuser catégoriquement de laisser cette nuit être inscrite dans ma mémoire sous la forme d’un mauvais souvenir commençait à chanceler, mise à mal par une crispation grandissante.


-Oh, voilà qui est fort dommage… lâchai-je d’une voix si teintée de déplaisir que mon ton démentait à la perfection mes propos.

Tout n’était qu’un jeu pour moi, une partie sans fin parvenant à capter plus ou moins efficacement mon attention. Et à présent, il était temps que je revienne au score, que ma poigne enserre à nouveau les rênes de cette étrange aventure, et tente –voire parvienne, tel était mon caprice- à cabrer le cheval fou sur lequel j’avais pris place par pure bravade.


-Cependant, j’ai soif, et cette assertion monstrueusement égoïste serait ma contre-attaque. Faîtes-moi apporter quelques rafraîchissements.

Techniquement, certains mots de vocabulaire ne cadraient absolument pas avec le XVIIIème siècle, trop modernes, trop avant-gardistes et déplacés pour convenir en un siècle si lumineux ; pourtant, en tant que narrateurs, permettons-nous une digression particulièrement appropriée, puisqu’aucune autre formule plus noble n’aurait convenu : c’était un véritable epic fail pour Sarah. Non, vous ne trouvez pas ? Parce qu’elle n’escomptait pas que je prenne sous peu la poudre d’escampette, acceptant sans rien dire cette non-conversation avec son « oncle » ? La lueur derrière la vitre, cette naissance de vie dans la maisonnée endormie, tout cela ne l’aiderait pas dans le cas où elle s’avérait être une menteuse. Et puisque c’était bien le cas… Plus le temps passait, et plus elle risquait d’être démasquée. Et après, quoi ? M’assommer, fuir ? Ce serait encore et toujours m’accorder la victoire, car j’aurais alors une autre preuve de ses agissements condamnables. Gagner, gagner, je ne pensais qu’à cela… À punir, aussi, ange vengeur suprême. Ça finirait sans doute par me jouer un tour, un de ces jours.

-Oh, et puis tant que j’y suis, qu’un de vos palefreniers examine Soledad.

Eh bien oui, quitte à éveiller tout le monde, autant que le reste du personnel se joigne à la fête, et me rende service gratuitement… Fils de Lord, adoptif ou non, c’était le summum de la permission sanctifiant toute demande émanant de ma personne. Tu acquiesces, tu t’exécutes, et tu la boucles. Voilà, c’est bien.

-Car vous devez bien en employer, n’est-ce pas ? demandai-je à Julia, ignorant les éventuels messages subliminaux qu’aurait tenté de m’envoyer Catherine –si tel était bien son prénom.

À moins que vous ne soyez trop pauvres pour en avoir les moyens, que ce soit vis-à-vis de l’entretien de montures dignes de ce nom, ou du déboursement de salaires supplémentaires… Je crois que je jouais trop bien mon rôle de bien-né venu au monde avec une cuiller en or massif entre les lèvres, dénigrant tout ce qu’il avait décidé de prendre de haut, même de manière injustifiée, même si cela devait me mettre en péril. L'audace crâneuse, c’était ce qui vous rendait vivant un homme. N’était-ce point sous ce prétexte fallacieux que les flibustiers défiaient la Couronne, en plus de chercher à s’enrichir ? Et dire que je ne me comportais ainsi que pour démêler le vrai du faux. Que pour une fille, en fait.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Sam 3 Mar - 18:00

[HJ: encore désolé pour le retard :S]





En fait, je haïs les blondinets hautains



À croire qu'en cette belle nuit de pleine lune, Sarah n'était point la seule personne entêté. Tout ce que la jeune femme souhaitait, c'était le voir tourner les talons avec sa jument boiteuse jusqu'au fort. Au lieu de cela, monsieur semblait vouloir impérativement rester. Et cela ne présageait rien de bon pour la suite, si vous voulez mon humble avis.

Depuis le début de leur rencontre, elle avait enchaînée mensonge sur mensonge, dans l'espoir qu'il voit en elle une simple citoyenne comme les autres ayant eu une mauvaise aventure l'espace d'une soirée. Pourtant, il souhaitait démêler le vrai du faux, quitte à y passer le temps qu'il faudra, pour savoir qui elle était réellement. Dans un futur plus proche qu'elle ne le pensait, la brunette verrait son déguisement de quelques heures se dissiper, montrant sa vraie facette, sa vraie personnalité. Pour cela, il lui suffisait tout bonnement de faire un mauvais pas, un geste qui pourrait lui être fatidique et la trahirait. Ou pire, que la domestique (qu'elle avait pour l'instant sous surveillance) arrive à porter le message, qu'elle désirait ardemment transmettre, jusqu'aux oreilles d'Ethan. En fait, tout ce qu'il attendait était ce que la voleuse redoutait. Jusqu'ici, elle avait toujours réussit avec génie à se fondre dans la masse, être inconnu voir invisible en tant que hors-là-lois. Jamais elle n'avait eu ce sentiment de menace constante, consciente qu'elle prenait de plus en plus de risques qui pourraient la mettre à mal. Et franchement, entre nous, après ce qu'elle venait de subir, je doute que la demoiselle est envie de finir sa nuit je ne sais où ! Heureusement pour elle, les geôles du fort lui étaient encore inconnus. En espérant que cela soit toujours le cas lorsque le soleil des caraïbes se lèvera sur Port Royal.

Cet air supérieur et la façon dont il demanda de quoi boire suffit à irriter davantage Sarah. Connaissant son côté impulsive, si elle n'avait pas réussi à se contenir jusqu'à maintenant, son geste aurait été le suivant :


(désolé, mais c'est tellement culte... XD)

Cependant, ce ne fut pas le cas, bien que ses pensées se soient dirigées l'espace d'un instant vers cette idée. Dans ce genre de situation, le mieux était de paraître calme, montrant clairement à l'adversaire qu'on ne lui laisserait pas le loisir de remporter cette manche, à défaut de gagner avec sûreté la bataille.


-Mais comme il vous plaira, monseigneur ! S'exclama-t-elle, accompagnée d'une légère courbette.

Elle se moquait royalement de lui, là. Et ce petit sourire rapide au coin de ses lèvres roses... Sarah était véritablement à claquer, parfois ! Peut-on seulement lui en vouloir ? Après tout, il venait de lui tendre la perche, si je puis dire. Ses yeux roulèrent sur eux-mêmes, tandis que la miss se retourna et fit un geste en direction de l'intérieur de la demeure, histoire de faire comprendre à la vieille femme qu'elle devait d'exécuter. Un peu idiot comme réaction, vous ne trouvez pas ? En la laissant partir toute seule à la recherche d'une boisson pour désaltérer le blondinet, il y avait des risques pour qu'elle aille prévenir ses patrons. Tout ce que Sarah avait entreprit avec professionnalisme tomberait à l'eau. Pas totalement niaise non plus, cette dernière n'avait pas prévue de rester plantée sur le pas de la porte.

Elle descendit le perron d'un geste déterminé et sûr de sa personne, afin de se retrouver devant l'être l'ayant entraîné dans une folle histoire dont elle s'en souviendra pour avoir été interminable.


-Vous pouvez entrer si vous le souhaitez. Je vais aller chercher le palefrenier, notre arrivée a été assez remarquée.

Sans prendre la peine d'attendre si Ethan pénétrait dans la soit disant maison de son oncle, la jeune femme prit un sentier recouvert de petits cailloux menant vers l'arrière de la bâtisse. Avec un peu de chance, ce chemin l'amènerait vers les écuries. Gagné ! Une forte odeur de cheval, du fait de la chaleur et de l'humidité, se fit sentir au fur et à mesure qu'elle avançait. Seules les rayons de la lune et une petite lanterne accrochée dans l'écurie faisaient office de lumière. Ce laissant guider par cette dernière, elle poussa la porte en bois et entra. Comme tout lieux de ce genre, elle se trouva au bout d'un couloir dans lequel se trouvait, de chaque côté, un box contenant ou non un cheval. À sa droite, allongé sur le tas de paille, le palefrenier qu'elle devait chercher était en train de dormir, ronflant tel une locomotive. Désormais, il fallait agir vite et bien avant que l'on hurle à l’intrus.

Arrachant le bandage qu'elle s'était faite au bras, Sarah prit de surprise le jeune homme (qui sursauta sur le coup) et lui banda la bouche. Elle attacha ensuite ses jambes et ses poignets à l'aide de cordelettes attachées à des sortes de piquets au mur. Sa « victime » gigotait, mais ne présentait aucun risque pour la suite de son plan improvisé à la dernière minute. Trois chevaux s'offrait à elle : deux purs sangs anglais à la robe marron, un Haflinger. Si elle devait en choisir un, autant prendre celui qui lui plaisait le plus ! Aucun d'eux n'était sellé. Tant pis, la jeune femme n'avait pas le temps. Elle ouvrit le box de l'Hanflinger et l'amena dehors en le tirant avec difficulté (sale canasson!), passant devant le palefrenier décidément à la limite de la crise de nerf. Sans y prêter attention, elle sortit et se dirigea vers le jardin. Passer part devant s'avérait être risqué, autant faire le tour et être sûre de pouvoir partir loin d'ici.

Une lumière s'ouvrit au premier étage de la demeure. Il n'y avait maintenant plus de doute possible : le propriétaire était prévenu. Le cœur de miss Ledermann se mit à battre plus vite, sentant l'adrénaline monter. Et ce stupide cheval qui n'avait presque pas !
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Ethan Felton
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Mar 24 Avr - 11:56

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Les femmes, sincèrement, voilà bien un sujet à n'y rien comprendre. Il existait autant de manière d'être avec elles que de damoiselles, sans espoir de pouvoir un jour user d'une attitude avec une autre que celle pour qui on avait créé ce masque. Ainsi, certaines dames ne brûlaient que pour la découverte de leurs secrets délivrés au compte-gouttes, croyant manier avec doigté les désirs de leurs damoiseaux, leur faire croire qu'ils découvraient seuls ce qu'elles voulaient bien leur dévoiler. Et puis il y avait les autres, ne supportant pas qu'on les approche de trop près tant que leur confiance ne se trouvait point décernée, et qu'il fallait apprivoiser tels des louves secrètes. Il y avait de quoi se lasser, s'exaspérer, voire y perdre son latin ; voilà sans doute pourquoi certains hommes préféraient se simplifier les choses en en choisissant une seule et unique comme épouse, ou en payer plusieurs afin d'éviter tout jeu de séduction harassant. Pour ma part, je ne comptais changer pour personne, et encore moins pour un membre du sexe faible. Ma jeune hôte aurait pu se consoler de cela : que ce soit avec une conquête ou ma pire ennemie, j'aurais été exactement le même. ça n'était pas dirigé contre elle. Pas tant que ça.

Sa courbette, ses manières affectées, empruntées à un point ridicule, tout ça, cela devait être sa manière de gérer les hommes. Digne de lui ouvrir une nouvelle page dans la liste des poses féminines, bien que sans doute peu de ses congénères n'appartiennent à la même catégorie qu'elle. Mais il n'était pas dit que cette grande nouvelle l'eût ravie, au contraire. Ces gourgandines, jamais contentes... J'acceptai néanmoins ces fausses démonstrations de respect, car après tout, elles m'étaient dues. Tous les aristocrates agissaient ainsi : consciemment ou non, ils acceptaient comme argent comptant les révérences hypocrites ou ironiques, s'en drapant tel César pour mieux briller. Tout était bon à prendre, même le pire.

Je patientai donc dans le vestibule, inspectant les murs autour de moi, les bibelots et autres décorations que l'oncle de la noble si prestement disparue avait cru bon de parer le hall de sa demeure, comme un prélude à l'exposition de sa richesse continuant à travers les autres pièces de la maison. Beaucoup de têtes. Pas de pirates, non, mais d'animaux sauvages ; apparemment, il se voyait versé dans la chasse, et avait séjourné un temps dans nos colonies africaines, en témoignaient la corne de rhinocéros et la peau de fauve suspendues bien en vue. Les sourcils légèrement haussés, je me demandai si le maître des lieux avait réellement battu toute cette ménagerie, ou si ses affaires l'avait simplement amené à avoir la possibilité de monnayer ces trophées sans coup férir, comme bien des voyageurs éclairés le faisaient. Puis je me pris à m'imaginer dans mon propre manoir, à à mon tour accrocher dans le moindre espace des membres prélevés sur mes victimes, puis empaillées. Tous ces cadavres à exposer, de toutes les nationalités, de tous les âges. Je n'aurais sans doute pas eu assez de murs pour cela, quand même eussé-je possédé tout le fort. La galerie en aurait-elle été amusée ? Ou au contraire horrifiée ? En aurait-il été de même si je montrais le contenu de mon âme ?

Divagations sans conséquences, bientôt troublées par de furieux bruits de pas à l'étage, suivis d'une dégringolade en règle de l'escalier. Sans sourciller, je découvris le baron en chemise de nuit et robe de chambre en satin, richement habillé même dans son lit, ce qui en plus de sa bedaine plus que naissante, lui conférait un air de gros polichinelle sincèrement risible.


-Par Saint George, mais qu'est-ce que...

J'avais vécu la scène suivante des centaines de fois, et le fait qu'elle se répétât une fois encore sembla ajouter mille ans aux dix-sept déjà égrenés par le temps. Mon vis-à-vis, rouge vif à l'idée d'avoir été éveillé en pleine nuit par ce qu'on avait dû lui dépeindre comme des visiteurs bien étranges, devint subitement pâle en me remettant, moi le bras droit du Lord qu'il était venu saluer, plusieurs semaines auparavant, à un dîner. Son irritation offusquée retomba plus vite qu'une poignée de poussière jetée par un jour sans vent, et il me fixa durant quelques secondes avec la même expression qu'un poisson tiré brusquement de l'eau. Un gros mérou. Complètement perdu.

-Bonsoir, Baron, finis-je enfin par lâcher, avant d'éviter que cet embryon de silence ne s'éternise de trop.

L'autre, après moult battements de cils, sortit de sa léthargie étonnée.


-B... Bonsoir à vous, monsieur Felton. Que me vaut le plaisir ?

Même à deux pas de l'aube, les créatures de son espèce demeuraient capable de se montrer obséquieuses. Intéressant. Il aurait peut-être mieux valu emplir son ventre évidé de paille que celui du marsupial immobile posé sur la console.

-Peu de choses en réalité. Je raccompagnais votre nièce.

Nouvel écarquillement, à croire que ses paupières avaient la faculté de complètement se terrer derrière ses globes oculaires.

-Je vous demande bien pardon, monsieur, mais notre nièce réside à Brighton...

-Tient donc.

Je ne sais pourquoi, je ne tombai pas des nues. Ni n'éprouvai le moindre sentiment habituel en pareil cas : pas de colère, de rancœur, ni de soif de revanche. Tout cela entrait parfaitement dans la logique des choses ; je me trouvais même satisfait que cela advienne, car cela prouvait qu'une fois encore, mon flair relevait de l'intuition divine.

-Vous aimez la chasse, n'est-il pas ? repris-je d'un ton badin, accroissant encore le malaise de mon interlocuteur, dans le dos duquel sa disgracieuse épouse venait de se poster, encore toute ensommeillée.

Il n'eut même pas besoin de répondre : un majordome apparut de l'officine, sans doute alerté par la gouvernante et armé d'un fusil. Pour que son maître se montre héroïque ? Ou bien pour défendre la propriété envahie par des étrangers aux mœurs étranges ? À nouveau, je demeurai de glace, apaisé. Tout ceci était l'œuvre du destin.


-D'autres issues ? demandai-je, comme une formalité, tout en vérifiant que l'arme que j'avais d'autorité réquisitionnée au domestique était bien chargée.

-Ou... Oui, par les écuries.

Fort prévisible. Ma proie avait neuf chances sur dix de s'être dirigée dans cette direction, autant pour mettre le plus de distance entre elle et moi que pour acquérir un moyen rapide de s'enfuir. La poudre était d'excellente qualité, et la balle idéalement en place.

-Retournez donc vous coucher, intimai-je alors au Baron, comme en m'adressant à un enfant en bas âge. Trop de mouron n'est pas bénéfique.

C'était ma partie de chasse à cour. Ma chasse à l'homme. Ces grands niais n'avaient rien à y faire, et m'auraient gêné plus qu'autre chose, bien que les forces de l'Univers ne m'aient pas abandonné cette nuit-là. Je comptai d'ailleurs encore parier avec le diable, puisqu'aucun bruit de cavalcade ne nous était parvenu de la rue : Julia devait encore être dans la place. J'avais toutes mes chances.

Posément, sans me presser, je sortis par la porte de devant, et contournait le manoir, du côté opposé à celui longé tantôt par ma cible. Pas d'agitation, pas de tension. Mes sangs demeuraient aussi apaisés que la mer par jour de beau temps. Je savais que je l'aurais. ça ne pouvait pas se passer autrement. Et mon calme ne pourrait que me servir.

Depuis l'ombre des écuries, une série de hennissements récalcitrants me tirèrent un léger sourire. Devant moi, une silhouette se mouvait avec précipitation, mue par un désespoir l'enferrant encore plus dans le traquenard dans lequel elle venait de se fourrer, n'ayant plus qu'une issue, au bout de laquelle je me trouvais. J'en aurais presque siffloter, mais le silence se voyait de mise. Toujours avec la même paix sereine, j'épaulai mon fusil.
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MessageSujet: Re: La Lune sera notre seul Témoin {pv Sarah Ledermann}   Jeu 19 Juil - 10:15

Tant bien que mal, Sarah tenta de faire avancer le cheval aussi vite qu'il le pouvait, tout en essayant d'être la plus discrète possible, sachant pertinemment qu'au moment où les lumières s'étaient allumées dans la demeure, ses chances de pouvoir partir d'ici en douce se rétrécissaient à vue d'oeil. Si elle avait prit le risque de monter tout de suite sur le dos de l'animal, somme toute ce dernier ne se serait pas laissé faire et l'aurait fait descendre dans une chute monumentale pouvant arracher une vie, ou bien l'abîmer sérieusement. Pourtant, il faudrait bien un moment ou l'autre qu'elle le monte un jour où l'autre, me dirait vous, et dans un futur proche serait le mieux, soit dit en passant. Toutefois, la jeune femme souhaitait tout d'abord le mettre en confiance, afin qu'une chute comme précédemment cité n'arrive pas. Il fallait également qu'elle-même se calme. En effet, les chevaux sentent facilement la peur des hommes et ne vous laissera pas l'avantage si tel est le cas. Comment rester calme en une telle situation, alors que le moindre aux pas pouvait être fatal ? C'est que le jeune Felton n'avait rien d'un ami, nul doute que le baron habitant ces lieux n'en soit pas un non plus. Comme à l'ordinaire, Sarah devra donc se débrouiller seule, sans soutient, sans aide. Les filles de son genre étaient indésirables, surtout dans l'univers dans lequel elle venait de mettre les pieds, mais également dans le contexte actuel des choses. Tout homme surprit en train d'aider une personne coupable de piraterie serait lui aussi châtié. En occurrence, rien dans l'attitude de la demoiselle ne dévoilait une personne parfaitement sage, n'ayant jamais vécue dans le pêché : une attitude dépravé, des mensonges, une tentative de vol de cheval... Oui, tentative, car il était évident qu'Ethan ne la laissera pas partir comme ça.

Alors qu'elle arrivait enfin à faire avancer son nouveau destrier d'un pas leste et rapide, Sarah se raidit en entendant le cliquetis métallique d'un fusil. Les battements de son coeur s'accélérèrent par la montée du stress, tandis que ses yeux se levèrent lentement vers le blondinet, l'arme à feu à la main, pointé vers elle. Nul sourire sur son visage. Ce dernier était neutre, concentré sur les événements à venir. Tenant fermement la bride et les rênes du cheval, elle l'empêchait de cette manière qu'il en bouge ne songe pas à vouloir lui fausser compagnie. Rien n'était encore fini, son aide lui serait certainement précieuse, bien qu'il n'en ait pas vraiment envie.


-Je me demandais quand vous alliez vous rendre compte de ma supercherie...

Pas de faux semblant ni une quelconque imitation de ces personnes hautement placées et hautaines. Julia avait disparu complètement, laissant à nouveau sa place à la véritable Sarah. Cette même Sarah avait plutôt intérêt à se montrer plus maligne qu'auparavant, le jeune homme pouvant tirer sans crier « gare ». Honnêtement, en plus de ressentir des picotements au coude, la miss n'avait pas vraiment envie de se retrouver avec une balle dans la cuisse, ou entre les deux yeux (bien qu'elle ne serait plus là pour supporter cette douleur). Ses tours de passe-passe, elle pouvait les faire aisément aux deux trois ivrognes du coin, stupides et leurs cervelles irritée par la boisson alcoolisée qu'ils avalaient chaque soir, mais cela ne serait pas le cas avec le protéger de Lord Beckett. Il était malin, très malin... Et rusé. Inutile de le sous-estimer, donc.

-Toutefois, je gage que vous vous en doutiez depuis longtemps. Étonnant que vous ayez réussi à garder le silence sur vos suppositions.

Le son de sa voix était neutre, dénotant une certaine confiance. Trop de confiance.
Lâchant l'animal (qui contre ses attentes ne bougeait pas), miss Ledermann s'avança dangereusement vers l'homme la menaçant de son fusil. Et dire qu'il n'avait qu'un an de moins qu'elle et tenait déjà un fusil dans les mains... Elle-même ne s'en était jamais servit, à vrai dire, de peur de l'utiliser à mauvais desseins. Quoi que, la dague était tout aussi meurtrière. Allait-il seulement oser tirer ? Tuer une personne jouait horriblement sur la conscience. À moins qu'il n'ait hérité de la cruauté de son tuteur.

Continuant d'avancer, elle se plaça juste devant Ethan, les bras écartés, formant une symétrie parfaite avec son corps.


-Allez-y, tirer si vous le souhaitez, personne n'y perdrait grand-chose et vous gagnerait la gloire d'avoir abattu une minable fille des rues. Avec tous les pirates qui se baladent, c'est un peu péjoratif pour votre réputation, non ?

Et en plus de jouer avec sa vie, elle ne pouvait s'empêcher de le taquiner. Tout comme n'importe quel homme de pouvoir, il rêvait certainement de gloire et, peut-être tout simplement, d'encore plus de pouvoir. Que lui apporterait l'exécution d'une petite menteuse de bas étages ? Guère grand-chose, si vous voulez mon avis.

Tandis qu'elle semblait sereine, les mains de Sarah commencèrent à devenir moite. La suite dépendra de cette arme que tenait fermement son interlocuteur. Par la fenêtre, les hôtes du manoir regardait discrètement la scène, non sans un certain suspens latent. Jouer avec le feu n'était jamais sûr, mais c'était sa seule issue. Tirer, pas tirer...
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